Scfaober, p. 41. D'après dom Baeumer, aoua Siit« IV
2. Isaie pour l'avenl; Genèse ou printemps; Actes, Apocsl;fpse, Epitresnon paulinâa, au tempa pascal; Rois en été: Sapientiaax en août ; Job, Tobie, Judith, Esther en septembre ; Machabées en octobre; Ezécbiel et petits prophètes en novembre ; Epitrcs paulinea au temps de Noël. Voy. plus hnut, p. 93.
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LH BRÉVIAIRE nu CONCILE DE TIIETiTB 247
Augustin, la Décollation de saint Jeon-Baptiste, i'ortave de la Nativité, saint Mathieu, saint Jérôme, saint François, saints Simon et Jude, saint Martin, saint Uamase. Une douzaine d'homélies au troisième nocturne furent remplacées ou introduites : sainte Agnès, saints Vincent et Anasiase, saint Ignace, sainte Agathe, sainte Marthe, saint Mathieu, saint Bernard, saint Augustin, saint Jérôme, saint Nicolas, sainte Lucie, etc. — Mais c'est ici la partie caduque de la réforme de saint Pie V. Ses liturgistes n'avaient pas hésité à supprimer les leçons que le bréviaire de 1550 donnait à la fête de sainte Marguerite, de même tes leçons de sainte Thècle, de même les leçons de saint Eustache, de même les leçons de sainte Ursule : c'était trop peu supprimer. Et quant aux leçons nouvelles, si nous en jugeons par celles de saint Barthélémy, par celles de l'Invention de saint Etienne, par celles de sainte Marie-aux-Neiges, c'était trop admettre. Et combien d'autres qui, dans leurs sources ou dans leur rédaction, restaient incontestablement reprochables I La loyauté des liturgistes de saint Pie V n'est pas en cause ; c'est la maturité de leur entreprise qui est en question, et leur critique, qui est en défaut. Bellarmin et Baronius d'une part, Benoît XIV de l'autre ne se feront pas faute de le leur reprocher.
Et cependant, au total, un grand progrès était réalisé. Cette restauration du vieux bréviaire de la cour romaine, cette restauration respectueuse et timorée était la meilleure restauration qui se pût faire alors de l'office romain. Elle avait sauvé l'ordo psallcndi traditionnel de l'Eglise romaine ; elle avait sauvé l'antiphonaire et le responsoral du temps de Charlemagne; elle avait restauré Yordo cananis decantandi du viii° siècle ;
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elle avait supprimé les offices additionnels introduits par la liturgie post-carolingienne; elle avait ramené le calendrier des fêtes fixes à une plus juste proportion, et véritablement remis en honneur l'office temporal. Si elle n'avait pas osé supprimer l'hymnaîre, c'est que personne n'y eût pensé alors et n'y a même pensé depuis. Et si, dans la correction du lectionnaire, elle a manqué de critique historique, la faute en est pour une large part à la critique ecclésiastique de son temps.
La catholicité rendit justice à l'oeuvre sage et sincère de saint Pie V. L'Italie entière, toutes les Espagnes y compris le Portugal, par les soins de Philippe !l, la France plus lentement, à partir de 1580', et grâce aux instances des Jésuites, reçurent avec estime le nouveau bréviaire romain. Si, écrit le sorbonnisle Grancolas, a si, au ix' siècle, le Bréviaire romain mérita tant d'applaudissements et d'être préféré à tous ceux des autres Eglises, il parut avec plus de lustre après que le pape Pie V l'eut fait revoir; aussi peut-on dire que, depuis ce temps-là, toutes les Eglises particulières l'ont tellement adopté, que celles qui ne l'ont pas pris sous le nom de Bréviaire romain l'ont presque tout inséré dans le leur, en l'accommodant àleur rite', b
Il est même permis de dire, avec dom Guéranger, que le succès du Bréviaire de saint Pie V fut excessif. Le Saint-Siège entendait voir se perpétuer les liturgies remontant au moins à deux siècles. C'est ainsi que le Saint-Siège, par un rescrit du 10 septembre 1587,
1. Vo^ez pourtant la belle édition parisienne dn BréTiaire de de Pie V publiée & Paris chez Kenrer, 1574, « cum pririleg. Caroli IXFrancorum régis obristianiasiiioi. »
2. CF. Guéranger, t. I, pp. 450 et euiT. BoakoTinj, t. [I, pp. 336-262.
accorda à l'Eglise d'Aquilée de continuer à célébrer l'office divin selon son vieux rite patriarchin ' . (1 eût éié bon que les Eglises, renlrant dans l'exception jirévue par la bulle Quod a nohis, gardassent leur ordo propre traditionnel. Lorsque le chapitre de la cathédrale de Paris, en 1583, refusa à son évéque, Pierre de Gondy, de recevoir le Bréviaire de Pie V, — « ...Maxime quod recepta dudum tant illusiris Ecclesiae consueiudo, non facile suum intmutari officiuni pateretur^, — le chapitre de Paris entrait dans les vues conservatrices du Saint- Siège. B Nous sommes loin de le blâmer, écrit dom Guéranger. 11 était trop juste que cette liturgie romaine-française, enrichie par Robert le Pieux, Fulbert, Maurice de Sully, que plusieurs ordres religieux avaient adoptée, qui avait pénétré jusque dans les églises de Jérusalem, de Rhodes, de Sicile, demeurât debout comme une de nos gloires nationales. Abolie déjà dans la plupart des cathédrales françaises par l'introduction des livres romains, Paris, du moins, ne devait pas la laisser périr. Rome elle-même avait préparé les voies à cette conservation par les clauses de sa bulle; si donc, aujourd'hui, cette belle et poétique forme du culte catholique n'est plus, demandons-en compte, non au Saint-Siège, mais aux Parisiens qui, ceni ansplus lard, se plurent à renverser l'antique et noble édifice que leurs pères avaient défendu avec tant d'amour^ n.