‹ Histoire du bréviaire romain (volume 2)Chapitre 116 sur 190 · P. t., t. CLI, p · texte numérisé non relu

P. t., t. CLI, p

l'office moderne et les DRÉVIAIBES 187

qu'on en ait ne remonte pus plus haut que le pontificat d'Innocent IIl*.

Nous arrivons, quatr lentement enfin, à l'office des morts.

L'usage d'accompagner au chant des psaumes le convoi d'un mort est un usage liturgique attesté dès le m' siècle. De même l'usage d'offrir le saint sacrifice de la messe pour le soulagement de l'âme du mort, « sacrificiunt pro dormitione », suivant la belle expression de saint Cyprien. Cette messe des morts n'était point célébrée seulement le jour de la déposition ou enterrement, mais à l'anniversaire, à chaque anniversaire de la déposition : et Terlullien, qui nous parle le premier de ces messes funèbres commémoratives, les appelle a oblattones annuasx. Le sacramentaire gélasien, au VII* siècle, nous parle de messes pour le troisième jour après ta déposition, de messes de huitaine, de messes de trentaine, sans compter la messe de la déposition et les messes anniversaires *. Mais ni les obsèques proprement dites, ni ces messes n'avaient rien de commun avec ce qui sera l'office des morts, — Il était cependant bien naturel qu'entre le moment oit le fidèle avait rendu le dernier soupir et le moment oii il était enterré, il y eût une prière dite ; et bien naturel aussi que cette prière fût une psalmodie. Evodius écrit à saint Augustin en termes qui supposent cet usage reçu en Afrique : a Trois jours durant, dit-il, nous avons loué Dieu par nos hymnes sur le sépulcre du mort, — il s'agissait d'un jeune lecteur; — et le troisième jour venu, nous avons offert les saints mystères de la

D,y.l..<,UtGOOgle

188 HISTOIRE DU BHEVIAIRB ROUAIN

rédemption d. Et pourquoi ces psalmodies funèbres ne se répéteraient- elle 8 pas ensuite sur la tombe du défunt, au même titre que les messes anniversaires 7 a SancUque lui mânes nobis petentibus adsint ut semper libenterque psalnios tibi dicanius, que ton âme sainte nous entende, quand nous viendrons chanter des psaumes » sur ta tombe, dit une inscription ombrienne de l'an 273'. Toutefois, ce sentiment attendit longtemps avant de trouver son expression liturgique canonique. Le pénîtentiel de Théodore de Gantorbéry (f 690) et celui d'Egbertd'York(-î-766), qui ensemble nous ont conservé la meilleure part du pénitentiel romain du vu' siècle, témoignent ensemble qu'à cette époque il n'y avait point à Rome de vigile des morts, u Selon l'Eglise romaine, y lisons-nous, la coutume est de porter le mort à l'église, de lui oindre de chrême la poitrine, et de célébrer la messe pour lui, puis de le porter en terre avec des chants (cum cantatione poriare ad sepulCuriim), et, quand il est descendu dans sa tombe, de prononcer une oraison. Le jour même, puis le troisième, le neuvième, le trentième après on dit une messe, et au bout de l'an, si l'on veut' ». C'est tout, et il n'est pas question de quelque vigile que ce soit. Ceci au vu' siècle.

Pour trouver l'olTice des morts constitué, il faut descendre jusqu'au viii" siècle et au temps d'Amalaire. Alors seulement, à cdté de Vordo sepulcurae, nous trouvons un véritable office canonique des morts, officium pro mortuis^. L'antiphonaire de Saint-Pierre et les ordines romani* nous en donnent les rubriques et le

Page 1