‹ Histoire du Beaujolais (volume 2)Chapitre 62 sur 171 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

DE LA CHATELLENIE DE LIGNIEU

La châtellenie de Lignieu appartient à M. Camille de Neuville, archevêque de Lyon, laquelle il a eue par échange de MM. de l'Ile— Barbe, à laquelle abbaye cette terre avait été donnée, l'an 1186, par Etienne, seigneur de Villars.

Lignieu est un château ruiné sur une motte de terre qui appartient audit seigneur archevêque, ainsi que la rente noble, une forêt et un grand pré; et est à remarquer que cette seigneurie fut donnée par dévotion, à Notre-Dame de l'Ile, par les princes de Dombes.

Il y a, outre cette paroisse, celle de Rancé et une partie de celle de Saint-Jean-de-Turignieu dont le clocher est au Franc-Lyonnais.

Il n'y a autre seigneur haut justicier que ledit seigneur de Lignieu qui a sa justice haute, moyenne et basse.

Les seigneurs de Beaujolais, souverains de Dombes, prétendant avoir la garde du château de Saint-Jean-de-Turignieu, le jour et fête de la Nativité de Saint-Jean-Baptiste, contre les doyen et chapitre de l'église de Lyon, ils eurent de longs différends entre eux, et quoique, l'an 1426, informations eussent été faites, tant à cause de ladite garde que chacune des parties prétendait, que pour les limites d'Ambérieu et de Goyne % et pour les fiefs de Turignieu, de Trévoux, de Franchelins, de Lurcy, de Barbarei et autres, il y eut grand procès au concile de Bâle sur ce que les seigneurs archevêque et chapitre prétendaient plusieurs places, villes et châteaux de Dombes devoir relever de leur dite église de Lyon; sur quoi il y eut acte de sommation, faite le 12 mai 1436 2, par Me Soret, sacristain de l'église de Saint-Etienne de Lyon, au substitut du procureur du duc Charles de Bourbon, de faire

1. L, B : Geyné ; T : Geyne; J : Goigne. — 2. L, T : i486; J : 1426.

les foi et hommage de plusieurs châteaux, villes et fiefs que lesdits seigneurs archevêque, doyen et chapitre prétendaient relever de ladite église; acte du concile de Baie, des 12 juin et 31 août 1436, sur la continuation des poursuites des monitions avec la présentation du procureur des susdits seigneur duc Charles et Philippe de Bourbon, son fils, seigneur de Beaujolais, pour s'opposer auxdites monitions, protestations faites le 21 juillet audit an, par ledit seigneur Dampierre, comme tuteur dudit duc Philippe de Bourbon, Louis de Savoie, prince de Piémont, fils et lieutenant général du duc de Savoie, sur les poursuites faites audit concile, touchant lesdits hommages prétendus par ladite église de Lyon. Décret dudit concile par lequel mondit seigneur fut exhorté et requis de ne répondre des susdits nefs à autre personne qu'à l'archevêque de Lyon, recommandant audit seigneur archevêque les droits de ladite église, du 15 des calendes d'avril qui était le 17 mars 1436. Ensuite de quoi, le roi Charles VII qui, en qualité de chanoine de Saint-Jean de Lyon, avait intérêt de conserver les droits de ladite église, par ses lettres du 13 janvier 1455, prit en sa sauvegarde ladite église et celle de Mâcon avec les abbayes de Cluny, de Tournus, de l'Ile-Barbe et d'Ainay. Madame de Bourbon eut bien désiré de retirer une rente qu'avait l'abbé de l'Ile-Barbe à Saint-Jeande Turignieu pour, par ce moyen, pacifier tous ces différends, ce que ne s'étant pu effectuer, il y eut informations faites, à la requête du procureur général de M. le duc de Bourbonnais, contre les officiers du roi et des seigneurs du chapitre de Lyon, touchant la garde de l'église de Saint-Jean-de-Turignieu et les entreprises faites |et exploits faits à leur requête parmi sergent royal, en ladite paroisse, en la juridiction et franchise d'Ambérieu, et pour autres sujets, sur quoi il y eut appointement pris à Lyon, le 8 juin 1457, entre les officiers de M. le Duc et les officiers de l'église de Lyon, pour terminer à l'amiable les différends touchant la garde dudit Saint-Jean-de-Turignieu l, ensuite d'un autre pris auparavant, le 20 mai de la même année 2, entre les mêmes officiers touchant les lieux, châtellenies et mandement d'Ambérieu et de Goyne 5, dont informations avaient été faites l'an 1426, tant à cause

