INTRODUCTION VII
tique qui, en histoire, comme en sciences pures, a pour base le scepticisme le plus absolu, néglige l'œuvre et l'auteur pour s'en tenir à la seule expérience, au seul document.
Ce procédé pédagogique malheureusement trop usité nous a valu nombre de compilations historiques qui ne sont que des redites, nombre de thèses plus ou moins paradoxales qui n'ont mis en valeur que le talent d'écrivain ou la subtilité d'esprit de leurs auteurs. Si Louvet n'avait eu que ces qualités, son histoire du Beaujolais aurait pu rester manuscrite sans inconvénient, ne risquant point d'apporter à la critique historique moderne d'autres éléments que ceux qu'aurait pu lui fournir un régent de collège quelconque du xvne siècle.
Mais, heureusement pour nous, il n'était professeur que par accident et s'il faut éliminer de son œuvre la plupart des passages dans lesquels il prétend enseigner, le reste, et c'est la majeure partie de l'ouvrage, où, réduit à faire des recherches personnelles, il se contente, comme un simple annaliste, d'analyser des documents d'archives et de citer des sources, peut de nos jours encore rendre des services inappréciables.
Pénétrant un jour dans la chambre du trésor, il pouvait voir étalés sur des pupitres, « côté bise », les terriers de Villefranche, Pouilly-le-Chàtel, Montmelas, Reneins, Belleville, Claveisolles, Tourvéon, Juliénas, Beaujeu, Varennes, Thizy, Perreux, Lay, Alloignet, Chamelet; « côté du midi », ceux de Trévoux, Ambérieu, Chalamont, Le Chàtelard, Lent, Beauregard, Thoissey, Villeneuve, Montmerle, et dans des coffres, cotés par lettres, qui s'ouvraient pour lui :
Coffre i A, les pièces relatives aux limites des terres du Beaujolais.
Coffre 2 B, celles relatives aux limites de la Bombes.
Coffre 3 C, des registres et liasses d'asservissements, des