‹ Histoire du bréviaire romain (volume 2)Chapitre 175 sur 190 · Roikavàilj. p. 571. AnaUcla, p · texte numérisé non relu

Roikavàilj. p. 571. AnaUcla, p

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LES PROJETS DE BENOiT XIV 301

avaient tant de fois déjà éprouvé la ferme intention du Souverain Pontife, se pussent laisser émouvoir par le bruit répandu une seconde fois par la cabale, que Benoît XIV ne voulait en réalité pas de réforme du Bréviaire ? Les bruits les plus faux ont souvent ces apparences de vérité qui suffisent à surprendre les yeux les plus sagaces et les esprits les plus prudents! Ce bruit s'était répandu, non seulement hors de Rome, mais dans Rome même; il s'était accrédité, non point auprès de gens de rien, mais auprès d'hommes éminents par leurs charges, leurs vertus, leur expérience. On exploitait le silence du pape... Les consulteurs se découragèrent, et, du 9 juillet 1745 au 22 juin 1746, il n'y eut plus moyen de les réunir, jusqu'à ce qu'enfin Benoît XIV eût exprimé à Valentî l'étonnement où il était de voir leur travail se faire tant attendre, et lui eût démandé ce qui les arrêtait. Valenti, que le découragement avait gagné aussi, semble-t-il, avoua ingénument au pape ce qu'il en était. Le pape l'assura qu'ils avaient été trompés par de faux bruits, l'exhorta avec bienveillance à reprendre l'œuvre interrompue, et lui donna un mot écrit de sa main (20 juin 1746) pour mieux enflammer ses collègues à la poursuivre et à l'achever'. Il voulut même les voir chacun individuel-

1. Ce billet de Benoit XIV (20 juin 1716) ûgure parmi les pièces juBtificstives de Valenli, Monamentam XXXII. Mous en donnons nous-mème le («ite inédit. La copie nous en a été fournie par H. le proFessear Scbiaparelli :

11 Dalla Seg'i'di Stato, 20 giupio 1746. Avendo Nro Sig" una giuata premura, che si aollecili lo studio e l'afiare epettante alla riforma del Breviario Romano, ai contentera Mons. Promol" délia Fede dî rappresentarla alla Congre" deputata, acciû abbia inag'gior stimolo di tecminare queata opéra. — Monsig'' Valenti Promotore délia Fede. a

lement pour les confirmer dans ces sentiments, les assurant du désir qu'il avait de voir aboutir la réforme, et combien il y était porté par les lettres qu'on lui écrivait de France, en particulier le cardinal de Tencîn, et par l'espérance qu'on lui donnait de voir la réforme ■entreprise à Rome avoir en France un plein succès^. Le 22 juin 1746, la congrégation reprit ses séances, *t, jusqu'au 12 août, elle se réunit une fois par semaine ■chez Valenti. A cette date, elle avait achevé la révision du propre des saints pour les six premiers mois de l'année. Le 10 septembre, Valenti put présenter au pape le résultat des travaux de la congrégation : c'était un mémoire justificatif des corrections qu'elle proposait. Spécimen Breviarii reformati, para hyemalis et pars verna*. Le pape fut rempli de joie, et pria Valenti de compléter un si bon travail, en faisant étudier par la congrégation les offices du second semestre. On attendit la fin des vacances d'automne, mais, du 2 décembre 1746 au 10 mars 1747, on se réunit une fols par semaine. Le 10 mars, le travail s'achevait par l'étude du commun des saints rapporté par Lercari, Antonelli et Giorgi. L'œuvre de la congrégation n'avait pas duré moins de six années, mais elle était enfin terminée, Valenti rédigea la seconde partie de son Spécimen Breviarii reformalî ' et la remit au pape. Benoît XIV avait donc maintenant en main le projet de réforme tant du calendrier que de l'office : il voulait se réserver de le revoir par lui-même et de le discuter, et l'on ne pou-

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