‹ Histoire descriptive de la machine à vapeurChapitre 4 sur 24 · DE LA · texte numérisé non relu

DE LA

Qaoiqae la fiiroe ëiastiqae de la vapeur d'étal ait été probablement connue dès Torigine des aociétéi, ee n'est qn'enviccMi cent trente ans avant Tèrt ckrétieiine qn'ii est fiûti poav ia première fi)is I mention de ce fait dans Thistoire. Il paraît qa'à cette époque, on mécanicien grec employa la vapeur pour produire du mouvemeiit*

MACHINE DE HERON. (fIO. I.)

, Héron Taucien , qui flbrîssait à Ateiiaadrie sodt le règne de Ptolomée Philàdelphe , se rendit célèbre dans ce siècle et dans cette patrie des lumières non seulement par son profond savoir dans tout ce qui a rapport à \b connaissance des temps , mais aossî par le nombre et !e baractère ingénieuxclë ses iaveutions mécaniques. Dans un de ses ouvrages, il déduit des propriétés du levier tDutes les lois des forces mécaniques. Son traifét intitulé SpitH^lfa

ou PneunMica, ccœtient U pr^mfèie lâ^plîcation qtti ait été do&oée de la pompe foulante , et celle d'une fontaine qui porte encore son nom , daiïs laquelle Teau s'élève en jet par suite de Télasticitë de l'air comprimé. Ce mémeouvrage renferme, entre antres objet», la description. de deux machjnes de $on invention: dans l'une, c'e^t la dilatation i^e l'air échauffé qui produit le mouvement de rotation ; dans l'autre , c'est un jet de vapeur qui s'échappe d'un vase rempli d'eau bouillante et traverse une sphère pouvant tourner sur deux pivots, qui corn* monique à cellfe-ci le même mouvement de rotation.

Cette èdnàhrt ntachiae se coôipose i« f utte chaudière ^u màrmit* p ^ munie d'un Couvercle qt|i la fenkiehemiétiquement^ un' tn^rau o^ adap^ par sa partie inférieure sur ce couvercle, s'élève vertioalement, sereoonrbeàaiigle droit vers son extrémité , et péoètretlans un petit globe X, qu*il soutient en l'air avec l'aide d'un second tuyau s également recourbé à angle droit et .fixé mr ie couvercle à un pomt diamétralement opposé 4IU point o^ cç tuyau est Jterminé par un pivot q, sur lequel tourne le globe. Cette sphère^ porte de^i^ tubes ou beGs>z,if«j recourbés à leurs extrémités et ouverts* La vapeur provcnaut de l'eau bouillante renfermée dans la chaudière s'élève par le tuy^u o, pénètre dans le globe x ^ et s'c* chappant ensuite, par les tubes recourbés z. iv%

fait tourner la> sphère ^çr elle même (1)9. de qae Je moavement parait loi être propre , dit le^ traité originar, ou lui élre donné par. 09 esprit (a). Cet appareil très simple ,.et qui n'a été donné qtfio. comme un amusement philoiophique,.e&t réelle* ment curieux, eu ce qu'il montre la manière em**. ployée dans Torigine pour faire servir la vapeur » produire Ai mouvement, et eu ce. qu'il reporte à

(1) La Ganse du mouvement est facile à coDoevoir,- £11 effet , loivqiie fie Taîr ou de la vapeur ett rcnfprmd dans «m vase quelconque > il presse également contit: toutes les parties de la paroi du vase. SO^ Y^*^ !^^^ fermé de toute . part , il n'en résulte aucun raouvcmcnt , parce que ces pressions se détruisent mutuellement ; mais si on perce la paroi en un point quelconque, la pression exercée contre la portion de la paroi opposée, et qui était détruite par la résistance de la paroi enlevée, produira tout son effet, et le vase se mouvra en sens contraire du jet d'air ou devapeor. Il est évident que, pour obtenir le maximum d'effet dans ia'maehine en q«ies^ tion, la diretfioa des jets de vapeur doit, étn^ perpendiculaire à Taxe de rotation de la sphère. 3i ces jets étaient dans un plan passant par Taxe de rotation, l'impulsion aurait lien dans un sens où le mouvement ne serait pas possible. [Noie de r£d.]

