‹ Histoire des villes de France (volume 4)Chapitre 76 sur 128 · BA PAUME · texte numérisé non relu

BA PAUME

leresse jusqu'à sa mort. Il fut enterré près de l'endroit où trois pauvres ermites jetèrent, vers 1090, les premiers fondements de la célèbre abbaye d'Arronaise, dans laquelle les comtes de Flandre mirent des hommes d'armes sous l'autorité d'un chapelain.

Ce fut à llapaumc, en l'église de Saint-Nicolas, que Roger, évêque de Laon , célébra le mariage d'Isabelle de Hainaut avec Philippe-Auguste, roi de France (1 180) . Le fils aîné du roi, Louis, depuis Louis VIII , hérita de Bapaume après la mort de sa mère. Néanmoins, Philippe d'Alsace, oncle d’Isabelle, en garda la jouissance, puisqu'on le voit, en 1196, accorder aux bourgeois de cette ville le droit de nommer, tous les quatorze mois, un mayeur, des échevins et des jurés; privilège qui lenr fut confirmé tour à tour par Louis de France (1207), et par les comtes d'Artois ( 1 258 et 1268).

Après la bataille de Bouvines (1211), la ville de Bapaume reçut les prisonniers de Philippe-Auguste ; plus tard, elle fit partie du douaire de la reine Blanche. F.lle avait déjà, dès celte époque, une certaine importance, mais elle n'était encore protégée par aucun ouvrage de maçonnerie ; Huiles, duc de Rourgogne , auquel * appartenait le comté d’Artois, du chef de sa femme Jeanne II, la fit entourer d'un mur d’enceinte (1335). Ces murailles furent assez fortes pour qu'en 1359 Enguerrand de Ilesdin et Oudard de Henti pussent s'y enfermer avec leurs hommes d'armes, et surveiller de là tout le territoire envahi par les Anglais. Après l’nssassinat du duc d'Orléans, scs meurtriers, le duc de Bourgogne lui-même, ne se croyant plus en sûreté à Paris, se réfugièrent à Bapaume. On raconte que Jeansans-Peur accomplit ce trajet en nn jour : arrivé à une heure après-midi , il voulut qu'on sonnât l'angélus, ou, comme on disait alors le pardon, et peu après il donna à la ville une cloche, à condition que l'angélus y serait sonné toujours à la même . heure.

Les Armagnacs, cependant, entrèrent bientôt en campagne, ayant à leur tête Charles VI en personne. Les Bourguignons se défendirent avec vigueur dans Bapaume; mais, comme on était au temps des plus grandes chaleurs, l’eau manqua bientôt, quoiqu’on eût perré plus de cinquante puits : la place fut donc forcée de se rendre, et les hommes d'armes obtinrent de sortir saufs corps et biens (juillet t V1V). Par le traité conclu à Arras, cette même année, Bapaume fut remise au duc de Bourgogne. Après la mort de Charles - le -Témérairq, Louis XI s'eu empara et y fit mettre le feu ( I V77 ) ; mais elle ne larda point à se relever de ses ruines. Plus tard, Charles-Quint la fortifia, afin de l'opposer à Péronne ; il y établit deux compagnies militaires : c’étaient des archers et des arbalétriers, ayant pour patrons, les premiers saint Sébastien, les seconds saint George. Charles-Quint leur avait accordé de magnifiques privilèges : celui qui abattait l'oiseau dans les exercices, était exempt pendant un au îles droits qu'il eût dû payer pour sa consommation; celui qui l’abattait deux fois de suite en était récompensé par une exemption perpétuelle, et portait re titre d 'Empereur. Ces précautions n'empêchèrent point le duc de Guise de s’emparer de Bapaume, en 1521. La plai e fut rendue à Charles-Quint par le traité de Cambrai 1529). Le gouverneur Hugues de Fleury, craignant d'y être forcé , en 1553, se retira dans le château , à l'approche de l'armée française, et le duc de Vendôme, n'osant in. 53

ARTOIS

l'attaquer, se replia vers le Cainbrésis. Le connétable Anne de Montmorency vint ensuite échouer contre cette ville ; le maréchal de la Meilleraic, plus heureux , la réduisit en 1641, après neuf jours de siège; la garnison espagnole ne capitula qu'à la dernière extrémité. Bapaumc fut définitivement cédée à la France par le traité des Pyrénées ( 1659 ), et dès lors son histoire n'offre plus aucun intérêt, lin décret impérial du 17 novembre 1804 lui êta son titre de place de guerre. L'ancienne muraille existe encore, mais seulement pour assurer la perception des droits d'octroi.

Les armes de Ba|>aumc étaient de gueules à trois mains , dexlre d'argent , deux en chef et une en pointe. Cette ville possédait, avant la Révolution, trois couvents, un collège dirigé par des prêtres séculiers , plusieurs écoles pour les pauvres , et une école d'artillerie, fondée en 1766 pour soixante élèves, au nombre desquels fut le chevalier de Florian. F.lle est située dans un pays sec et arido, à une distance de douze kilomètres du ruisseau de Miraumont , le cours d'eau le plus voisin. Sa population ne s'élève qu'à 3,122 habitants. Ses fabriques de linons et ses filatures de lin occupaient autrefois beaucoup de monde; mais ces industries ont presque entièrement disparu. Ses seuls monuments sont l’église de Saint-Nicolas , le beffroi, la maison commune et l'hospice civil de Sainte-Anne. tn/onin Lévesque, connu par plusieurs ouvrages ascétiques, et Mathieu Héginaldi, évêque de Thérouanne, confesseur de Charles VII et auteur d'une Vie des papes, sont tous les deux nés à Rapaume. 1

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