‹ Histoire du BeaujolaisChapitre 89 sur 216 · PUIS DE CELUI DE FRANCE, ET DE RECHEF DE CELUI DE BOURGOGNE · texte numérisé non relu

PUIS DE CELUI DE FRANCE, ET DE RECHEF DE CELUI DE BOURGOGNE

SOMMAIRE. — /. Quel était le Lyonnais sous les empereurs jusqu'à la division de l'Empire. — 77". Sous les rois de Bourgogne de la première lignée. — III. Sous les rois de France, depuis Clovis jusqu'à Lothaire, de la seconde lignée. — IV. Qui l'aliène de rechef à Conrad, roi de la Bourgogne transjurane, qui le donne à l'Eglise de Lyon. — V. Difficulté de Severt touchant les comtes, décidée par M. le Laboureur. — VI. Les comtes de Lyon se rendent propriétaires de leur gouvernement après la mort de Rodolphe le Fainéant. — VIL Dont ils s' accommodent puis après avec les archevêques l.

I. — Les Gaules ne souffrirent point de changement sous les empereurs qui succédèrent à Auguste, jusqu'à la division de l'Empire en ceux d'Orient et d'Occident, sous les empereurs Arcadius et Honorius; il y eut bien quelque petite révolte sous Néron, suscitée par Vindex et sous l'empereur Galien, quand trente divers tyrans s'emparèrent de diverses pièces de l'Empire, mais ces soulèvements furent aussitôt apaisés qu'émus et suscités.

Le grand désordre de l'Empire arriva sous Honorius, environ l'an

i. Les mss. T, V portent : Sommaire. I. Etat des Gaules jusqu'aux empereurs Arcadius et Honorius. — II. Le Lyonnais et pays voisins est occupé par les Bourguignons. — III. Le Lyonnais cédé par Lothaire à Conrad Ier du nom, roi de Bourgogne, pour la dot de Mathilde, sa sœur. — IV. Lyon et le pays est donné par Conrad à Burchard, son fils, archevêque de Lyon, et à son église, avec la qualité de comte. — V. Difficulté de Severt expliquée par le Laboureur. — VI. Les comtes de Forez s'emparent de toute l'autorité dans le pays. — VIL Les archevêques conservent leur autorité dans la ville de Lyon. — Le ms. C n'a pas de sommaire.

400 et tant. Plusieurs nations septentrionales, voyant la discipline militaire des Romains relâchée, se jetèrent sur l'Empire à corps perdu, et rirent sentir à leur tour aux Romains ce qu'eux avaient fait auparavant à tant de peuples et nations qu'ils avaient envahis. Vous eussiez dit que c'était la corneille d'Horace qui, s'étant revêtue des plumes des autres oiseaux, après qu'elle s'en fut longtemps parée et qu'elle en fut devenue superbe, se vit tout à coup dépouillée à nu par ceux qui l'avaient accommodée. Je ne prétends pas ici parler des Vandales, des Ostrogoths, des Wisigoths, des Huns, des Alains, des Bretons, des Français et des Lombards qui s'emparèrent des plus belles provinces, mon sujet ne le requiert pas.

II. — Je dirai seulement que les Bourguignons, sortis d'Allemagne sous leur roi Gundisèle, occupèrent, environ l'an 408, tous ces pays deçà et delà la Saône, qui ont autrefois composé l'ancien royaume de Bourgogne, et que le Lyonnais, qui en faisait une principale partie, suivit la fortune des autres, jusqu'à ce que le grand Clovis, l'an 501, en conquit une partie pour les droits de sa femme Clotilde et la borna de la rivière de la Saône, laissant le reste au delà aux rois de Bourgogne et à leurs successeurs. Dans la conquête de Clovis, une bonne partie du Lyonnais s'y trouva comprise et c'est ce que nous avons depuis appelé le Forez et le Beaujolais, le reste de ce diocèse, compris entre les rivières de Saône et du Rhône, demeurant en son premier état sous ses anciens maîtres.

III. — Par cette conquête, le royaume de Bourgogne se voyant restreint au delà de la Saône, ce qui était en deçà demeura toujours depuis uni au royaume de France, tant sous les rois de la première lignée que sous ceux de la seconde, jusqu'à Lothaire qui démembra ce pays et en tira la ville de Lyon et le Lyonnais, qu'il bailla en dot, avec sa sœur Mathilde, à Conrad premier du nom, roi de la Bourgogne transjurane, l'an 955. Selon le P. Labbé et selon M. le Laboureur et le P. Saint-Aubin, l'an 967.

IV. — Conrad, devenu possesseur d'une si belle province, y mit des comtes pour la gouverner en son nom, comme étaient toutes les autres provinces. Quelque temps après, savoir l'an 979, Burchard, son

fils, inconnu au sieur Duchesne, ayant été pourvu de l'archevêché de Lyon, son père lui donna et à son église, toute la comté de Lyon et du Lyonnais, avec le consentement de Rodolphe le Fainéant, frère aîné de ce prélat et présomptif héritier du royaume de Bourgogne, nonobstant qu'il y eut mis des comtes pour gouverner le pays.

V. — Ce qui fait naître une difficulté à Severt comme quoi la comté de Lyon pourrait avoir été donnée à l'église par Conrad le Pacifique, au préjudice des comtes de Lyon, qui se trouvèrent en bon nombre, devant et depuis le règne de ce prince, et spécialement du comte de Forez, qui était en possession d'une partie de la justice et de la ville, avec plusieurs autres fiefs, deçà et delà le Rhône, qu'il vendit au chapitre par contrat de l'an 1 193 ' ; ce qui lui devait être échu de quelqu'un de ses devanciers, comtes de Lyon et de Forez. M. le Laboureur, en son histoire de l'Ile-Barbe, répond fort doctement à cette difficulté, disant que ces comtes, en leur origine, n'étaient que simples officiers institués pour rendre la justice, tant et si longuement qu'il plaisait au prince, avaient leur honoraire dans le gouvernement, et que la comté ayant été donné aux archevêques de Lyon en la personne de Burchard, il n'y avait pas d'inconvénient que le domaine et la seigneurie fussent en la main de l'un, et le droit d'administrer la justice en celle d'un autre, sous l'autorité du premier.

VI. — Il n'y a pas de quoi s'étonner qu'ils aient fait dans le Lyonnais, sous des princes ecclésiastiques, ce qu'ils ont bien osé entreprendre dans le royaume même, je ne dis pas sous un Charles le Simple ou sous un Hugues Capet, mais dès le temps de Charlemagne même et de Louis le Débonnaire et qu'ils se soient accommodés en effet de la meilleure partie du Forez et du Beaujolais, voire même du Lyonnais, qu'ils ont possédé héréditairement.

VIL — Quant à la ville de Lyon, poursuit cet auteur, la présence des évêques leur ayant servi de bride, ils n'y purent faire tels progrès qu'ils auraient bien souhaité; au contraire, ayant toujours trouvé de la résistance à leur dessein, ils se départirent à la fin de tout ce qu'ils

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