(a) Le Spiritaiià fut publié pour la première fois par Goamiaiidnie,en 1671 • Ou l'a imprimé aussi dans la magnifique collection in-folio des (Bitures des mathématicient andeTis, publiée & Paris en i6(^. Une traduction latine icooropagnele texte grec. Les descriptions de cette machine et de celle que nous avons indiquée avant se trouvent a la pnge 3a de cette édition.

Si lUmn l'hônnear d'avoir in veirté et coastmit la prendère machine^ à mipeur connue (i).

On ne troave aucun autre indice de la vapeur employée comme moteur, dans les ouvrages des auteors anciens , ni même dans ceux âei écrivains modernes, jusqu'en Tan 1 565. A cette époque, un eertirin Matbésius, dans un > volume de sermons întttttM Sarepta, parie de la possibilité de con* struire uii appareil dont l'action et- les propriétés paraissent semblables à celles de la (pachine à vapeur moderne. Trente ans après, dans un livre imprimé à Leipsick en 1597, on trquve la description de ce qu'on appelle un eolipyle , que Ton peut^ dit-on , utiliser en y adaptant un lournebroclie.

ÉOLIPYLE, ou l^CIIINE ALt/EMANOE. ( Fig. IL)

On introduit dans le globe x une petite quantité d'eau , qui se résout en vapeur par l'effet du feu placé au-dessous. La vapeur sort par%s becs a et b; et produit par sa réaction nu mouvement de rotation continu.

(1) Une circonstance remarquable et qui mérite d'être ci- Jtçe, c'est que cette machine ait été reproduite depuis onm* me un perfectionnement delà mécanique moderne, d'abord par Kempcl, Allemand, en. 1785; ensuite 4>ar un tieur Sadler, d'Oxiford, en 1791, qui obtint alors un breret po«» cette invention.

1IACBIIC£ DE DZ QàVê. ( FJQ. Ht.)

Salomofi de Caos, fameux isgénieur français et grand math^oiatîçiea , connut en 1624 ^^^ ^^^ dàiiiemaepar rë(a«tîcité de la vapear. Cest un vase sphértque m m^ avec du feu dessous. Ce vase a deux ouvertures : par Tune d'elles passe un toyeau n^ ayant un robinet o, et un entonnoir x, qui foni|Mt l'eau à la chaudière j par l'autre passe un tuyau a b, qai descend dans l'eau jusqu'à toucher à peu près le fond du vase , et qui s'élève au-dessus de l'eau a une kautenr convenable. Pendant que l'eau c chauffe , dit de Caus , l'augmentation de la masse de vapeur oblige l'eau de monter dans le tuyau a j et la &it jaillir avec fqrce par son extrémité b. De Caus avait aas<i connaissance de la propriété qu'a la vapeur de pouvoir se résoudre en ^u d*un poids égal à celui de l'eau qu'^ l'avait produite^ mais il ignorait Y à ce qu'il parait | le moyen d'employer cette propriété ppnr augmenter l'effet de sa fontaine.

' HACttlNE nC'BRAIfCA.

Giovanni Bi-anca, mathématicien célèbre d-I* talie, qui vivait à Rome im commeneemeaft du dix-jfptième siècle, fut. le premier qui tenta d'ap»^i cliquer eu grand la puissance expansive de la vâ*^^ peor à des objets utiles. Li toaobiue qu'il construisit

était uu éolypîle qui leuçait la vapeor sur une roue horizontale , portant à sa drconfërcoce des augets on cellules, comme en ont les roues hydrauliques. L'action de la vapeur sur les parois de ces augets déterminait le itiouvemei^t de rotation qai était tiansmis, condine à l'ordinaire, an moyeivde roues dentées placées sur l'axe de la grande roué, et faisait mouvoir des piloiis employés à écraser de» dfl^ues (i).

C'est cettie mâcfaine qui fait considérer Branoa, par ses compatriotes , comme l'inventeur de la ma* chine à vapeur; et même, dans tin ouvrage anglais récemtbeut publié sur cette matière , on lui attribue le mérite d'avoir eu l'idée première. Certatnenient Brauca ne peut pas prétendre à cet honneni*; sa machine ne saurait soutenir la comparaison pour le génie avec celle de Héron , ni avec celle de de Caus pour la ^rce. t\ y a plus : long- temps avant lui, Cardan avait donné la, description du même mécanisme coinmè mïi en mouvement par l'air échauRe, et l'idée du philosophe, italien d'avoir substitué la vapeur de Teau n'est pas assez néu*velle ni assez importante pour mériter à ce chan-

