‹ Histoire descriptive de la machine à vapeurChapitre 8 sur 24 · MACHINE A HAUTE PKESSION DE LEUPOLD. (FIG. XV · texte numérisé non relu

MACHINE A HAUTE PKESSION DE LEUPOLD. (FIG. XV

Dans les premières applications qae l'on fit de la vapeur, elle agissait par sa force expansive contre la pression de Tair, de la même manière que dans les machines de de Caus et de Savery, et dans une des inventions de Papiu, où celui-ci l'emploie à faire monter un piston. Ce fut en suivant cette idée que, en 1720, Leupold , le célèbre auteur du ThecUrum machmarum, exécuta ce qu'il eit permis de regarder comme la première machine a HAUTE PRESSION A BALANCIER, machinc daiis laquelle la vapeur s'échappait dans l'air après avoir fait sts fonctions, ou, eu d'autres termes, après avoir fait monter des pistous qui , par des tiges de fer , se rattachaient à un balancier. Ce mécanicien fait preuve d'une sincérité peu commune dans l'histoire des machines à vapeur, en attribuant gotiéreusement tout le mérite de son invention à Papin, qui, comme il le dit lui*méme, lui suggéra l'idée d'employer la force élastique de la vapeur pour faire montçr l'eau. C'est aussi à Papiu, qui l'avait employé dans sa machine à vapeur, qu'il doit le robinet à quatre issues (i). La figure XV représente la machine de Leupold telle que lui-m^e nous l'a donnée. La chaudière a com-

(i) Theatrum machinarum, vol. 11, tab. 3o.

niuniqac par le robinet x avec le fond des deax cylindres^/', s, garnis de pistons c, d, qui se itienvent dans leur cavité. Ces pistons sont attachés à des balanciers ^et A par des tiges e eif, A Tautre extrémité de ces balancier^ sont Suées des tiges ^,/, portant à leur partie inférieure des pistrais dont le jea s'effectue dans les corps de pompe o,p; q est un tuyau de conduite communiquant avec les corps de pompe, dans lequel l'eau est forcée de monter j z est le foyer jj* le cendrier, i î les pivots sur lesquels se meuvent les balanciers g" et ^; .t est un roliioet à quatre issues, construit de manière à fermer toute communication entre la chaudière et TuD ou l'autre des cylindres ,- et à en établir une en même temps entre ces mêmes cylindres et l'air extérieur. ^

Dans la figure que nous avons sous les yeux, nous voyons la vapeur s'échapper de la chaudière a pour venir, au travers du passage pratiqué dans le robinet a:, se répandre dans le cylindre r, et faire monter le piston cy celui-ci fait plonger la tige k fixée à l'autre extrémité du balancier; elle agit sur l'eau et la force à monter par le tuyau q^ Quand le pistou c, chassé par [a vapeur, arrive près du sommet du cylindre, alors le robinet x tourne, et ferme le passage de la chaudière à ce même cylindre, tandis qu'il établit une communication de Tintérieur avec l'air libre; mais la tigey et le piston c formant , par leur réunion , un poids plus grand

que celui de X et o^ il en résulte que le piston c retombe naturellement au fond du cylindre , et refoule , au travers de Zj dans Tair, la vapeur qu'il avait fait monter.

La conformatioiif du robinet à quatre is^es est telfcs que , au moment où s'est fermé le passage de la vapeuT'dans le cylindre r, nn autre s'est à l*instant ouvert entre la chaudière et le cylindre s ' dès Idrs le piston d, chassé par Ik force élastiqut! de la vapeur, s'élève, et fait plonger le piston de la tige Z> qui , en agissant sur Teau du tuyau p, la Ibrce de monter dans q. Le feu du piston é/ achevé , le robinet x tourne de nouveau ,, ne permet plus a la vapeur de passer de la chaudière dans le cylindre $, mais laisse le passage libre du bas de 5 à l'extérieur ; la vapeur quecontenait le cylindre 5 s'échappe, et d descend, entraîné parla supériorité de son poids, de la même manière que c. Pendant que </ ^'élevait, c est retombéau fond du cylindre r; mais il ne tarde pas à en regagner le haut , chassé par la vapeur à laquelle le robinet vient de livrer passage, pendant que la vapeur do cylindre s se répand dans l'atmosphère. Cest ainsi que s'entretient alternativement et sans-interruption le jeu vertical des deux tiges k et /. Plus tard on imagina d'attacher les balanciers l'un à l'autre , de façon que l'ascension de l'an des pistons produisit l'abaissement de l'autre sans qu'il fût nécessaire d'employer de contre-poids.

