‹ Histoire du bréviaire romain (volume 2)Chapitre 143 sur 190 · RosltoTâny, t. V, p · texte numérisé non relu

RosltoTâny, t. V, p

sublatum , sed tcmperatum , n dit Léonardo Marini. Pie V sera plus décisif, lorsque de son autorité souveraine il reodra facultative l'obligation, que mainlenait strictement la congrégation — et que marquent encore aujourd'hui les rubriques, — de réciter à certains jours l'ofGce de la Vierge, l'office des morts, les psaumes pénitentiels et graduels ' . C'étaient là, en effet, des éléments étrangers [aliéna], que l'on ne devait pas hésiter à éliminer.

La congrégation montra les mêmes scrupules dans l'élimination des éléments reprochables (incerta) du vieux bréviaire. On a reproché au vieux bréviaire, écrit Marini, que de ses légendes de saints il en est qui sont apocryphes, ou scandalisantes, ou mal écrites. La congrégation est d'avis de retenir les faits les plus authentiques, en les mettant en un meilleur style, pour l'édification et le contentement des lecteurs. Elle pense aussi que bien des vies de saints qui sont au vieux bréviaire sont excellentes , empruntées qu'elles sont ù des auteurs anciens ou aux actes sincères des martyrs, et que l'on doit leur donner la préférence, tout en les revisant au double point de vue de la vérité historique et de la correction littéraire. Ce soin a été confié d'abord à Foscarari , puis à Pogiano, qui ensemble ont à revoir toutes les légendes du sanctoral '. Ici encore les indications fournies par Marini vont à nous confirmer dans cette impression, que la congrégation entendait la réforme comme une correction, et cette correction comme devant être réduite au strict indispensable.

\. Bulle Quodaaobîs.

2. Roskoïàny, l. V, p. 53->. Cf. J,d lioaea (Rome, 1756), t. II, p. XL-Lii.

Marini le dit, en terminant, d'un mot qui ne saurait laisser aucun doule : « Perstitit inconcussa deputatorum convictio nîl mutandum esse in ipsis Ecclesiae libris. a

Le bréviaire romain, corrigé selon les vues que l'on vient d'exposer, parut en 1568, cinq ans à peine apros la clfiture du concile de Trente. Il semble même que la correction en éudt achevée dès 1566, à en juger par une lettre du cardinal Borromée à Sirleto'. A ce compte, l'exécution de la réforme aurait demandé à peine trois années. La bulle de publication de saint Pie V, Quod a nobis, est datée du 9 juillet 1568. Le nouveau Bréviaire était imprimé à Rome, etl'imprimeur, Paul Manuce, reçut le privilège le 11 novembre 1568. L'office, selon le nouveau bréviaire, put entrer en usage au début de l'année 1569. Le volume portait en titre ; Breviarium Romanum, ex décréta Sacrosancti ConcilU Tridentini resùtutum, PU V Pont. Max. iussu editum. Roinae. MDLXVIII. Cum privilégia PU V Pontificts Maxime, in aedtèus PopuU Romani, apud Pauluin Manatium.

La bulle Quoi a nobis portait abolition sans restric> tion possible du bréviaire de Quignonez * ; abolition de

1. Borromée à Sirlelo, 4 sepl. 1566 (Schmid.p. 654), M. Renouard {Annalei de ïimprimirU da Aide. ParU, 1834, p. 190) signale comme imprimé par Paul Manacq en 1564 un bréviaire romain ajant en titre •' Breviarium Romanum ex decrelo aacoiancti Cojicilii Tridealini retlitutum, PU IV, Pont. Max. iuatu edilitm, [n fol.. Rome, 1564. Je n'ai pas au d'exemplaire do ce bréviaire A niR diaposition. Il aérait très intéressant de le comparer avec le bréviaire do 1568, et de vérifier l'opiaion de M. Rsnouard qui le dit £tre le même qae celui de 1568.

2. Il existe une réédition du bréviaire de Quignonei. mais elle n'a jamais été mise dans la circulation. C'est celle que fit faire pour ■OD usag« personnel Colberl, en 1679, et dont on connaît six exemplaires. Voy. L. Delisle, Le bréviaire de Colberl, dans U Biblioth. de rÉcoU det Chartet, 1882, p. 146-149.

D,y.,..-ju,GOO^IC

LE BHÉVlAinE DU CONCILE DE TRENTE 245

tout bréviuire plus ancien que le bréviaire nouveau, à l'exception de ceux qui se pourra.ient prévaloir d'une approbation pontillcale ou d'une coutume antérieure à deux cents ans ; enfin dérense de changer en tout ou en partie le nouveau bréviaire, d'y ajouter ou d'y retrancher quoique ce (ùt.

Etant donné le scrupuleux esprit de conservation qui animait les liturgisles de saint Pie V, il ne faut point s'attendre à trouver dans le bréviaire de 1568 un bréviaire autre que le bréviaire traditionnel de la Curie, le bréviaire tel qu'il s'imprimait depuis 1474, maïs ce même bréviaire amendé et rendu tout ensemble plus manuel et plus poli. Quignonez déclarait les anciennes rubriques obscures et inextricables : on fit figurer en tête du nouveau bréviaire celte exposition des rubriques générales de l'ollice que nous y lisons encore, excellente exposition en partie empruntée au Direciorium diviniojficii publié parL. Ciconiolano en 1540, avec l'approbation de Paul 111 * . Quignonez déplorait l'invasion du temporal par le sanctoral : le calendrier des fêtes fixes fut allégé de plusieurs fêtes : saint Joachim, saint François de Paule, saint Bernardin, saint Antoine de Padoue, sainte Anne, saint Louis de Toulouse, sainte Elisabeth de Thuringe, la Présentation. Plusieurs fêtes se virent réduire à des mémoires: sainte Euphémîe, sainte Thècie, sainte Ursule, saint Saturnin. Le total des semidoubles était maintenant de trente ; le total des doubles de tout rang était de cinquante-sept, et celui des mémoires de trente-trois. Les oflices du commun des saints ne prenaient donc plus que cent jours environ sur l'oifice temporal.

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