> (i)X/«&pliw(i0n.qt)eB^pca donne lui-même de «a machHI<^ ^st con^ignc^e dans un yotuine ia-folio qu'il dédfa , en iJaS, à M. Canci, gouverneur de Lorctle, et qui fi. publié à Rome, en 1629, sous le litre' de le Ittûcfùne diy^rs€ del signor Giopanni Braftiûi •'• (..••'

gemeiit leaoïn^ritiyeQtioii/Bi^iica était , tl'ai|Ieti r»i tui komoie d'un grand génie y ai ou a de lui be^wepiip , de maclùnes c|ui prouvent $^ c^paçit^ oomme 9i|vant mécaiiicien et qui lui font fe phi9 grand hoanear,

L'in^Dieux et savant évéque Wilkic^ est le premier auteur anglais qui parle de la possibilité de faire mouvoir une niaebine par là force élasti*que de la vapeur. Il dfF, en parlant de donner rimpakiouan mc^a de l'air ou du veut : « Lçs éolî

• pyles sont de leur nature assez propres à donner « cette ia»pulsioi}r Les é<dîpyle$ sout des tases c^eux« « pouvant rési&ter à Taction du feu, et percés d'uM « petit trovk par lequel l'on introduit l'eai» qni doit « les remplir , et ])ai* où la vapeur s'échappe avee

• une grande fotte et d'une manière conliouje^ {ors- « qa*ou eipose ces vaisseaux à. l'action de; la cba- « leur. Oa s'en sert ordinairement pour exciter et « CQBceairer la cbal^ur dans la funie de;s verres .w t des métaux. On peut également les eniployl^ dis « diverses manière^., soit comme amusem^iiit « soit « pour .enfler et pousser des voiles atHacbées à nne « rou^ placée dans- le coin d'une ebeminée , . au « mojeu de laquejle on peut faire tourner un touv- « nebrocbe ou autre cliose sembbd>Ie..»'

Vpilà.exaetenMBt l'application de Cardan ^^t la macnine de Branca« Le pc^sage dans son .entier, est fort enrieiix : isar , d'après la manière dont Vévi^ que explt({M le moàveroent des voiles, il 9e»K

bleraii qae\N? proc^<l aurait éiê en «sigé eti Ati'^ gleterre à cette époque. Nous u'àvoiis dli reste dii^ ^un moyen de vériliirr si ce procééé Àar| en ^eCbt con/itt en Angleterre on de Vévèqué ftVàtit i^fs-' tence de celui de Branca , ou si ou a tùplté cette iKift* chine sttir le dessin de cet indcistrieux ItajiRi. •

«{iCHiN'Ê nu MARQtflS nE WOllCÊS^ER. {fTÙ. It feT V.)

Le plus célèbre de tous ceux q1)t ont nssodé hsûr» noms à ('histoire de la machine à vapeur dans son eirfanee est un marquis de Woreester qai vivait s^us le règtie de Charles ii. Cette <:éMbrtté pafi*att^a fort eiLtraordinaire , 6i l*on se rappdie d'un cot^ le dédain avec kquel on aconeillit de son vtvani sea prétentions eiLtravagautes à Thonneur de ^stevra tiécouvet;tes , la brièveté étudiée, le vague et Pabs^ éurité qu'il amis dans les descriptions des machines sur lesquelles il fondait ses titres de gloine^tie» denAncies ' d'encouragepfient } et de Tatitre , en voyant cet hommage éclatant que notre sfèele a dé* cerpé à son génie méeatiiqtxe , bof|iBiage qoi piirdîl ^tre autant au-dessus de 900 mérite réd que rin-** juste iudlfiérence de ses contemporains était Mi-« dessous de son talent.

