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Brigitte. — Enfin la dévotion catholique a rappelé des saints jusque-là oubliés : saint Joseph, sainte Marthe, saint Ignace d'Anlioche, saint Pierre d'Alexandrie, saint Hilarion, saint Gall, saint Placide, saint Paul, ermite, saints Vital et Agricol, saint Patrice, sainte Marie l'Egyptienne, sainte Dorothée, sainte Apollonte, sainte Julienne, sainte Marguerite, et enfin les Onze mille vierges ' .
L'antiphonaire et le responsorat du temps sont identiques ou peu s'en faut k ce qu-'ils étaient au viii° siècle. 11 en est de même de l'antiphonaire et du responsoral du jiropre des saints. Raoul de Tongres est le premier à reconnaître que « toutes les nations ont assez uniformément leurs histoires temporales » , c'est-à-dire les antiennes et répons du propre du temps, a conformes à celles de l'ancien office romain » ; et que, pour les saints, si a les Eglises de France, d'Angleterre et d'Allemagne ont trop largement composé » des antiennes et des répons propres, les a Eglises italiennes, au contraire, restées fidèles à l'ancien antiphonaire et à l'ancien responsoral romain », ont admis peu de nouvelles « histoires sanctorales* n. De même, ajoute-t-îl, pour le commun des saints, c'est-à-dire pour le commun des apôtres, des martyrs, des confesseurs et des vierges. De même, ajouterons-nous, pour l'office des morts.
Le lectionnaire présente de plus sensibles nouveautés. Au temporal, la lecture de l'Ecriture Sainte, distribuée encore suivant l'ordre traditionnel [oi-do canonit de canlandt), se maintient au premier nocturne des offices de neuf leçons, et au nocturne des offices de trois leçons :
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l'oFFICB moderne et les BRéVIAIRES 209
mais ces leçons scripturaires sont chacune à peine de quelques lignes et ne présentent guère plus de suite que d'étendue. Les sermons et les homélies patristiquea du second et du troisième nocturne des fêtes de neuf leçons ne sont pas plus longues ; et si l'on est dans l'ensemble resté fidèle à la tradition littéraire des homiliaires du temps de Charlemagne, on ne s'est pas interdit d'y introduire des auteurs nouveaux, ainsi particulièrement Origène et le vénérable Bède. Les légendes sanctorales ne sont plus que des résumés, sur le modèle des notices du martyrologe d'Adon. La concision y gagne plus que la vérité.
Raoul de Tongres, bien justement, ne voit pas un progrès dans cette transformation du lectionnaire : il regrette les « sermones et homilias intégras, passionesquesanctorum... », dont se servaient autrefois les églises de Rome. Il regrette la liberté de choisir le texte des leçons, a ...et huiusmodi in copiosa multitudine, s que l'ancien usage laissait à chaque chœur. Raoul de Tongres voudrait que l'Ecriture sainte constituât la lecture principale aux nocturnes de l'office canonique ; que pour les livres des Pères on en revint au canon du pape Gélase, et que le vénérable Bède lui-même fût, en vertu de ce canon, exclu du lectionnaire. 11 consent à y voir les légendes de saint André, de saint Laurent, de saint Clément, de saint Sébastien, des saints Jean et Paul, de sainte Cécile, de sainte Agathe, de sainte Agnès..., parce qu'elles appartiennent, comme leurs répons, à l'ancien usage romain; mais les évangiles et actes apocryphes des apôtres, condamnés par le pape Gélase, mais les actes de saint Georges, de sainte Marguerite, de sainte Barbe, de sainte Catherine, « œuvres apocryphes, méprisables et remplies de récits incroyables, n et tant de passions
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d'autres saints que des prêtres recueillent gà et là avec une dévotion sans discernement, ne sauraient être lues à l'ofEce sans danger ' .
A l'office canonique proprement dit s'ajoutent les offices surérogntoires ; l'office des morts et l'office de la sainte Vierge. L'office de la Vierge (vêpres, un nocturne, laudes, petites heures) se dit quotidiennement, i l'exception des trois derniers jours de la semaine sainte, de la semaine de Pâques, de « quelques solennités majeures », et enfin des Jours où l'office canonique est de la vierge Marie. Mais, sur ce point de l'obligation quotidienne il l'office de la Vierge, « les Mineurs se sont excessivement reiScliés, n dit Raoul deTongres^. L'office des morts (vêpres, un nocturne, laudes] est obligatoire tous les jours oti l'office canonique est de trois leçons. L'office férial est toujours accompagné de la récitation des psaumes pénilentiels et des psaumes graduels'. Mais ici les Mineurs ont introduit une modification importante. Non seulement, en effet, comme on vient de nous le dire, ils se sont relâchés de la récitation quotidienne de l'office de la Vierge, mais encore ils ont donné à tous leurs saints, et aux octaves, des ollices de neuf leçons. Il s'en suit nombre de translations de fêtes et une grande confusion. Il s'en suit surtout que très rarement ils ont à dire le nocturne férial, et partant les psaumes pénitentiels et graduels'; qu'ils négligent perpétuellement la lecture de l'Ecriture sainte , et qu'enfin a ils font auK morts un continuel préjudice », en omettant leur office quotidien'.