L, T, C, B : Fuschini. J: Fuchins
à faire ny donner aucun détourbier, moleste ny empêchement, mais les laisser aller, venir, passer, repasser, avec leurs chevaux et armés de pistolés par tous et chacun les lieux et endroits de notredit gouvernement, les assistant et favorisant ' d'aide et secours en tout ce qu'ils en pourraient avoir besoin, étant lcurdit voyage par notre commandement et pour le bien et service de sadite majesté, en témoin de quoy nous avons signé la présente de notre main et à icelle fait mettre le scel de nos armes. Fait audit Lyon, le 29 jour de décembre 1568. François Mandelot. Denets. »
Ces trois frères, fils de Claude Paradin, bourgeois et marchand de Lyon-le-Saunier 2 et de Claudine Anchemard de Cuiseaux, avaient encore une sœur Pernette Paradin, laquelle fut mariée à Antoine Garil, bourgeois et marchand de Beaujolais 5, l'an 1553; de ce mariage vinrent Philippe et Antoine Garil qui fut mis en possession du doyenné de Beaujeu, le dernier juin de l'an 1589, et qui mourut le dernier avril 1641, ayant vécu cinquante ans dans ledit doyenné. Philippe eut, d'Étiennette Jaquet, entre autres enfants, Pierre qui, de Benoîte Morestin de Perreux, sa première femme, a eu Antoine Garil, aujourd'hui doyen, par la résignation de son oncle Antoine; et, de Laurence Laisnée, sa seconde [femme], a laissé Jacques Garil, avocat, et damoiselle Claudine Garil, femme de Me Pierre d'Aigueperse, sieur de d'Auvergnat, avocat en parlement, et lieutenant en la prévôté et châtellenie de Beaujeu.
Il faut que j'avoue que je n'aurais pu m'empêcher de placer M. le doyen aujourd'hui vivant, au rang des hommes illustres, si le commandement absolu qu'il a sur moi ne me l'eut défendu, à quoi j'ai eu beaucoup de répugnance d'ensevelir ainsi la vertu et d'éteindre une lumière qui luit si bien sur le chandelier de l'Église; c'est dommage de le mettre sous le boisseau pour l'empêcher d'éclairer, c'est un homme d'une piété singulière et d'un rare exemple dans la province, extrêmement assidu au chœur, où il est toujours le premier pour exciter ses confrères à l'inciter à bien faire le service divin, montrant par son exemple le soin que chacun doit avoir du ministère auquel il est appelé
I. L, T, C : fournissant. — 2. C, V : Lons-le-Saulnier. — 3. L, T, C, B, J, V : Beaujeu.
HISTOIRE DU BEAUJOLAIS llj
pour n'encourir la menace de l'Écriture qui donne malédiction à ceux qui font négligemment leur devoir r.
Baleure, fief du Beaujolais, se trouvant dans la paroisse de Dracé, § 27, il est constant que Pierre de Saint-Julien, de la maison de Baleure, doyen de Chalon et grand archidiacre de Mâcon, doit avoir ici sa place, puisque le pays de Bourgogne, dont il a fait l'histoire in-folio, lui est obligé du soin qu'il a pris pour rechercher les antiquités, comme aussi des diocèses d'Autun, Chalon et Mâcon.
Claude le Brun, seigneur de La Rochette, jurisconsulte beaujolais, a composé un gros ouvrage des procès civils et criminels, en divers volumes, l'an 1628.
Jacques Severt, chanoine de Beaujeu, puis docteur de Sorbonne et théologal de Lyon, a beaucoup illustré cette province par ses beaux écrits, et surtout par ce grand ouvrage qu'il a intitulé : Chronologia historica snccessionis hiérarchies illusïrissimorum archiantistiium Lugdunensis archiepiscopatus Galliarum primatus, imprimé in-fol.l'an 1628, à Lyon, chez Simon Rigaud.
