NYONS
L'origine de Nyons est très-ancienne, pas aussi ancienne cependant que le voudraient faire croire certains amateurs d'antiquités qui en attribuent bravement la fondation à Magus, second roi des Gaules (1500 ans environ avant notre ère).
Suivant une autre version , cette ville aurait été bdtie par des Phocéens de Marseille : le nom grec, Ncov, nouveau, quelle a porté longtemps, en effet, donne quelque vraisemblance à cette opinion. Quoi qu'il en soit, on ne saurait douter que les Romains n’aient établi en cet endroit une colonie militaire, qu'ils app<!lèrcnt Neomagut. Ptoléméc en parle comme d'une cité des Cavares, située sur le territoire des Tricastins.
Dans le moyen âge , les barons do Montauban firent de Nyons la capitale de leur seigneurie ; les comtes de Provence et de Forcalquier la soumirent bientôt à leur domaine supérieur. En 1257, Charles d’Anjou , leur héritier, céda au Dauphin Guigues-le-Jeune sa suxeraineté sur Nyons, ainsi que sur toutes les terres du ressort ; mais la baronnie n'en continua pas moins d'être désignée sous le nom < de Montauban. Vers la fin du xiii* siècle, elle échut par testament à Hugues-
t. Amêtlée Thierry, Histoire des Gaulois. — Histoire, antiquités, usages et dialectes des Hautes-Alpes , p:ir Fr. L»doucelte. Valbonnais , Histoire du Dauphiné. — Vide! , Vie de Lesdiguières. — Cimikcr et Danjou , Archives eurienset de l'histoire de France. — Fliin|>|)e-le-Bas ,
Annales de l’histoire de France. — MentoUo . Encyclopédie méthodique. — GuetUrd , Üeteription générale et particulière de ta F rance.
Adhémar; celui-ci, ne pouvant acquitter les dettes dont elle était grevée, la céda au Dauphin de Viennois, Humbert I", qui aa'epta la succession.
Réunie au Dauphiné, après quelques contestations soulevées par Charles d'Anjou, devenu roi de Sicile, et par l’abbesse de Saint-Césaire d’Arles, la bnruimie de Nyons en fut démembrée à la mort de Huniliert ; ce prince, dans son testament, l’avait donnée en apanage à Guy, son second fils; mais elle revint bientôt à la branche aînée, Guy n’ayant laissé qu'une fille, à laquelle fut faite la première application de la lui saliqué dont on trouve un exemple dans les annales du Dauphiné. ^ '
C’est à Nyons que s’assemblèrent, en 1420, les troupes de la province destinées un siège du Saint-Esprit, occupé par la faction bourguignonne, ennemie du dauphin de France, depuis Charles VII. Pendant le séjour de Catherine de Médicis à Grenoble, en 157U, les remontrances que le consul Faure lui présenta, au sujet des tailles, contre la noblesse et le clergé, furent appuyées par les députés du tiers-état des principales villes, au nombre desquelles figure Nyons.' Cette place était tombée au pouvoir des calvinistes, qui la possédaient, ainsi que la ville de Serres , comme lieu de sûreté , en vertu de l’édit de pacification : ils se contentèrent de cette garantie lorsque la paix eut été conclue.
A ces quelques détails se borne tout ce que nous avons pu découvrir sur l'histoire de Nyons. Le seul fait qu’il nous reste à mentionner, est la mort de l’hérbine dauphinoise Philis Latour-Lacharce, arrivée dans ses murs, le 4 du mois de juin 1703. Philis Lacharce avait, en 1692 , armé les paysans contre les troupes piémontaises, déjà maîtresses d’une partie des baronnies, et terminé ainsi, par son courage et son dévouement , les malheurs de cette guerre désastreuse.
Les seuls monuments antiques qu’on voie à Nyons consistent en quelques tombeaux de briques, des restes de remparts flanqués de tours, et un pont sur l'Aygues, construit, dit-on, par les Romains. La ville est dans une situation pittoresque , au pied du col de Devès , au débouché d’une plaine délicieuse. On y compte un peu plus de 3,200 habitants qui se livrent à l’élève des vers à soie, et font le commerce des grains, des vins, des huiles d'olive, des savons, des draps et des étoffes de laine. L’arrondissement de Nyons, chef-lieu de sous-préfecture du département de la Drôme, renferme une population de 35,000 âmes. Le continuateur de Moréri , J. Bernard, et J.-P. Perrin, è qui l’on doit une histoire lies Vaudois, sont nés dans cette ville. '