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T, C, B, J : maison forte

Vente faite, par les commissaires de M. le Duc, le 16 janvier 1604 r, à Rolin de Sainte-Colombe de Semur, écuyer, seigneur de Laubespin, des cens, servis, droits de justice et autres droits seigneuriaux appartenant à S. A. R., en et sur une partie de la paroisse de Fourneaux, du côté du midi et du soir, divisée, le même jour, entre ledit seigneur de Sainte-Colombe et Pierre de Sarron, écuyer, seigneur des Forges, acquéreur d'une autre partie dudit bourg et paroisse de Fourneaux, ainsi que ladite paroisse se comporte, ensemble des cens et servis dus sur les fonds de La Grange, assise en la paroisse de Chirassimont, à la réserve, etc., avec la vente de l'autre moitié audit seigneur de Sarron.

XL Thi^y, 98e paroisse. — Du diocèse de Mâcon, se doit considérer en sa ville et en son bourg ; la ville est située sur une haute montagne qui a été autrefois une des places fortes du royaume, consistant seulement en un grand château, dans l'enclos duquel il y avait plus de deux cents maisons, lequel château avait été plusieurs fois assiégé mais en vain, sans jamais avoir pu être pris. On croit qu'il fut bâti par les seigneurs de Beaujeu, et démoli par les ordres du roi, à la sollicitation des habitants de Lyon, pour l'incommodité que la garnison dudit lieu qui était de cavalerie et d'infanterie portait aux passants sur le grand chemin de Paris à Lyon, de même que celui de Fronsac en Guyenne, amenant dans la place toutes les charrettes, chariots et mulets qui passaient sans passe-port du gouverneur. Il ne reste rien aujourd'hui de la place que le donjon, qui est encore démoli, et qui, dans ses ruines, embellit la ville pour ce qu'on y a planté des arbres qui font une espèce de labyrinthe, donnant une agréable fraîcheur à ceux qui s'y vont promener l'été, d'où ils découvrent de loin une belle plaine fertile en blé ; au milieu de ce haut tertre ou cavalier, parlant en terme de garnison, il y avait une citerne dont le ciment est aussi bon que s'il venait d'être fait et peut tenir quatre mille muids d'eau.

Là proche, est une des paroisses de la ville qui n'est pourtant qu'une annexe du prieuré qui est au bourg, et le curé, quoique archiprêtre de Beaujeu, est de la collation du prieur du bourg ; sa maison presbytérale ressent bien l'honneur d'une ville si ancienne, il est magnifiquement

loge, tant pour le bâtiment, jardins, bocages, belle vue et promenade du labyrinthe susdit qui l'avoisine.

A l'autre bout de la ville, il y avait autrefois une autre paroisse qui est encore une annexe de celle de Marnant, qui est à un quart de lieue de là, de sorte qu'il semblerait que l'assiette de ce lieu aurait incité les habitants à s'y retirer et fortifier. Dans l'enceinte de ces deux paroisses de Marnant est le prieuré du Bourg-de-Thizy qui, à mon avis, doit être plus ancien que Thizy, puisque la principale paroisse en dépend.

Cette place ' était des ducs de Bourgogne, aussi bien que Bellevillc et autres, puisqu'il y a, dans le trésor de Beaujolais, lettres de mainlevée du duc de Bourgogne pour les villes et château de Belleville, Thizy et autres, saisis par les officiers dudit duc de Bourgogne, pour le défaut d'hommage, fait par Edouard de Beaujeu, du 16 août 1400, ensuite de quoi sont les lettres de Louis de Bourbon, contenant reconnaissance dudit fief, du 8 novembre de la même année.

Comme Thizy appartenait à MM. de Beaujeu, ils en firent une châtellenie de laquelle dépendaient 24 ou 25 paroisses, et cette châtellenie avait son juge d'appeaux dont les sentences allaient par appel directement au parlement, telles paroisses étaient la franchise de Thizy : Marnant, Saint-Victor, Combres, Montagny, Mardore, Cours, Boyé et Jarnosse, Sevelinge, Lagresle, Thel, Ranchat, Coutouvre, Consié et Mars, etc.

Et, pour mieux voir l'importance de la place, il y eut procès entre Mme Marie de Berry, duchesse de Bourbonnais, et noble Philippe de Russins, touchant le guet et garde du château de Thisy, d'où dépendaient plusieurs chacipoleries destinées pour la garde de ce château, notamment celle de Boyé, dans laquelle est le château de Russins. La demande de ladite dame est du 11 avril 1415, enquête faite de l'ordonnance du bailli de Mâcon, à la requête de ladite dame, contre ledit sieur de Russins, ladite année. Autre enquête, à la requête dudit seigneur de Russins, de la même année, et de l'ordonnance dudit bailli.

