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laume II. Il nous rend furieux, mais ne nous épouvante pas. » « Le coup que Briand veut diriger contre nous ne peut être supporté que s'il frappe un peuple décidé à la résistance », ajoute le Lokal Anzeiger, Et la Germania : « L'Allemagne ne peut rien changer à son point de vue. » C'est que notre Premier a dit au Sénat, le 5 avril : « Si le débiteur se dérobe, le créancier a droit d'exercer une coercition. Si, l'échéance arrivée, l'Allemagne essaye, par de nouvelles tergiversations, de se soustraire à ses obligations, c'est une main ferme qui s*abaUra sur son collet, » (Voir plus loin.) L'ultimatum est précis : nos troupes sont prêtes. Voici trente mois que l'heure de l'armistice a sonné. L'ex-ennemi attendra-t-il la contrainte? Peut-être pas. Dès le début d'avril, il a demandé les bons offices des États-Unis, comme une sorte de médiation. « Tenez vos engagements, ont répondu les Américains ; l'Allemagne est moralement responsable de la guerre. Tout espoir que l'Amérique pourrait l'aider à esquiver ses obligations doit être considéré comme absurde et ridicule. » (Déclaration Hughes.) A entendre ce langage, on réfléchit, è^ Berlin, et on laisse dire que l'ouverture de nouvelles négociations n'est pas impossible. Déclaration qui ne va pas sans argutie : « Nous sommes prêts à reconstruire, et à effectuer les paiements, dans la mesure de nos forces, mais à trois conditions : 1^ attribution de toute la Haute-Silésie à l'Allemagne; 2^ évacuation des villes du Rhin nouvellement occupées; 3<> déclaration que l'occupation de la rive gauche du Rhin prendra fin, de toute façon, après quinze ans. » (Th. Wolf, Berliner Tageblatt,)
Le 9 avril, le nouveau Landtag prussien élit le centriste Adam Stegerwald (déjà ministre du Bien-être public et chef des S3aidicats jaunes) , président du Conseil de Prusse : il est chargé ainsi de constituer le nouveau cabinet. Le 17, après son échec dans la réalisation d'un cabinet politique, il se décidera à n'appeler que des fonctionnaires. Petite parenthèse ouverte sur im moindre détail
de la vie intérieure de rÂllemagne. Pour ce pays, quoi qu'il en dise, il n'est, en ce moment, qu'un problème : un problème extérieur dont la gravité s'affirme d'instant en instant. Le i®"* mai, date fatidique, approche. Le docteur Simons, en voyage à Berne, risque cette hypothèse : a La nation française préférera, j'en suis convaincu, mettre à l'épreuve notre bon vouloir, qu'écraser par la force de ses armes, sans profit pour personne, un adversaire déjà désarmé. » C'est de la psychologie, mais est-ce voir juste? Autrefois, un Français a appuyé de justes sanctions sur cette ferme parole : « Monsieur, puisque la religion, l'honneur, l'intérêt et votre propre signature ne sont rien entre nous, j'envoie mon cousin le duc de Vendôme à la tête de mes armées pour vous expliquer mes intentions. Il ne vous donnera que vingt-quatre heures pour vous déterminer. » M. Briand sera-t-il plus magnanime que Louis XIV? Sans aller à une nouvelle guerre, n'enverra-t-il pas, lui aussi, le maréchal Foch « à la tête de ses armées » ? C'est exactement ce que prévoit à Londres, le journal National Niews : « Il ne serait pas surprenant qu'à la fin, on trouvât que la marche sur Berlin est le seid moyen de faire respecter les clauses du traite. » De Berne, on télégraphie aux agences (10 avril) : « Le docteur Simons n'a même plus l'illusion qu'une mobiUsation de quelques classes, en France, pourrait provoquer des troubles. » On dit en Amérique : « Dans sa lutte pour obtenir réparation, la France aum derrière elle tous les commerçants et les travailleurs de notre République. » (M. Kingsley, président de la Chambre de Commerce de New- York.) La Commission des Réparations fixe la dette allemande, et les charbonnages de la Ruhr, au cas de non paiement, sont directement menacés. Quelle espérance peut-on fonder, devant cette saisie imminente sur « nu appel à la justice du monde? » (Bertiner Tageblatl, 12 avril.) Et à quoi bon présager, pour faire peur aux Français insatiables, les représailles du vaincu : « Si l'Entente va jusqu'au bout de son pro-
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gramme de sanctions, on organiaera la guérilla terro* ri^e, on fera sauter les maisons des missions, on lancera des bombes sur les officiers et les fonctionnaires alliés : on combattra la domination étrangère ^ » La France ne se laissera pas intimider par ces prophéties. Son porteur de contraintes sera, demain, aoûo«pagné du gendanne'. Aussi hissn, fort perplexe, le docteur Simons consulte le Conseil d&$ ministres et les techniciens. Les délégnés allemands plaident devant la Commission des Répara* tions. Bt Ton songe à solliciter encore Téquité du prési* dent Harding. Les chefs des partis politiques du Reidistag délibèrent, et mm moins qu'eux, les socialistes. I/'anden chancelier Hennann Miiller, dans le VomaerU, insiste sur la « nécessité » de faire des propositions acceptables. Il y a urgence, l^ Belgique, le 17, approuve avec un unanime enthousiasme, la décision que la France a prise de forcer ï'ÂUema^e à s'acquitter, fui-ce au prix d'une aciion milUaire. « L'action envisi^ée se développera-'telle assez vite pour arrêter la politique de violttice des Français? » (Bei^vner TagthlaU,) Les journaux français sont catégoriques « H ne suffit pas de crier : « Â Berlin »; il faut y aller, sans plus tarder^ ». a II ne nous reste maintenant qu'à ne pas nous laisser prendre aux dernières convulsions de la ruse et à ne pas reculer la coercition solennellement annoncée, quelque effort que fasse l'Aile* magne pour amuser les Alliés ^. » «vLa France ira jusqu'au bout pour se faire pa3rer et aura pour elle l'opinion uni* verselle*. » « C'est à la France qu'il incombera, une fois de plus, de fournir la part principale de la force qui sera mise au service du droit ^. » a La saisie d'un gage doit
I. Déclarations d'un professeur allemand padfiate (1) à M. dç Golllerville. (l^ T*mp$, 15 avfû 19$ i.)
t. Â IrluUfiMr Bjwi été ^voyé, si le défaitevr persiste à sq aMfitrer Nc«lei« trant, le gendarme doit raccon^)a^7ier. > Çbî. A. Brland, Chambre des députés xt avril.)