Papire Masson, qui a si bien écrit de l'histoire de France, dit en son livre intitulé Descriptio Francité per flumina qu'il a fait ses premières études à Villefranche, en Beaujolais, ce qui fait conjecturer qu'il en était originaire, aussi bien que
Jean-Baptiste Morin, docteur en médecine et professeur royal aux mathématiques à Paris, qui naquit à Villefranche, le 23 février 1583, de Pierre Morin et Anne de Monceaux; à l'âge de 16 ans, il composa, à Aix, un abrégé de la philosophie magnétique de Gilbertus Anglus, ce qui le fit estimer de M. le premier président du Vair, il passa docteur en médecine à Avignon, le 9 mai 1613. Étant envoyé en Allemagne à la découverte des mines, il y composa son livre intitulé : Mundi sablunaris anatomia; l'année 1629 il fut fait professeur royal aux mathématiques à Paris, à la sollicitation de la reine mère qui l'aimait. En 1623, il découvrit les vraies raisons de la cabale des douze maisons célestes, sous le titre de Astronomicarum domorum cabala détecta-, l'année suivante, il répondit aux thèses d'Antoine Veillon, appelé ordinairement le philosophus miles. En 1633, il mit sous la
I. G, J : makdictus qui facil opus Dei ncgïigenter. Jeremiœ, 48, 10.
presse le trigonomètre, la doctrine des triangles, tant plans que sphériques, à laquelle il donna le titre de Trigonométrie canonicx libri très ; quelques années après, il Ht un petit traité contre les athées quod Deus sit, qu'il dédia à MM. du clergé, assemblés lors à Paris, et qu'il remit depuis sous la presse, en l'année 1655, après l'avoir augmenté, et lui avoir donné le titre de Ver a cognitio Dei ex lamine naturali; en 1650, il donna au public les tables Rudolphines, petit livre très nécessaire pour dresser les figures célestes; quatre ans après, il donna ses remarques astrologiques sur le commentaire de Centiloque, attribué à Ptolémée; en 1656, il entreprit de réfuter la méchante opinion des préadamites sous le titre de Réfuta tio compendiosa erronei ac detestandi libri de Prœadamitis, il a fait alex telluris fractœ, contre le mouvement de terre que Pythagore et son disciple Aristarque avaient proposé plus de 2.000 ans auparavant, renouvelé par Copernic, Tycho Brahé, Galileo Galilei et Gassendi, et contre ce dernier qui avait fait la philosophie d'Epicure, il fit un livre des Atomes et du vuide qui sont les deux principes de cette doctrine et ensuite il lui fallut répondre à YAnatomia ridiculi mûris Franscici Bernerii par une épitre de Vincentii Panurgi de tribus impostoribus . L'an 1634, il prouva la démonstration des longitudes, dans la grande salle de l'Arsenal, le jeudi pénultième de mars, dont il eut deux mille livres de pension sur l'abbaye de Royaumont, ouvrage qu'il a laissé au public, sous le nom d3 Astronomie jam afundamentis intègre et exacte restituta, et ensuite son livre Astrologia gallica, pendant l'impression duquel il rendit le tribut à la nature, l'an 1656, ayant laissé plusieurs autres manuscrits.
Jean de Bussières, théologien de la compagnie de Jésus, natif de Beau jeu, a fait imprimer divers ouvrages entre autres le Scanderberg, poème héroïque, un riche traité de l'histoire de France en quatre volumes, un joli abrégé de l'histoire qu'il a nommé Flosculi historiarum, qu'il a depuis traduit en deux volumes français, comme aussi les sermons du R. P. Oliva, général de la compagnie, prononcés devant Sa Sainteté, en 4 volumes in-40, trois en fort beau style latin et un en français; les vies de saint Ignace et de saint François-Xavier, en français; les méditations pour tous les jours de l'année, en 4 volumes, en français. Il travaille continuellement à quelque nouvelle production de son esprit dont il abonde. Il est frère du R. P. Hilarion, capucin, de dom
Pierre de Bussières, prêtre, prédicateur et prieur cloîtrier de Coincy de l'ordre de Cluny, de feu dom Guillaume de Bussières, religieux à Aisnay de Lyon et de Aimé de Bussières, conseiller et procureur du roi en l'élection de ce pays, et de sœur Marie-Françoise de Bussières, religieuse à Sainte-Elisabeth de Lyon, de feue sœur Agnès de Saint-Jean- Baptiste, aussi religieuse du même couvent, tous enfants de François de Bussières, très fameux avocat et juge de Beaujeu, et de Marie de la Tour.