MODIFICATION DE LA MACHINE DE SAVERY, PAR LEUPOLD. (fIG. XVI.)

Leapolcl proposa, en outre, remploi de la machine de Savery pour élever Teaa par l'élasticltéde la vapeur seulement ; au lieu de condenser la vapeur, il la laissait s'échapper dans Tair. a , dans la fig. X^VI, est la chaudière ; b, b' tuyaux qui com>rauuiquentanx deux récipients f, f^ C> le tuyau àdeus branches par lequel monte l'eau; d, d', tuyaux fermés chacun par une soupape s'ouvrant de bas eu haut, par lesquels l'eau arrive du réservoir g dans les récipients. Le robinet permettant à la vapeur de passer dans le récipient / plein d'eau , celleci est refoulée à travers la soupape qui ferme la branche du tuyau c ; au contraire la pressiou ferme le clapet du tuyau d. Dès que l'eau a été chassée par le ressort de la vapeur, le robinet à quatre issues e intercepte toute communication avec la chaudièrey^ et livre passage à la vapeur do récipient, qui se répand alors dans l'air. Taudis que J'se vide de vapeur et se remplit d'eau, la communication établie entre la chaudière et F pet*met à Ja vapeur d'agir sur l'eau contenue dans ce récipient , et l'action se continue ainsi alternativement; l'eau, refoulée de/ et de f se réunit dans le même tuyau C. Cette machine a été l'objet de recherches dont le but était aussi vague que les moyens d'exécution, d'après les dissertations qui nous sont restées.

i55 Noos nous abstiendrons de rapporter ici les inintelligibles' raisonnements que l'on a faits sur cette matière.

L'appareil de MM. Mey et Meyer, dont la description et les plans furent publiés eu 1726 par r Académie des sciences (i), n'offre rien dans sa construction qui le distingue particulièrement de celui que représente la fig. TIII.

' MACHINE DE JONATHAM HULLS.

Quoique M. Jonatham Hulls n'ait rien fait de nouveau dans la construction de la machine atmosphérique elle-même , nous ne devons pas moins mentionner ici son nom avec tous les éloges qui lui sont dus pour avoir, le premier(2), proposé l'application des roues à aubes qui, mues par la vapeur, servent à faire marcher les vaisseaux, en remplacement des voiles mues par le vent. Il fallait , pour arriver à ce résultat , convertir le mouvement rec* iiligne de va et vient de la tige du piston eu uu mouvement de rotation continu. Or c'était, disait-il très iugénieusement , ce qu'il était facile

(1) Machines approuvées » pag. 209, tom. 7.

(2) Description , avec planches, d'une uoutcHc macliine wrvant à faire sortir les bateaux ou navires des ports ou des rîvifîyes, ou à les y (aire entrer contre vent et maiée, comme en temps calme; par Jonatham Hulls. Londres,

d'effectuer aa ûioyeh d'une manivelle. Il n'y à en effet que cette invention qui ait rendu la machine à vapeur applicable , comme force motrice, à toute espèce de machine {i). Huîls ne put réussir à faire goûter son projet du public , et son application de la manivelle tomba tellement dans Poubli , que , quarante ans après, lorsqu'il en fut de nouveau question , un brevet d'invention fut accordé à celui qui fît revivre ce projet , et l'honneur de la découverte réclamé par le célèbre Watt, qui , sans doute , ignorait qu'elle appartînt à Hulls.