'■ Sesrdi^oits oorome îavenlear , tm reste, ne reiSolatitque swrle c^mfrte qu'il rend lui*méme de Tuftîité et des menfeMeuses propridiés de ses inpven^ \Mt»i b'cçt donc stir ta réputation tie ^rau^et dt

iitioérM du liittrqiiis qme uotis devons làemret là coijfiaoce^e méritent s6$|Mropmaiscrti€nit. M*ii celtejnépatatipQy si l'es<|iii3se qu'on oontenyporaln a tmcée du n>|i^4|iii9 resseitibie à i!oi'i'9uiaJ , ne noas permet pa6- ducroire an smI mot des eipHcationâ roeusongères . cou^né^s dans ïtmvnge inlituM Centwry qf inventions (i). ||^

Cet ouyrfi^ , sur le. méritée dnqnel rauteor s'ap* puyaii pour d<»|inander solentieJlement nne récouftpense uatipyjale, et^que Walpole a quaiiiié avec raisou d'oaii^fn» de la folie, fut publié pa# le marcjuis lui*m<ii>e sous 1^. titre de Cmiury qf thê normes, Me, (Calplogne descriptif des noms de toir-^ tes les inveniioqs iiue je pms me rappaler à présent Savoir laites et perfectionnées « ayant perdu mes premières notes. -^ 1 665 *) U portait deniL dédicaces :

« (i) Lo- marqoîs de Wssceiteri dit Walpole, s'est montré <( août «leiuiearactâres bien dlfii^rentsi iCToir, oonanebonMie « public et comme auteur. Copine homme public , c'était un «t homme de parti ardcnl j et comme aatcm*, «'était uo mé* K caaideu original et fertile en projets chimérique»; mais il « âiait de bonne foi dans ses errenn. Ayant été eaToyé par <( w roi en Irlande pour Bifgocier avec lés catholiques rëvoUé^ «il dépassa ses instructions et leur en substitua de son lait, ^ ^ue k jroi désavoua , mais toutefois e9 le mettant a Tabri « des conséquences fiicheiisrs que pouvait avoir son i&fidé* « Uté. Le roi , avec toute son aflvction pour k) comte ( il était ulor» comte de Glamorgau)^ rappelle dans denâ de Ses «lettres son défaut (le }ugepieiU. Peqt-dlrc $e Maieslë t|i- « niaU-ellc à se confier à son indifcc^tion ifor te.cfii^tt en.

h premi^e aa roi Charici ii , la Meourfe aux demt chambres da pariement. Daiis celte seconde , il affirme airoiis lait en pi^âee du Roi toutes les expériences consignées dans son écrit. Lé sonante* huitième description est celle pour iaquetté il s'attribue l'hwueiir d'avoir inventé la machine à vapeur. Y(4||pcomme il s'exprime r

^ J'ai inventé Wn mo^eu aussi admirable <tue putssant^pour élever l'eau por le moyen du fen , non pas avec le secoiirs de la, pompe , parce que celle-^i n'agit , selon l'expression des philosophes , que dans ime sphèm â^ activité qui a très peu d'étendue ^ au conlr^re cette nouvelle ptiissànce n'a pa^ de bornes , ti le vase est assez fort. J'aî pris > par exemple , une pièce de canon dont le l)Out était brisé , j'en ai rempli les trois quarts d'eau , j'ai

• airait ilae forte <iose. Nous le voyons prêter serment sur « serment fto nonoe du pspe , avec promesie cTune ehéinance a tUimitée à Sa Sainteté et à son 1(^gat; noas^le voyons en-* « saile demander cinq cents Kvrcs steHings an dergé d'Ir- « IsMs pour qo'il puisse s-'emban]Ner cl ailerdiei'clicr une c somme 46 cinquante mille livres stcrlmgs, comme îe^àt c un aklfimiste qui demande une petite somme pour profi curer le secret de faire de l'or. Dans une antre lettre il « promet deux cenAnHIe com^mnes , dix miHe armements fc de ^lAïasshis, deux raille caisses de pistolets, huit cents «f -barils dé poudre, et trente Ou quarante bâtiments bien « dqttlpës ; et tout cela , sra dire d*an contemporam , ]ors« « qijMI n*âvait pas on son dan» sa bourse, ni assez de « (fondre podr tirer un coup de fusil. 9

boacké easqiJteyet feraié, à l'^iide de visf m»oat cassé ainsi que 1^ lumière, et fait continueUemefit da feu sous ce chiiod : au bout de vingt^qo&trA heures il éclat» avec un grand bruit. De sort« qu'ayant trouvé iuie manière de construire nift vases au moyeu de laquelle ils se fortifient les uns, les autres , et de les ren^Ur Tun après l'autre , ^'aî vu l'eau jaillir comme un jet continuel à quarau^;^, piecis de haut. Un vase d'eau raréfiée par le leu en fait monter cp»rante d'eau frai(ie. L'hpmme»f|iti; surveille le jeu de la madiUie n'a qu'à tourner deux robinets , afin qu'un vase d'eau étant épni$é, l'iiii^ tre commence à forcer et à. %e remp^Hr d'eau froille ^ . et ainsi de suite, le feu 4tAnjt coij^tammeut 9Àk^ n^nté et soutenu , ce qu'qne même per/ioiiae peut, faire aisément dans l'intervalle de temps où.ell^ n'est pas occupée à tourner ses robinets (i)# » . ^ Celte. explicatioQi del'ayeu du professeur ftobi*-; sou , trop en)browiiée pour noi» donner des ^mr.

