L : Neully. — 2. L, T, C, B, J : Audonr
La seigneurie et la justice de ce qui est dans le Beaujolais appartient au marquis de Rébé qui en est haut justicier, comme dépendant de sa châtellerie de Chavagny-le-Lombard, et le sieur Antoine de Montrichard y a un château en franc aleu dont il est le seigneur, nommé La Brosse, de la même justice de Chavagny.
Dans le lieu de Vers est le château de la Garde-Malzact, en Maçonnais, en toute justice, qui a même deux autres villages dans la paroisse, savoir ceux de Feuillées et de Saint-Clément.
XXXIII. Proprières, 58e paroisse. — Assez pauvre pays, de Pévêehé d'Autun et de la nomination du chapitre d'Aigueperse dont le curé est chanoine. Le chapitre de Beaujeu a la plus grande partie du dîme. Il y a un château nommé La Farge qui appartient au sieur duc de Lesdiguières, appartenait autrefois, et l'an 1559, à noble Pierre de Foudras, comme appert d'un dénombrement rendu, le 24 février de ladite année, par dame Antoinette de Mathe, veuve de feu noble Pierre de Foudras et par Louis de Foudras, leur fils, pour la maison forte et château de La Farge et ce qui en dépend, assis en la paroisse de Proprières, comme aussi pour la maison de Mommay, assise en la paroisse de Quincié.
Il y a une mine à Proprières, comme appert d'un mémorial de Jean Magnein, de Beaujeu, censier de ladite mine, sur la fin de l'année 1458 et commencement de l'année 1459, fait en l'espace de moins de 16 mois es dites mines à savoir : argent, 7 marcs, 16 onces et demie, trois deniers; plomb, 113 quintaux 70 livres.
Il y a quatre foires audit lieu de Proprières, obtenues par Jacques de Chandieu, écuyer, seigneur dudit lieu, au mois de mars 1620 '.
La haute justice fut acquise, des commissaires de M. le Duc, le 2 septembre 1606, par Jacques de Chandieu, écuyer, seigneur de Proprières, des cens, servis, rentes et droits seigneuriaux appartenant à S. A., en et sur la paroisse de Proprières, dépendant de la châtellenie de Tourvéon, à la réserve du ban 2, etc.
J'ai dit que, l'an 1606, noble Jacques de Chandieu acquit la haute justice du lieu de Proprières, car de toute ancienneté lesdits sieurs
1. G : « fol. 405 du trésor. » — 2. La généalogie suivante est insérée chap. XII, ire partie, dans les manuscrits T, D; chap. XIII, manuscrit V.
avaient la moyenne et basse justice, comme il appert d'une enquête faite, l'an 1394, sur la plainte portée au roi Charles V, par Milon de Proprières, de ce que, du vivant de Lancelot de Proprières, son père, Jean de Marbos, dit Piétrequin, châtelain de Château-Neuf, avait fait démolir un pilori ', pour la haine qu'il portait audit seigneur, lequel pilori était la marque de juridiction que ledit Lancelot et ses prédécesseurs avaient eue de tout temps audit lieu, si que de mémoire d'homme il n'apparaisse rien du contraire. Le roi, par ses lettres données a Paris, le 20 novembre audit an, manda à Hugonnet de Saint- Maurice, châtelain en ladite châtellenie de Château-Neuf, qui avait succédé audit Pétrequin, d'informer avec le procureur général de Mâcon, ce qu'il fit étant venu sur les lieux de Proprières, le lundi 15 mars, et ayant fait appeler le procureur général de M. de Beaujeu, après l'audition de dix-huit témoins dont le premier fut Jean de Laye, chevalier, seigneur de Saint-Lagier; il ordonna par sa sentence rendue, le 18 dudit mois et an, que ledit pilori serait redressé en signe de juridiction qu'avait ledit seigneur de Proprières, audit lieu, et un vieux terrier, de l'an 1304, dit que les hommes de Proprières sont levantes, cubantes, taillabiles, corveabiles, expletabiles .
Le susdit Lancelot de Proprières avait épousé Sybille de Charnay, comme il appert du testament de ladite Sybille, du 20 juin 1 361, où elle fait mention dudit Lancelot, son mari, de Louis de Proprières, son oncle, et donne à Sybille de Franchelins, religieuse de Saint-Pierre de Lyon, vingt florins d'or, payables en quatre ans et à Eléonore de Franchelins, sa mère, cinq florins d'or et fait héritier sondit mari, Lancelot, de tous ses biens, et veut être enterrée en l'église de Lyon, au tombeau de Guy de Franchelins jadis chanoine dudit Lyon.
Ce Lancelot eut encore une fille nommée Ancelise de Proprières, laquelle fut mariée à Pierre de Chandieu 2, cadet d'une noble et ancienne maison de Dauphiné et dans le Viennois, laquelle, au rapport de M. Guy Allard, avocat en parlement, était composée de plusieurs paroisses comme Marennes, Toussieu, Chaponay, Rajact, Meisieu et autres qui ont été démembrées en divers temps et a commencé par
1. L, T, C, B, J, V : dit collistrigium. — 2. G, Chandieu porte de gueules au lion d'or armé et lampassé de sable; tenant deux anges en dalmatique; cimier, une tête ou massacre de loup.