Claude Guillaud, natif de Villefranche et docteur en théologie, de la maison de Navarre à Paris, fut curé de Villefranche, et pourvu ensuite, par son mérite, de la prévôté de l'église d'Autun, illustre par les fameux ouvrages qu'il a donnés sur les épîtres de saint Paul et plusieurs autres livres de considération dans le dernier siècle.
Le R. P. Jean-Pierre de la Mère de Dieu, natif de Villefranche, en Beaujolais, appelé au monde N. Chassagne, fit profession dans le couvent des carmes déchaussés d'Avignon, le 6 juillet 1641; ayant été mis aux études, il réussit merveilleusement bien en philosophie et théologie et, comme l'on vit en lui plusieurs belles dispositions pour servir dans les missions, on l'envoya à Rome pour y apprendre la controverse et les langues du Levant, dans le collège de la Victoire, où ayant donné des marques d'une vertu solide et d'une capacité telle qu'on recherche dans les religions pour les envoyer aux missions, il fut envoyé à Alep, ville de Syrie, où il s'arrêta dans la résidence qu'y ont les carmes, et s'y perfectionna, en peu de temps, sous la conduite du R. P. Bruno qui est mort en odeur de sainteté, qu'il commença à prêcher en langue vulgaire du pays et à travailler conjointement avec ce père à la conversion des hérétiques de diverses sectes qui se trouvent en ladite ville, et à conserver dans leur devoir les marchands français et autres Européens qui y demeurent pour le négoce. Par sa vertu et par sa doctrine, jointe à un solide jugement, il se rendait aimable à tous, il fut député en Jérusalem par M. Piquet, consul de la nation française, pour rendre le vœu qu'il avait fait d'aller en pèlerinage en ce lieu. Il fut envoyé, par ce même consul, à Constantinople, pour soulager les marchands chrétiens d'Alep qui étaient accablés par les avanies continuelles que le bâcha leur faisait; il obtint du grand seigneur ce qu'il souhaitait et ensemble un passeport pour lui, afin de pouvoir
120 HISTOIRH DU BEAUJOLAIS
librement agir pour l'exercice de sa charge sans qu'on lui portât empêchement, lorsqu'il prêchait aux hérétiques orientaux pour les convertir à la foi. Après la mort du R. P. Bruno, il fut choisi par ses supérieurs [pour] vicaire provincial des missions du Levant, charge qu'il a exercée jusqu'à sa mort et, par ses soins, exhortations et aumônes, il a converti plusieurs hérétiques et a fait élire un catholique pour patriarche d'une secte hérétique, qui, après avoir reconnu le pape pour vicaire de J.-C, s'est soumise a l'Église, ayant fait profession de foi, et a consacré les évêques et prêtres catholiques et a continué à travailler a la conversion de son peuple. Il a fort contribué à ce que les Maronites se soient soumis au pape, et se sont purgés de quelques erreurs qu'on avait introduites parmi eux, au préjudice de la pureté de l'évangile. Il a composé quelques livres en arabe (que j'ai vus et maniés dans le voyage que je fis en sa compagnie a Paris, l'an 1665), pour aider à instruire les fidèles du pays, et encore quelques manuscrits en français, traitant de la controverse et de la manière qu'il faut observer pour convertir ces hérétiques du Levant. Il a fait deux voyages en France pour les affaires de la religion. Il a eu diverses conférences avec le roi et autres princes et grands seigneurs, tant de la cour de France que d'Italie. Il a ramassé quelques aumônes considérables desquelles il s'est servi pour assister charitablement les chrétiens d'Alep et de ses missions, et, ne pouvant pas retirer de l'Europe toutes les aumônes qui étaient nécessaires pour secourir les misères de tant de personnes, il a engagé ce peu qui était dans la