. (i) JA.QmUtê^ of iTwmUionf fut pi4>Ué pour U prcnnére foUittW^ t^a ] 683. Il fut rëimpriuié eu 1746 ; on attriUi* celt« «Midiqii «;0e8AgMllec^ U en fut publia une au1i« éilUioa à G)aagoWyJÉpi767,a^è8 qne M. Walt eut inventé sa mochine, Uae tmis^e r^idipre»ion porte la date de Londres, 1736„ Une qiHHâènie fut £fcile en iSid , par Jobn Biiddle ; on a ajouté à celle-cî une relation hiitonquede la machine à vapeat^jpimir élever l'eau. L'ouvrage «e teouve aussi tout cn« tierjans le jpremier yo'ume du Répertoire des arU ( Rcpertory offarts}^ et (l^ns ^ second.yoluniç dç la Iroisicine édition de Gregory'smccanîes, ' *

lions nettes de la structure et du jeu de sa macfiine, est cependant eiLacte d'un bout à Fautre , et s^accorde avec ce que nous savons sur cette matière. Mais le professeur ajoute, un jieu plus ïoîh , que Pexpltcfttion donnée dans le Centitrj' of inventions ne saurait instruire que ceux qui connaissent assez les propriétés de la vapeur pour construire la machine eux-mêmes ; et cependant ce docteur dit encore dans le même traité que l'invention de la machine à vapeur appartient sans contredit au marquir de Worcester ! Si le docteur Rôbison n'ftvait pas en* télKlu parier des machines de Héron , de de Câus , •de Branca , il n'ignot*ait certainement pas du moins qoel était te charlatanisme du marquis de Worcester , et l'absurdité de tes extravagantes préteiv ttons (i). .

Au téger changement près d'un tuyau placé au centre , sfUbstitué à deux tuyaux placés chacun 9 itne extrémité, changement opéré par M. Milling-

(i) « Cëtatt, à ce qn*il parait, un homme «cvant , pro- * « fond et ingénieux j mais ses descriptietis , on let relations « de ses inventions, semblent faites plutôt pour ëtoniieir k « pttldtc que pour Tinstruire , et les élo^t cf(M^d<miie à % leur ntitilé et à leur importance vont juisqu'ÀrexItiiv»* « gance. Or ne peut pas se dissimuler qu'il paraît .avoir « été un faiseur de projeta •»

(fetOBfsoN, Sncjrûiùp* brUan,, art. Suam tn^^.) •

La justification donnée par M. Millington relativement à ronbli dans lequel tombèrent, dès le commencement|1ës pro-

too I notre figure lY réj^résenle on appareil c^oe cet iogëitieui mécâDieieu a dessine d'après ta des* criptioii qu'on en trouve dans le Century of inverti

tions.

Del deux vases sphériqoes a, b (fig. IV), partent dens tuyaux d,/, qui vont aboutir à nne chaudière g. Ces conduits sont garnis chacun d'un robi* nti z , 'sv, qui établissent ou interceptent la commonicatiou entre la chaudière et les vases. A la |>artie dkimétralenient opposée de chacun desirases 5e trouve on autre tuyau fermé par une soupape stix , s'onvrant en dehors ; le» deux soupapes sont eafermées dans le fond d'un autre tuyau e> Les vases sphériques sont en outre garnis tl'un conduit très court, portant une soupape qui s'ouvre en dedans n,. V } le tuyau e s'élève à 40 pîeds environ , et aboutit au réservoir u^ h giùlfe du foyer placé sons la chaudière ^; t la porte du foyer \ l la maçonnerie; c le cendrier; h réservoir dans lequel' sont les vases^o , a, et où se trouve l'eau , et qu'il faut élever dans la citerne u.