Cette châtellenie, terre et seigneurie de Thizy, fut vendue, le 21e jour d'août 1522, par-devant Pierre des Granges, clerc, notaire juré de la chancellerie de Bourbonnais 2, par très haut et très puissant prince

1. J : paroisse. — 2. G : Coffre 9, liasse 7, fol. 277, vol. VIII.

Charles de Bourbonnais et d'Auvergne, comte de Clermont, de Forez, de Montpensier et de La Marche, baron de Beaujolais, pair, chambrier et connétable de France, qui, de son bon gré et volonté, vendit, céda, réunit et transporta, à perpétuité, à noble et puissant seigneur messire Philibert de Beaujeu, chevalier, seigneur de Lignières et d'Amplepuis, présent, stipulant et acceptant pour lui et les siens et pour le prix et somme de onze mille deux cents livres tournois dont ledit seigneur de Lignières bailla et délivra, loyalement x et de fait, la somme de dix 2 mille livres tournois et le surplus montant ledit seigneur duc confessa l'avoir reçu dudit seigneur de Lignières dont il était très content, c'est à savoir le châtel et châtellenie, terre et seigneurie de Thisy ; audit pays de Beaujolais, avec ses appartenances et dépendances quelconques, soit justice haute, moyenne et basse, mère, mixte, impère, et juridiction, droit de bailliage et juge ordinaire, greffes, sceaux, pies causes, hommes et femmes, et tout ce qui en dépend, cens, rentes, garennes, guérets, forêts, eaux, étangs, moulins, dîmes, percières 3, prés, pâturages, terres, noms, raisons et actions et tous autres droits et appartenances quelconques, sans aucune chose réserver ni retenir par ledit seigneur le duc, fors et excepté le fief et ressort devant le juge d'appeaux de Beaujolais, lequel juge d'appeaux sera, par ledit seigneur duc, constitué et ordonné dudit lieu de Thizy, tant que demeurera seigneur, ledit seigneur de Lignières et les siens, de la terre et seigneurie de Thizy, pour connaître des causes d'appel provenant à cause et moyen de ladite terre de Thizy seulement, sans autre chose déroger, au siège de Villefranche, où se tient le siège du juge d'appeaux, etc. A quoi a été présente et personnellement établie très haute et très puissante princesse, Mme Anne de France, duchesse de Bourbonnais et d'Auvergne, usufruitière de ladite baronnie de Beaujolais et châtellenie de Thizy, laquelle, de son gré, a alloué , agréé et approuvé et consenti ladite vendition, en tant que lui touche, etc.; à la charge que la capitainerie dudit Thizy demeurerait et appartiendrait à Jacques d'Availlé, fils du seigneur d'Availlé, et audit seigneur d'Availlé, auquel ladite dame l'avait donnée et au survivant d'eux à quelque main que ladite seigneurie revint pour en jouir par ledit survivant d'eux aux gages et

1. T : loyaument. — 2. L, T, C, B : six. — 3. L, T, C : pasciers ; G, B, J : parcicrs.

autres émoluments accoutumés. Fait à Moulins, présent noble homme Me François de Barbançois, président de Bourbonnais, Jean de Pierreville, conseiller et maître d'hôtel ordinaire dudit seigneur.

Après le décès dudit seigneur de Lignières, sans enfant, elle fut saisie et mise entre les mains du roi, le 21 décembre 1541, puis rendue aux héritiers de Catherine d'Amboise, héritière dudit seigneur de Lignières, remariée dans la maison de Nevers. L'an 1578 et le 10 mars, par-devant Pierre Cajardet et Claude Boreau, notaires jurés du roi en son Châtelet de Paris, très hauts et puissants prince et princesse Ludovic de Gonzague et Mme Henriette de Clèves, son épouse, duc et duchesse de Nivernais, vendirent, l'un pour l'autre, à noble Claude de Rébé, écuyer, seigneur dudit lieu de Rochefort et de La Gardette en Beaujolais, etc., la châtellenie, terre et seigneurie de Thizy, en toute justice, création, institution et destitution d'officiers, en une maison forte appelée le donjon dans le châtel dudit Thizy, cens, servis, rentes, directe, lods, milods, investisons, reconnaissances, péage et marché, lieu des foires, bouchages, que garde Dieu, chasse, domaine et autres droits et devoirs seigneuriaux, en la forme et manière que feu les ducs de Nivernais, père et frère de ladite dame duchesse, en avaient joui et ensemble la terre d'Amplepuis, et l'on peut voir le reste au paragraphe 81 d'Amplepuis.

Déjà auparavant, les guerres civiles s'étant émues dans le royaume pour le fait de la religion et la succession du roi Henri IV à la couronne, Zacharie de Rébé, fils de Claude susdit, seigneur du château et donjon de Thizy, tint bon, lui seul, pour le roi, lorsque toute la province de Beaujolais était unie et liguée avec celle de Lyonnais contre son service, de sorte que Thizy fut assiégé par les armées de la Ligue et bien défendu par ledit seigneur de Rébé qui se fit signaler ' ; mais, comme il n'était pas pour souffrir les efforts de tout un gouvernement, il fallut se rendre et composer. Voici les articles de la reddition, du premier août 1590 :

« i° Le sieur de Rébé remettra le château de Thizy entre les mains de M. de Chevrières, pour en disposer à sa volonté et selon le commandement que M. le marquis de Saint-Sorlin luy en fera, et ainsi que l'autorité de la guerre luy donne, à la charge aussi par ledit sieur de

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