Berlion de Chandieu, qui vivait en 1127, et qui a continué jusqu'aujourd'hui sans interruption, en la personne de messire Charles de Chandieu, marquis de Chapes, etc. Ce n'est pas que ledit sieur Allard ne la fasse monter plus haut, faisant vivre un Amblard, seigneur de Chandieu, en 944 ' et un Hector, seigneur de Chandieu, en 982, et encore que, dans le onzième siècle, il y avait un Etienne de Chandieu, chanoine et comte de Lyon, et un Isnard de Chandieu qui contracta mariage, l'an 11 12, dans la maison de la Palu, père, comme il présume du susdit Berlion qui vivait en 1127. Guichenon, en son histoire de Savoie, fol. 350, dit qu'un Jean, seigneur de Chandieu, fut caution du traité entre Amé le Grand, comte de Genève et le dauphin, l'an 1287 2. Voyez fol. 356 de ladite histoire.
La lignée de ce Berlion a continué sans interruption, dans le Dauphiné, jusqu'à Pierre de Chandieu, coseigneur dudit lieu, qui rendit hommage au dauphin, l'an 1414, pour la portion qu'il avait en la terre de Chandieu et qui passa dans le Beaujolais, à cause de l'alliance qu'il prit avec Ancelise de Proprières, dame de Pôle, fille et héritière de Lancelot de Proprières, seigneur dudit lieu de Pôle, de Chaboste, de Jarnioux et de plusieurs autres terres en Beaujolais qui obligèrent cette famille d'y passer et quoique cette famille de Proprières fût une branche de celle de Fougères, de laquelle est le vicomte d'Oing 5, néanmoins elle ne laissait pas d'être grandement considérable.
Pierre eut Antoine, Claude, Ancelise, femme du sieur de Sarron, et Claudine, du sieur de La Raffinière.
Antoine de Chandieu, damoiseau, fils et procureur de noble Pierre de Chandieu, seigneur dudit lieu et de Fougères, et de Ancelise de Proprières, sa femme, ses père et mère, confessent tenir en fief et hommage lige, l'an 1459, du duc de Bourbon et d'Auvergne etc., seigneur et baron de Beaujeu, sa maison forte de Proprières, et en a la juridiction haute, moyenne et basse, mère et mixte, impère qu'ils avaient et leurs prédécesseurs toujours eue et exercée audit lieu de Proprières, à cause de leur dite maison forte. Il fut mis au rang des nobles de Dauphiné dans une revision de feux de l'année 1475, et épousa Jeannette de la Guiche, fille de M. Gérard de la Guiche, le
1. L, T, D, C, B, V : 982. — 2. L, T, D, C, B, V : 1282. - 3. G : Oîngt porte d'azur au chef lozangé d'or et d'azur.
10 novembre 1450, et eut plusieurs enfants, dont deux parurent avec beaucoup de gloire dans la bataille de Fornoue, l'an 1495, où l'un d'eux fut tué et l'autre, quelque temps après, dans un combat sous Louis XII contre les Bourguignons, en Italie, où le chevalier Bayart fut fait prisonnier '.
Jean, leur frère et fils d'Antoine, continua la postérité et eut pour femme Françoise d'Amanzé, fille de M. Jacques d'Amanzé et d'Étiennette de Chantemerle, comme appert du testament dudit Jean, le 8 octobre 1500, où il nomme pour ses enfants Guillaume, qui décéda sans postérité de Claudine de Tardes, il fut du tournoi que le duc de Valois et de Bretagne firent, l'an 15 14, sur l'arrivée de la reine Marie d'Angleterre en France. Il avait fait le dénombrement, le 4 mars 1539, pour sa maison noble de Proprières, avec la forêt de Busserande, assise en la paroisse de Ranchat, appartenances et dépendances, plus pour sa maison forte de Fougères étant de l'arrière-fief dudit Proprières, Saint- Didier, Vernay, les Ardillats, Chanelettes et Arnas, plus pour sa maison noble de La Roche et ce qui en dépend et pour la seigneurie de Tourvéon qu'il avait acquise du roi. Miles de Chandieu a continué. Bertrand fut d'église, en 1556; Ancelise épousa Philibert de Saint-Point, et d'elle naquirent les dames de Saint- Vidal, de Saint-Cassin, de Livron, de Vinzelles ; Claudine épousa Girard de Fougères, seigneur de l'Étoille.
Miles de Chandieu se signala à la bataille de Pavie, où il fut prisonnier et délivré par le traité de Madrid, et fut tué en la bataille de Dreux, l'an 1562, où le prince de Condé et le connétable de Montmorency, généraux des deux partis, furent faits prisonniers. Il eut pour femme Claudine du Molard, dame de Chabotes, laquelle testa le Ier avril 1558, et laissa Bertrand, Antoine et François.
Antoine de Chandieu fut un des savants hommes de son siècle et un des favoris de Henri IV qui se plaisait fort en sa conversation, qui l'envoyait visiter dans sa retraite et lui écrivait des lettres très obligeantes; il se maria avec Françoise de Félins, fille de noble Gréon de Félins, seigneur de Bauthelu et de Jeanne de Sens. Ce fut lui et Bertrand son frère qui vendirent la paroisse de Marennes, dépendant de la baronnie de Chandieu, à N. Guillaume de Bourrelin 2, par contrat