Supposons maintenant que l'eau de la chaudière §, chanffée à cet effet , ait produit une quantité d(;

jett du lord Worcoiter, est , à notre avis , la pins atlroitt de toutes. Il reconnaît cependant que plusieurs de se» inventions portent le cachet de rextravagance, et sont teUoment hory de la portée de rinlelligence humaine, que beaucoup de pcnonnes doatent qu'elles aient existé.

{Epitome ofnat, phH., vol. t, i8'i3.)

vapeur suffisante, et que le robtuet z soit ouvert peur établir une libre communication entre la cban* dière et Tun des vases plapés dans le réservoir : alorsla vapeur descendra dans le vase a par le tuyln d [ les tuyaux et les vases d.evant être faits d*anf matière capable d'empêcher la condeusatioii de la v«peuif , coudensatiou que doit naturellement produire Teau du réservoir) , et chassera toute Teau on Fair qu'il pourrait contenir , par la soupape s , dans te tuyau e , qui la portera dans le réservoir u. Mainleiiaut fermons le robinet z.* alors la$oupape v, n'étant plus pressée intérieurement par la vapeur , sera forcée de s'ouvrir en dedans , par suite, de. la pression de l'eau contenue dans le réservoir , eau qui remplira bientôt le vase ^« Mais lorsque l'on ferme le robinet z , un oiwte en même temps le robinetoppofié tv^.et la vapeur, trouvant une issue, se répand dans le tuyau ^ et chasse Teauqui était conteuue ^aus le vase o jusque dans le tuyau e , eu déterminant la fermeture de la soupape. 5. Lors* que le vase o est plein de vapeur , ou ferme le robinet Wj^ et l'eau du réservoir se précipite dans, le vase o , commue nous avons dit pour le vase a/ on ouvre de nouveah le rc^inet z , la vapeur refoule l'eau du vase a et ferme la soupape x ; et l'opéra-* ttou continuera ainsi de suite , tant qu'il y aura de la vapeur dans la chaudière, et que l'on ouvrira et fermera atlernativement les robinet z, iv.

Monsieur MiliÎJigton fait remarquer que cette

machine a , soas pltisienrarapports^ ]jeaacoapd'a-> ualogie avec laidcscripticm du màrqtiis de Worces* ter, qui dit « qu'un bomtne n'a qu'à tourner deux robinets , et qu'un vase d'eau dtant consomme , un autre cotnmence à forcer et à se remplir ». II jfait observer aussi, que la condensation de la vapeur ouvre et ferme les soupapes , et remplit les vases ; mais que cet usage du vide fait partie d'une iuveutioD à laquelle le marquis ne peut prétendre , paisqueSa Seigneurie dit expressément que l'eau ne s'élève pa$ en la pompant ou en l'aspirant. L'expression forcer et remplir , employée dans ta description originale , ferait presque supposer qu^ ces opëratioiis avaient lieu en même temps dans le même vase. L'arrangement des tuyaux, des robinets et des soupapes , est également établi d'après des suppositions.

U admirable méihode d'élever Veauparle mojren du fou semble avoir été le projet favori du noble inventeur : car il a consacré un volume entier à rétmmératiofi de ses usages extraordinaires et de sa pui^ance , sous le titre dé An exact and true définition, f^Xjc, (Définition vraie et exacte de la plus étonnante machine hydraulique, in vènlée par le très honorable Edward Somerset, lord-marquis de Worcester, digne d'être loué et admiré, présenté par Sa SeigiKurie à Sa Majesté Charles ii ^ notre très gracieux souverain. ) Celle Dé^ Jinition vraie' et exacte est une brochure iu-4'

les avantages qDe doiuierait l'addition d*un second vase à la machine de de Caus (fig. FV), daiis lequel se .formerait la vapear pour passer ensuite dans Je vase rempli d'eau froide ^ mais ce perfectionnement ro^me (et c'en est un bien important) ne |>ourrait être déclaré appartenir à Sa Seigneurie qu'après une correction farte à la description donnée dans son Cenliuy %f inventions. Au lieu de ï\x^ forcer et se remplir, d* eau froide, il faudrait clirç forcer et se vider d'eau froide (i). Cepen- .dant le manuscrit qui est au Muséunî britannique est. coi^forme aux exemplaires imprimés.

