‹ Histoire du Beaujolais (volume 2)Chapitre 75 sur 171 · G : fol · texte numérisé non relu

G : fol

peut-être pris Vandelmode pour Auxilie, qui était véritablement fille

d'un comte de Savoie, comme il se verra aux preuves. Severt ne donne

à Béraud que deux fils : Humbert Ier, son successeur, et Gautier, évêque

de Mâcon, 36e en ordre, depuis l'an 103 1 jusqu'à 1062, et encore

penche-t-il plutôt à l'opinion qu'il soit frère de Béraud que son fils. Gui-

chenon, en Y Histoire de Savoie, donne à Béraud plusieurs enfants, savoir :

i° Guichard aîné, qui épousa Adelmodis; 2° Etienne; 30 Humbert,

mentionné ci-dessus; 40 Umfred, qui donna à Cluny l'église Saint-

Ennemond, au diocèse de Lyon, Tan 977; 50 Guigues, que le sieur

Duchesne dit être mort à Lyon et avoir été enterré en l'abbaye d'Ai-

nay, et que Béraud mourut avant l'an 967, ce qui ne convient, en

aucune façon, à l'époque du sieur Duchesne et de Paradin, qu'ils disent

qu'il mourut l'an 1032, et son fils Humbert l'an 1053, autrement il ne

pourrait pas avoir été mentionné dans les lettres du pape Benoît XII,

outre que le même Guichenon fait Ricoaire de Salornay femme de

Guichard II, ce qui ne donne pas peu de peine, attendu qu'on ne peut

assurer rien de certain dans une telle contrariété d'auteurs, desquels on

peut dire ce que disait autrefois Mercure Trismégiste du législateur

Moïse : iste cornutus milita dicit sed nihil probat. Paradin dit que Bérard

avait un chancelier nommé Obdon, le vice-gérant duquel recevait les

actes; comme appert par les pancartes B; la mémoire de Bérard et de sa

femme se fait le 5 des ides de décembre, selon l'obituaire du chapitre.

3. Humbert, Ier du nom, fils de Béraud, succéda à son père en la

seigneurie de Beaujeu, comme fait voir l'acte de la fondation qui suivra

ci-après. Guichenon dit qu'il confirma une donation faite à Cluny par

Guichard de Beaujeu, son frère aîné, l'an 977, ce qui ne peut être, et

lui donne pour successeur Guichard II, mentionné en une charte de

Saint-Vincent de Mâcon, sous le règne d'Henri Ier, qui mourut en

1060; jugez de la distance du temps ! Qu'est-ce que l'on peut croire? Il

lui fait encore épouser Ricoaire de Salornay, bienfaitrice de Cluny,

sous l'abbé Saint-Hugues, qui mourut l'an 1109. Paradin et Severt ne

s'accordent guère mieux, en lui donnant deux femmes, savoir : Auxilie

de Savoie, fille d'Humbert Ier, comte de Maurienne, et Helmeest, d'une

maison inconnue. Paradin lui donne pour première femme Helmeest, et

Severt la met la dernière, et dit qu'Auxilie lui engendra cinq enfants

mâles : Hugues, Guichard, Humbert, Guigues et Etienne, et la dernière

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deux : Léotard et Vuicard; mais je ferai voir au chapitre suivant que cette Auxilie de Savoie fut femme d'Humbert II et que Humbert Ier n'a eu qu'une femme Helmeest, comme on peut voir dans l'acte de la fondation. Duchesne n'est non plus d'accord avec les autres, lui donnant de sa première femme : Guichard II, Hugues et Vandelmode, que Guichenon attribue à HumbertII. Severt dit que Humbert mourut en 1060 et, en un autre endroit, dit que ce fut en 1053 ; quoi qu'il en soit, la charte de la fondation lui donne trois fils : Hugues, Guichard et Etienne, et une fille, Vandelmode, à quoi nous nous arrêterons sans £iire mention de Vuicard et Léotard, son frère, que les Annales disent le premier avoir été blessé, et le second avoir été tué en guerre, l'an 1080.

4. Guigue Ier, seigneur de Beaujeu, est mentionné dans l'acte de la fondation. Il y a apparence qu'il ne régna pas longtemps, puisque son fils Guigue, retournant de Rome pour la troisième fois, après avoir appris la mort de son père, tomba malade à Lyon, l'an 1066, et fut enseveli à Ainay, le 4 des calendes de février, comme il appert du livre des obits. Comme il sentit approcher la mort, il légua, à l'église de Beaujeu, le clos des Estoux, limité de trois chemins, et pareillement lui donna le mas de Montmey avec toutes ses appartenances, après quoi il mourut. Hugues, son père, possédait l'abbaye de Saint-Just de Lyon ; on fait mention de lui au chapitre de Beaujeu, le 8 des calendes de décembre, en ces mots : VIII kal. decembris obiitdominus Hugo Bellijocensis antor et restitutor nostrœ eclesix. Le nom de sa femme nous est inconnu, et pour ce nous lui ferons succéder son frère, Guichard Ier.