Le succès avec lequel on est graduellemefit par* venu à perfectionner le régulateur des machines

(i) Nous avons exposé précédemment l'idée que Pob attribue à Savery d'emj^oyer les roues a aubes pour faire marr cher les navires. UappUcation qu'en a faite HuUs ne serait pas, selon le docteur Brewster, d'une bien grande import ance^ Voici à ce sujet comment il s'exprime : m Nous ne regaivlons « pohit, dit-il, comme une invention la substitution de la ce force des cheyaux, de la vapeur, oa de* l'air échauffé,, à odl« a des bras, car il nous faudrait alors admettre.les prétentions a d'une foule de gens qui réclameraient à l'envi l'honneur u (l'avoir employé la machine à vapeur à battre le blé. Or c< quand, en 1766, M. Jjnalhan Hulls proposa de faire l'apc( piication de cette dernière force au vaisseau remorqueur, (; il n'eut point d'autre mérite que de la substituer à celte « des bras; sa proposition ne portait nullement le cachet du « génie inventif; et le mécanisme qui convertissait le mou* « vement alternatif du piston en mouvement de rotation des « roues à aubes est aussi grossier qu'imparfait 9. (Mécanique

i36 atmosphériques sug^ra à ciîffér«ite& ^^enomies l'idée d'adapl«r des mécanismes de cette espèce aux machines de Savery.

MACHIA'B DC ÛfiKSiENNB. (fIG. XVII.)

La figore 1 7 et 1 7 &*$ représente Téiévation et ia coupe d'une machine décritepar Gcnsanne, qni n'est qa'an appareil de Savery pourvu d'un régulateur, x est le récipient ; A, u» tuyau cpii s'élève du réservoir et amène Teau en x^ g, tuyau de décharge par où l'eau refoulée sort du récipienl^/^ tuyau d'injection; c, ia clé du robinet d'infection ; 6, l'aie de la soupape

deFerg,, vo). 1 1| p. 11 S»)— Voici cUna quols teriiMa M. H4jlU, prévenant eu quelque sorte cette objection, y rëpond : «Que « si Ton me refuse le mérite d'une nouvelle invention, parce « que je n'aurais fait qu'appliquer à ma machine la même « force que d'autres ont vu employer à d'autres usages, je d dirai que l'application de cette puissance n'est autre que « celle d'un instrument ordinaire ou connu pour arriver « mécaniquement à un résultat qu'il n'a pas jusque là servi « à obtenir. iD (Hulls, cité par Br£wst£r.]

Il faut convenir, en effet, que ce n'est pas une manière toujours bien sûi^ de juger du mérite d'une dtîcouyerte que d'en apprécier l'impCHrtaiice d'après U degré de génie qui l'a pu prb^luire : car nous regarderions aujourd'hui comme une très belle invention l'application de la machine à vapeur à la direction des ballons , et cependant ce ne serait toujours que le même principe qui fait mouvoir la machine à battre le blé.

qui se meut horizontalenaent ; m, commet de la chaa* dière; d, d,devJL poîd?dont les (onctions sont les memesiqae dans la machine atmospliëriqne. La disposa tioQ du curseur c est telle que le robinet d'injection se ferme dès que la soupape s'ouvre. Pour ce qui est du mouvement des balanciers, il suffit de jeter les yeux sur la figure et d'en voir la connexion pour s'apercevoir aussi de suite que leur action est simul* tauée. Il paraîtrait , d'après les observations préliminaires de Gensanne, qu'en 1744 plusieurs machines de ce genre avaient été construites en France : une à Fresne , frès Gondé ; une antre près de Charleroi, destinée à épuiser l'eau d'une mine de charbon ^ et une troisième servant à la même fin dans une mine de plomb des environs de Namur. Le célèbre Belidor nous donne une excellente description de celle de Fresnes (i), qu'il avait vue avec tant de soin , qu'il fit plusieurs fois le voyage pour en examiner le jeu , faire le dessin et établir son devis.

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