résidence d'Alep, ayant mérité, par cette sainte prodigalité, la qualité de distributeur fidèle et prudent dispensateur, comme tant d'autres saints et vrais missionnaires qui l'ont précédé et se sont eux-mêmes exposés a la nécessité pour secourir les autres. Il ne s'est pas arrêté à donner ce qu'on avait commis à sa charge et confié à sa conduite, il s'est lui-même consacré pour le service des malades pestiférés et quoique son emploi de vicaire des missions le dût dispenser de s'exposer, il le fit toutefois, nonobstant tous les obstacles qu'on tacha d'y apporter pour le détourner de ce dessein qui ne pouvait être plus louable dans une conjoncture si dangereuse et qui devait être si funeste aux missions par la perte de sa personne . Après avoir quelque temps vaqué à ce saint emploi, il fut frappé de la peste de laquelle il mourut, le 3 juillet 1669. Dès aussitôt qu'on sut
qu'il était malade, les autres missionnaires qui s'étaient aussi exposés lui rendirent tous les devoirs que son excessive charité demandait; les chrétiens, les Turcs mêmes s'exposèrent pour le servir, sa mort fut généralement pleurée de tout le monde d'Alep. La violence de la peste ni le danger où ils se jetaient, conversant les uns avec les autres, ne fut pas capable de les retenir, ils voulurent lui rendre les derniers devoirs en accompagnant son corps à la sépulture; il se trouva plus de six mille personnes à ce convoi que la seule charité et reconnaissance avait fait ; son corps fut porté avec toute la pompe qu'on observe en Europe. Pour honorer la mémoire d'un si saint homme, le peuple, le clergé et les missionnaires ont fait graver cette épitaphe sur son tombeau qui publiera éternellement ses vertus et sa charité, [charité] qui Ta ravi à la terre pour l'élever dans le ciel.
Hic jacet Reverendissimus Pater Joannes
a Matre Dei Lugdunensis, vicarius
provincialis mlssionum carmelitarum
dlscalceatorum, epidemia pestiferorum
Servitio OBLATUS CHARITATIS VICTIMA OBIIT ANNO INCARNATIONIS DOMINICE
MDCLXIX die 3 julii Religionis XXX,
.ETATIS L '.
Il est à remarquer qu'en son dernier voyage en Europe, l'an 1665, il apporta, à Alexandre VII, la profession de foi de trois évêques schismatiques, et qu'à son retour les hérétiques lui ont donné deux fois du poison pour le faire mourir, de quoi il a été préservé 2.
1. J ajoute : « On disait y avoir ajouté ces mots du prophète Isar (sic) : Gloria Libani data est décor Carmeli de Savoye (?). — 2. Dans les mss. D et T est intercalé ici un chapitre XII : « Généalogies de quelques familles du Beaujolais : I, famille des Garnier, srs des Garets ; II, famille des Bottu ; III, famille de Saint- Amour ; IV, familles de Propières et de Chandieu ; V, famille de Noblet srs de Chenelette; VI, famille de Ronchivol, sr de Pramenou; VII, famille de Rébé; VIII, famille de Sainte-Colombe; IX, famille des Serpents, srs deGondras », suivi des chapitres XIII : « De l'état des fiefs du Beaujolais et en quelles paroisses ils sont situés », 9e chapitre de la seconde partie du ms. G ; XIV : « Des fiefs et biens allodiaux, 10e de
la seconde partie du nis. G ; XV : « De quelle nature de fiefs sont ceux du pays de Beaujolais, 11e de la seconde partie du ms. G; XVI : « Des armoiries, timbre, supports et cri de guerre des seigneurs de Beaujeu », 13e de la seconde partie du ms. G. Toutes ces généalogies sont reproduites textuellement dans le ms. G., celle des Garnier, p. 230; celle des Bottu, p. 281 ; de Saint-Amour, p. 321; de Propières,
p. 355; de Noblet, Ronchivol, Sainte-Colombe, de Rébé, des Serpents. Le ms. V
ajoute seulement, chap. XIII : Généalogies de quelques familles.
SECONDE PARTIE