IV. — Fondation de l'église collégiale de Beaujeu. — Il est constant, par tous les historiens qui ont écrit et par les actes qui suivront ci-apres, que Béraud et sa femme Vandelmode, avec leur fils Humbert, ont été ceux qui ont fondé l'église du château de Beaujeu. Severt dit que ce prince et sa femme, Josmar, son frère et Humbert, leur fils, au retour de Rome où ils étaient allés voir le pape Léon IX, l'an 1052, en firent le projet, selon le dessein qu'ils avaient pris en chemin. L'auteur inconnu que j'ai allégué ci-dessus dit avoir vu, dans l'acte de la fondation, qu'ils faisaient cette érection de église collégiale pour le soulagement de leur noblesse. Il y a un titre aux archives du château qui

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dit : Berarduset Vandelmodis donaverunt ecclesix Bellijoci quant fundaverunt

in castello Petrœ Aeutœ omnemdecimationem de illis exerliset condeminis quas in dominicain illorum ubicumque laboratœ fuissent, scilicet de condeminis qux sunt in parochia de Ronnensis et de Draciaco et de multis aliis locis in pago Lugdunensi, etc. S. Berardi. S. Vandalmodis. S. Humberti. S. Ardrati. S. Soliconis. S. Humfredi. S. Duranni. Mais je ferai voir tout maintenant qu'elle ne fut pas érigée alors en église collégiale, puisque les trois frères, Hugues, Guichard et Etienne, fils d'Humbert, avaient requis Dreux, évêque de Mâcon, de mettre dans ladite église des clercs servant à Dieu sous le titre et profession de chanoines.

Autoritate Drogonis nostri presulis Matisconensis et ejus jussu, disent ces princes, sub Dei ac santœ genitricis ejus obtentu in ipsa nostri castri ecclesia clericos sub nomine et professione canonicorum imponi et attitulari optamus et posuimus, qui permanentes in Dei sanctorumque famulatibus eclesias et terras cum omnibus ad eas pertinentibus in suis habeant usibus, etc., et René Chopin, au 1. III, ch. I, de Sacra politia, dit ces mots : Berardus, Bellijoci pr inceps, Vandalmoda, uxor ejus, Umbertus, filius, extruxerunt primum Bellijoci templum, sed Hugo, Viscardus et Stephanus fundatorum nepotes eam eclesiam canonicorum collegium instituerunt . Guillaume Paradin , dans son Histoire de Lyon, dit que Béraud et Humbert, son fils, prièrent le légat Hugues, évêque de Die, Gébouin, archevêque de Lyon, et Landry, évêque de Mâcon, de venir consacrer ladite église, ce qui ne peut être, vu qu'ils étaient morts longtemps auparavant, savoir : Béraud, l'an 1032, et son fils, Humbert, l'an 1053, et Severt J dit, après Claude Paradin, que ces princes n'avaient mis et institué dans ladite église que des prêtres sociétaires, et que ce furent Hugues, Guichard et Etienne, fils d'Humbert, qui prièrent l' évêque Dreux, de Mâcon, d'y vouloir instituer des chanoines qui étaient déjà institués avant la dédicace et consécration de ladite église, et que même Hugues et Etienne n'assistèrent pas à cette consécration, étant tous deux morts l'an 1076, et que ce fut Guichard Ier, leur frère, qui pria ces prélats de se vouloir assembler pour une si bonne œuvre.

Duchesne, en ses Antiquités des villes, dit que Béraud et Vandelmode, sa femme, afin de rendre ladite église plus remarquable et recomman-

1. Ci : Fol. 1215, /';/ Gebuino Lvgd., et fol. 112, in Landrico Matiscon.

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dable la décorèrent d'un beau marbre blanc qui s'y voit encore, auquel est sculpté en ouvrage un sacrifice antique appelé suovetaurilia des latins, ouvrage où le prêtre, assis en une chaire, paré des ornements d'un pontife et tenant la coupe sur l'autel, par-dessus les entrailles des bêtes immolées ; en ce sacrifice, étaient offertes et immolées trois sortes de bêtes, savoir est : des taureaux, des pourceaux et des brebis, lesquelles sont si bien relevées en cette tablature de marbre, les unes menées au sacrificateur, les autres déjà immolées, que c'est bien l'une des plus rares et admirables pièces du royaume. Paradin dit la même chose en son Histoire de Lyon l .

Claude Paradin dit, dans ses Alliances généalogiques, que Bérard et Vandelmode, sa femme, furent les premiers fondateurs de l'église collégiale de Beaujeu, qu'ils allèrent à Rome avec leur fils Humbert et Helmeest, sa femme, duquel lieu ils apportèrent, par consentement du pape, en ladite église de Beaujeu, les reliques contenues et écrites tant à la pancarte du trésor qu'au tableau affiché sur les vieux livres de ladite église, auquel lieu est aussi un autre tableau contenant la bulle du pape Alexandre, par laquelle il reçoit icelle église en la protection de l'Eglise romaine, laquelle bulle il adresse aux doyen et chapitre dudit Beaujeu, obtempérant à leur supplication et requête, et est ladite bulle datée de l'an 1070, au moyen de laquelle il appert que ladite église était déjà fondée et érigée en collège dès ces temps-là et auparavant.

On trouvera un acte aux preuves qui m'a été communiqué par M. Antoine Garil, très digne doyen de ladite église, qui justifiera à peu près ce que je viens d'avancer et en donnera de plus amples instructions,

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