De Rossi, loc. cil
l'honneur d'être mentionnés dans lépître de saint Paul aux Romains XVI. 3-5). Saints Nérée et Achillée, ensemble avec sainte Pétronille, avaient donné leurs noms a la basilique de la voie Ardéaline au cimetière Do/nitillac, enterrés qu'ils étaient là dans la sépulture des Flaviens chrétiens, à la famille de qui ils appartenaient. On touchait avec eux à l'origine de l'Eglise romaine. Et je ne parle pas des fêtes de saint Pierre, de saint Paul et de saint Laurent.
Les anniversaires que nous venons d'énumérer formaient le vieux sanctoral romain, le sanctoral des cimetières. D'autres souvenirs ou d'autres préoccupations avaient provoqué la création de fêtes plus récentes. Le titulus Pudentis, en devenant au vine siècle titulus sanctae Pudentianac , du nom d'une martyre « Potentiana » enterrée au cimetière de Priscille, avait introduit dans le sanctoral urbain la fête de sainte Pudentienne. De même, au titulus Pra.redis, devenu vers le même temps titulus sanctae Praxedis , on devait la fête urbaine de sainte Praxède. Au titulus Cle/nentis se rattachait, dès avant la fin du ive siècle, l'anniversaire de saint Clément. La basilique des Santi-Quatlro, au Cœlius. vieille église anonyme, avait épousé le souvenir énigmatique des martyr- désignés sous le nom de IV coronati. Saint-Etienne-le-Rond, au Cœlius encore, avait, sous le pape Théodore (642-649 . recueilli les reliques et l'anniversaire des saints Prime et Félicien de Nomento, apport''- du quatorzième mille de la voie ?\<>inentane. La chapelle domestique de la domus Pinciana des Anicii. mm- 1.' Pincio, restaurée au vin* siècle par h- pape Hadrien, avait introduit à Rome le vocable et la fête de saint Félix de Noie. La basilique ad «'/uns Sahias, bâtie au milieu du vne siècle, l'avait été sous le
vocable de saint Anastase-le-Perse ~ 627), auquel on avait joint bientôt l'espagnol saint Vincent, à cause de son chef transféré là même, ad aquas Salvias. Sainte Agathe de Catane avait au vie siècle donné son nom à* une petite église arienne de la Suburra ; saint Georges, le héros légendaire de l'Orient grec, aune petite église du Vélabre, enrichie au vnie siècle du chef de son saint éponyme ; saints Gervais et Protais, deux milanais, au titulus Vestinac (ceci dès le Ve siècle) devenu au vine le titulus actuel de saint Vital , un ravennate tenu pour père de saint Gervais et de saint Protais; saint Apollinaire, un ravennate aussi, à un oratoire construit par le pape Honorius 625-638 sur l'atrium de Saint-Pierre; sainte Sabine, une martyre ombrienne, au titulus Sabinae de l'Aventin, enrichi de ses reliques vers la fin du VIIe siècle; saint Adrien, de Xicomédie, à l'antique Curia hostilia transformée au vne siècle en basilique ; sainte Euphémie, de Xicomédie elle encore, à une église élevée ou restaurée au vne siècle ; saints Corne et Damien, les deux médecins anargyres si populaires dans tout l'Orient grec, à la basilique aménagée par le pape Félix IV [526-530 dans Voulu des archives romaines; saint Césaire de Terracine, à une petite basilique du Palatin; saint Chrysogone de Sirmium, au vieux titulus Chrysogoni du Transtevere; sainte Lucie de Syracuse, au couvent grec De renatis, fondé vers le vme siècle; sainte Anastasie de Sirmium, au vieux titulus Anastasiae du Palatin. — Il s'agit là, on le voit, de martyrs étrangers qu'un vocable monumental ou qu'une translation de reliques a faits romains1.
1. Voyez If. Arinellini. Le chiese di Ronia dalle loro origini sino ai secolo XVI (Rome, 1887), s. v.
Les autres fctes du calendrier romain de la fin du vme siècle n'ont plus ce caractère local et monumental qui en fait des anniversaires si proprement romains. Des fêtes de la vierge Marie, la seule qui fût romaine avait été démarquée : c'était celle qui se célébrait à l'octave de la Noël, et qui. au viue siècle, était déjà toute au souvenir de la Circoncision. Au commencement du vne siècle, au contraire, au temps du pape Boniface IV -15. elle se célébrait au Panthéon
consacré par ce pontife au vocable beatae Marine et omnium sa/ictorum, et le beau répons
Gaude. Maria vir^o ! eunetas haereses sola interemisli. quae Gabrielis archangeli dictis credidisti. dura virgo Deuin et hominem genuisti et post partuni virgo iuviolata permansisti !
composé, dit-on, par un chantre aveugle, avait été exécuté ur la première fois au Panthéon '. La station du premier janvier au Panthéon était, je le répète, la vieille fête romaine de la sainte Vierge. — D'autres fêtes de la Vierge entrèrent, mais plus tard, dans le calendrier romain : la Nativité 8 sept. . l'Annonciation 25 mars . la Purification 2 février , la Dormition ou Assomption 15 août . qui taules quatre se célébrèrent à Sainle-Marie- Majeure, et, toutes quatre d'importation byzantine, n'ont pas a Rome d'attestation plus ancienne que la vie du pape Sergius I -7<>J -. — Les fêtes d'apôtres,
et en première li^ne celle de saint André, frère de > a i 1 1 1 Pierre, puis à la suite celles de saint Jean, des saints Philippe et Jacques, celle de saint Pierre' aux