INTRODUCTION XIX
cœurs de la douleur la plus vive ; nous osons la déposer dans le sein de votre Altesse Sérénissime dont notre province et notre compagnie ont si souvent ressentis les bontés ; l'article premier de cet édit porte que les conseils supérieurs connoitront au souverain et en dernier ressort de touttes les matières civilles et criminelles dans toutte l'étendue des baillages qui forment leur arrondissement et l'état annexé souz le contre scel de l'édit nous annonce que notre baillage sera à l'avenir du ressort du conseil de Lyon. L'article 6 ordonne que les officiers des baillages seront receus et prêteront serment au conseil supérieur auquel ils assortiront, les dispositions de ces deux articles nous obligent, Monseigneur, à présenter à V. A. S. les observations que notre zélé pour vos intérêts et notre situation personnelle ne nous permettent pas de différer. Votre tribunal, Monseigneur, est juge naturel de votre domaine du Beaujollois, touttes les contestations aux droits utils et de suzeraineté de V. A. S. et à ceux des fermiers dans cette baronie sont portés devant vous, et les appels de nos jugements ont jusqu'icy ressortis au parlement de Paris. Suivant la nouvelle loy ces apels seront portés à l'avenir au conseil étably à Lyon ; dans ces circonstances nous croirions manquer à notre attachement respectueux pour les intérêts de votre A. S. si nous ordonnions la promulgation d'une loy qui leur prescrit de nouveaux juges souverains, sans être auparavant instruits si votre A. S. consents à les reconnoitre et veut se soumettre à leur décision.
L'article 6 concerne spécialement vos officiers, il nous ordonne de reconnoitre à l'avenir les officiers du conseil étably à Lyon et par une suitte nécessaire d'oublier nos premiers supérieurs ; le serment que nous avons prêté au parlement semble ne pas nous permettre de nous soustraire à son exécution. La confiance dont cette cour auguste nous a honoré ne saurait s'effacer de nos cœurs, nous luy devons de la fidellittc et de la reconnaissance; la jalousie qui subsiste depuis longtemps entre les officiers de Lyon et notre compagnie les difficultés multipliées que nous avons eues ne nous présenteroient que des humiliations auxquelles les officiers de votre Altesse ne doivent pas être exposés.
Ces motifs Monseigneur ne nous laissent pas d'autre party à prendre que celuy de suplier votre Altesse de voulloir bien agréer les démissions volontaires de vos officiers; démissions que nous offrons d'avance dans l'amertume de nos cœurs parce que nous cessons d'être util à votre Altesse et à notre patrie mais que les circonstances malheureuses nous font regarder comme indispensables; les derniers et les plus ardcns de nos vœux seront que votre Altesse trouve dans nos successeurs le zélé et la vigilance qui nous animoit pour le plus cher et le plus grand de tous les princes. Que des