1. G : coffre 9. — 2. G : coffre 2, cote 9, Ie* sac. — 3. L, T, B : Geyne; J : Goine.

de la garde, laquelle chacune des parties prétendait avoir, en l'église Saint-Jean de Turignieu, le jour et fête de la Nativité Saint-Jean- Baptiste, que pour l'exercice de la juridiction tout le long de l'année, par lequel appointement ils demeurèrent d'accord qu'informations sommaires seraient faites, tant de la part de mondit seigneur que de la part desdits doyen et chapitre, lesquels ayant été parachevées le dernier mai 1457, elles furent examinées, le 10 août 1469, par Me Jacques de Viry, juge ordinaire de Beaujolais, Pierre Chalendac, juge d'appeaux, Dalmais de Châles, écuyer, maître des eaux et forêts, Jean de Bourg, avocat fiscal, et autres gens de M. le Duc, d'une part, et Me Jean de Mommartin, archidiacre de Lyon, Jean Palmier, juge des châteaux de MM. les doyen et chapitre de Lyon, d'autre part, étant assemblés en la chambre des comptes de Villefranche, par-devant et en la présence de M. du Chastel, lieutenant, et Me Aymé Daignet, conseiller de M. le Duc, furent vues d'un commun consentement et fut dit et avisé que copie signée serait baillée auxdits seigneurs doyen et chanoines et après un jour qui serait avisé, y serait mise conclusion et pacification, jouxte la teneur desdits articles, signé Gayand, cote H. Les chanoines, de leur côté, firent des procédures, l'an 1458 et 1459, à la requête du procureur du roi et du seigneur archevêque de Lyon, contre M. le Duc, à cause de quelques fiefs et rentes du pays de Dombes que lesdits seigneurs archevêque et chapitre prétendaient relever d'eux, sous la souveraineté du roi, et répondirent aux articles des députés de M. le Duc par un gros cahier de papiers touchant les prérogatives et juridiction qu'ils prétendaient avoir sur le château et mandement de Geynè, et sur les lieux et paroisses de Saurières, de Poullieu et de Turignieu, et en la châtellenie de Saint-Bernard, lequel avertissement fut fourni le 11e jour d'octobre 1471, signé Petrot. Il y en eut ensuite un autre, le pénultième jour de décembre 1474, entre les officiers du seigneur duc et les doyen et chapitre, en la continuation des traités faits entre eux, l'an 1469, pour terminer leurs débats et différends touchant la susdite justice de l'église et cimetière de Saint- Jean-de-Turignieu, et autres terres, lieux, hommes et chemins, tant de ladite paroisse que celle de Chaleins. Après, il y eut une autre information faite, les 3 et 4 janvier suivant, par le châtelain d'Ambérieu pour mon dit seigneur, touchant les limites d'Ambérieu, en

ladite paroisse de Saint-Jean-de-Turignieu, du côté des châtellenies -de Montribloud et dejeynè l; l'an d'après 1475 et le 7 novembre, il y eut accord et appointement entre lesdits sieurs du chapitre de Lyon et les officiers de S. A., de ce que devaient faire les arbitres par eux convenus pour terminer leurs différends touchant la garde dudit Saint- Jcan-de-Turignieu et autres questions; cote J 2.

En 1477, il y eut encore une enquête faite, en octobre et novembre, à la requête de M. le Duc, contre les seigneur archevêque, doyen et chapitre de Lyon, tant conjointement que séparément, touchant les limites des châtellenies de Trévoux, de Beau regard, de Villeneuve et d'Ambérieu, faisant séparation des seigneuries de Riotiers, de Saint-Bernard et Geynè, appartenant au seigneur archevêque, doyen et chapitre, cote L. Autre enquête, desdits mois et an, à la requête des seigneurs doyen et chapitre, contre M. le Duc, touchant les limites de leursdites terres et seigneuries de Riotiers, Saint-Bernard et Geynè, cote M, et M. le Duc donna pouvoir, par ses lettres patentes du mois d'août audit an, à. l'évêque du Puy, son oncle, de terminer ces différends, cote L.

Il y eut articles passés entre les officiers de chaque partie, le 23 juillet 1477, et un appointement ensuite donné par les arbitres députés, le 25 septembre 1477. Autre compromis, le 8 juillet 1495, entre S. A. d'une part, et les seigneurs archevêque, doyen et chapitre de Lyon, touchant les différends qui étaient entre eux, à cause des châteaux et châtellenies de Villeneuve et Beauregard, appartenant à M. le Duc, et celles de Saint-Bernard, d'Anse et de Riotiers, et de la juridiction spirituelle, auquel compromis sont nommés arbitres pour en ordonner, MM. Henry Seylas, abbé de l'Ile-Barbe, et Jean Rolin, docteur, prieur commendataire du prieuré de Saint-Martin, près d'Autun, signé Gayand, cote N. Lettres du duc Jean de Bourbon, par lesquelles il approuva et ratifia ce qui avait été fait et se ferait de là en avant, et ce qui avait été et ce qui serait jugé et appointé par M. l'évêque du Puy et par M. Claude Gast, doyen de l'église de Lyon, touchant lesdits différends qui étaient entre S. A. et l'archevêque et chapitre : datées du 3 octobre 1477; ce qui continua jusqu'en

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