Notre opinion étant qu'il est impossible ',"daQs Ja ^ratiqv^^ 4e construire un appareil réunissant .tontea les conditions de la description consignée .d^lis le Centurjr o^/«cewfto/i^,sans întroduirede» |^rtie;^;qui appartiennent indubitablement au gé» j^iC'iuvetitif de (quelques autres mécaniciens ^ nous laitons à offrir l'appareil représenté par la 'figure • . ' , ■' ' ' \

' ( x) tt'iloeti^t BreWstcr a ftit, la-cpo wc ltoo, AtMftMvdte.. très termes. On y Wt il?ni^8é«cV«Mi|t^49t conAQfmné, up mitte'wmt^gafifi à fi»fpef, puisa ae ce^lir d'eau fn^ide. .Cette vertion/iliÉàre noa seuleirient de. Pesprit du texte , mais encore du procdJéj, car Teau est forcée. La dernière partie de eettè iùintélli'glMe description dàni rdriginàl UÔ$t s'ciitendre iMMlèMènMÉV.tiittidM «i 12«|ppannl dooMi^irii Hft ^ ti tiuM fc m isenrf^laMftiA <9humI^ de Çfm> «^BSflMia*

<ièffià>9»ri^ 4i<^« <^i& ^^yM^''^^ ^^>^! ^.^^''f.^t;^ ^'T!^*

tien de docteur s^ensuiTiair naturellement.

V comme plus couioFine à la deseripiion que celui représenté par la figore IV , en tant qae \*on n'em* ployé pas la pression de ratmosphère , qm n'est pas, dit le niarqois , le prinei^ de sa machine.

Mais> dans Tctot des chc^es, il n'est pars pùs^ sibie de décider , ^i'^ près la description tte lord Worcester^ s't4a!¥Ouki parler de deax cbaodiires etd'tta récipient, ou de dem récipients et d'on^ ckandière, ou senlement de deux vases pareils à ceux de tfe Caus, ayant chacun probablement un tayaa de décharge garni des robinets nécessaîreff poar produire un courant d'eau continu : ce* tuyau serait représenté , par exemple , dans la fig. V, par les ligues, ponctuées s'éfevant perpendiculaire*» went du vai^ a^. Detns ce dernier cas on ferait da feû sous chaque chaudière alternaUtrem^nt ; et quand le marquis psfrie d'un vase d'eau raréfiée par le feu , faisant monter quarante vases d'eau froide , ne doit<>olin pas entendre par là h qtlaulité (feao qu'il faudrait conveiiir en liipenr peur élte-» Ter hi qtRaulité' restant fkiiis le même vase d qua^* rente -pieds ée haot? Un appareil coni^t 'd'après cette snpposiflon serait tnieux dans le sens de )a desérifitiOD qu'àueu&e BUti*e machine.

Pvlfttttèftlfuè^ avons la liberté du çhotk^, no^i ferons au marquis la concession d'un appareil c6n* sirtiU de ttiadière^l ce qae là vapeur soit produite dam une chaudière séparée. Soit donc a (6g. T) cette eiUràdtèt^ ; c tin tuyau ayant ii» robhiét rf.

ci «liant de la ctiaudière au va^e d'eau froide e, doqael part le toyaa de dédbatgef; ^désigne un iHiy^n portai^ uneotoimoir pour recevoir Teau destinée alioienter la Chaudière ; A.pareii tuyau aoier uaot Tean froide d'une eiterne qui en est remplie; i eH le i^Uiiet adapté à ce tuyau } k une «oupape de$tioéf^à eiQpecher le retour de l'eau qui pourrait , nyoïr lien dans la partie supérieure du tuyau yi

Lor^qu'eu touriiaut le rolnnet d, la rapetir pa58iç4^ lacliàndièrQ a dans le vase d'eau froide e , elle fait jaillir l'eau par le Inyan/, jusqu'à ce que le vase e &o\\ presque vide. Alors l'en ferme le ro« binent d et Tua tmyre le robinet £; le vase se renipiil dc^ nouveau d*eau froide; l'on ferme ensuite le robinet i et Ton ouvre le robinet d; la valeur fourniie p^r la chaudière, pressant s<lr la suriaGe de l'eaa eni^j TobUgiS encore de monter par leimymjl E^ répétant eette opération, on doilttinuera aussi iong-rtempi qti'on le voudi*a le jet de Tean, Dans Tbypotjljbèse aeti^Uçi la condition d'ouvrir tt de fermer ^liernativemeot deux robinetS' te trouve remplie- «L'action indiquée de refi>u]er l'eau et dei remplir -sjiccfssivernent les vases a /également lieu^ Un vase d'eau vaporisée . par le feu lèverait dosia luie .quantité dfeau double de c^lle qu'aunoa^Q le marquis.

Après le décès di^ docteur R^^oUi.prqfesiseur d'Edimbourg, on trouva dans ses papiers u^ l^ff^ des i^yentiçn^ du docteur Hc^kç , qui .cpn^ei^ait^

pDlre autres Aoscs, la note -snivantc : « En 1678 ^

proposé tiDe maehine à vapenr d'après le principe de^ewcometi. » Ileift ^ regretter que ce biographe ait laissé passer cette note sans réSesions : car, d'après son émdîlion bien «connue, il est probable qa'il eât pn suppléer à la citation^ de rauteur , d'à* près les écrits de Hooke. Il cet été égaleineiit intét^essant de s'assorer si cette note, écrite par le doctear -Rotiison , l'avait été avant on après resceilente description qvCïl a donnée de la machine à vapeur dans l'Encyclopédie britannique.' Il -semblent qae le projet nMtait pas même connu du professeur 'lors <ie la publication de l'article en question , ou bien qu'il fut rejeté, à'cause des doutes qoe l'tni avèiit sur son importance. Dans une^ édition réceninieiit faite de cette description (f), il n'est pas dit un mot de Tidée de Hooke. En lisant les ouvrages de ce mécanicien , le plus instruit parmi les modernes , nous n'avons trouvé cette proposition nfcille part^ •

MACHINE n^ Sra SâMtJ&L AOKthAVtD,

Depuis ce mt>mcnt , et pendant plusieurs années

(\)Robispn's iMçfyifàfaî philoBCp^y , i8:(3, rôîmpreg^ non (les divers articles qui fureat publiés par le doct.eBr Hobison dans V Encyclopédie britannique. Les notes «ur l'article Machine à Tapeur [Steam enginé) font écrites par' tcu le ténéraUle H; WaU de Soùo.

5o après le décès du marquis deWprcestér, il ne fui fait aucun essai pubiic pour élever Teau par le moyen de la vapèur(il semble .qiie cette opération, ait ëië jusqu'ici pour tout le monde , à une seule esiceptiou près, le gra«d problème àrésoudre). Enfin, tn 1682, on voUunsir Samuel Morelahd rechercher ia protection du gouvernement français pour rexécotion d'un projet ci^t il $e dit Fauteur, tendant ù élever l'eau par la force de la vapeur. En i685, il présenta son invention au roi, à Saint-Germain ; mais il. paraît qu'il n^obtint pas de ce monarqufe rencouragemeiit qu'il sollicitait. On ne' connaît aucune description de sofa appareil , et l'on ne sail rifen du principe ni de la nature ni de son action. Heureusement cependant que les résultats de quelques expériences faites par sir Samuel sur l'élasticité de la vapeur ont été conservés dans les manuscrits du Muséum bri* tanuique.

Le mémoire de sir Samuel est en français , sur papier vélin et d'une très-belle écritnre. Le titre porte qu'il a été présenté au roi de France par sir Samuel Moreland, maître mécanicien du roi d'Angleterre. Il n'a que vingt-deux pages , et donne la (iescription de diverses machines pour élever l'eau, La partie relative à la machine à vapeur n'occupe pas tout-à-fait quatre pages. En considérant l'époque où cette partie du mémoire a été écrite, c'est vu travail vraiment ^emarquatle.

l/eau étant réduite à l'état devupeurpar l'ac-

tion da fea , cette vapear, dit sir Samuel , occupe on espace beaucoup. plofl-ffvMMiXeiiviFo» deux mille fois) que cekii- occupe par Teau, et la force en est si prodigieuse qu'ëtant comprimée elle ferait éclater un canon; mais si on se conforme, en l'employant, aux lois de la statique , si on observe l'éva* iaatiou, soit en poids , soit en mesure, à laquelle la science la soumet , Ta vapeur est alors maîtrisée à volonté, et devient d'une utilité immense, snrtout pour élever l'eau. La table suivante indique le nombre de livres (poids français) qu'on peut élever, six cents fois par minute, à six pouces de hauteur, dans des cylindres à moitié pleins d'eau ou it peu près; elle indique aussi les diamètres et longueurs des différents cylindres.

CTUTlfDRES

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