M.irténe, Thesaur. nov. anecd.. t. IV, p
civitatis et dioecesis a consuetis ofiiciis liberi et imamnés existant, et pristinis veterum codicum rudimentis omissis, ...officium divinum diurnum pariter et nocturnum dicere valeant juxta ordinem morem seu statutum quo ecclesia utitur et curia romana supradicta...
Statuimus ut in universis et singulis ecclesiis eiusdem civitatis et dioecesis, quarum libri ex antiquitatis inconimodo renovationis vel reparationis remedio indigent, illi ad quos pertinet emant seu fieri faciant libros convenientes et aptos. qui dictae ecclesiae et curiae romanae usui congruant opportuno.
Veut-on savoir quels étaient ces livres conformes à l'usage de l'Eglise et de la cour romaine ? On n'a qu'à feuilleter le catalogue de la librairie des papes d'Avignon pour en rencontrer toute une collection : Brcviarium pro caméra,.., Brcviarium de caméra. .., Breviarium notatiun..., et bien d'autres pareils, alors que l'on ne voit plus mentionner de psautiers, de légendaires, d'antipbonaires et autres vieux livres1. La révolution liturgique, qui avait subtitué le bréviaire de la cour romaine aux « pristinis veterum codicum rudimentis », était un fait accompli.
Mais qu'avait gagné la liturgie romaine à cette révolution ? C'est ce qu'il nous reste à voir.
On pourrait croire que la nécessité de réduire en un volume, en un « breviarium portatile », les divers textes
1. M. Faucon, La librairie des papes d'Avignon (Paris, 1886), oV 1211, 1592, 1593, 1648, 1737, 1743, 1801), 1830, 1832, 1858, 2014, de la bibliothèque d'Urbain V [1362-1370). Cf. l'inventaire de Grégoire XI (1375), n" 1437-1443, ap. Ehrle, Uistoria bibliotheeae romanorum pontificum (Rome, 1890), t. J, p. 547.
l'office moderne et les bréviaires 205
qui servent à l'office, a donné naissance à une codification serrée, logique, pratique, et que la récitation de l'office a été rendue plus aisée aux clercs. Mais il suffit de jeter les yeux sur un bréviaire manuscrit 1 , ou encore sur les bréviaires incunables, pour constater que cette codification s'est faite très défectueusement. En t apparaît le calendrier, puis le temporal, puis le psautier, puis l'hymnaire, puis le sanctoral. Les rubriques sont multipliées, et les renvois plus encore. Il faudra attendre 1550 pour voir paraître un Bréviaire romain qui se propose d'être « ita ordination ut omnia suis in locis si nt posita » !
S'agit-il du commun du temps ? On constate l'apparition de rubriques inconnues, tant de l'office ancien pur romain que de l'office moderne non romain. En commençant et en finissant chaque heure de l'office, le clerc récite maintenant à voix basse le Pater et Y Ave; à la fin de chaque heure, le verset Beneclicamus Domino-Deo gratias. Au nocturne, après le verset qui termine la psalmodie, un /Vz/er à voix basse. A prime, le dimanche, entre le second octonaire du psaume 118 et le Quicunque vult, on récite les cinq psaumes 21, 22, 23. 24, 25. Toutes ces rubriques sont données comme communes par Durand de Mende, dans son célèbre Rationale publié en 1284-. — Tout office de neuf leçons a droit maintenant à des secondes vêpres. Je ne saurais dire à quelle date a commencé l'usage de donner des seconde- vêpres à
1. Vi'v. le Parisinns 756 : Ordo breviarii seennduni consuetudincm romane curie, écril en 1406 par Nicolas, tils de feu maître Etienne de Pérouse, prieur de l'église Saint-Pierre d- Bfonticelli de Florent
•1. Gull. Durand., Rationale, Y. 2, ï et
une fête * : il paraît propre à l'office moderne non romain, et il a passé ainsi chez les Mineurs. Raoul de Tongres le formule ainsi : « In festiçitatibus ad secundas vesperas Fratrum Minorum usus ponit psalmos dominicales, ultimo secundum festivitatem mutato-. » — Chaque jour, à 1 issue
- cornplies, on doit chanter une antienne, variable selon le temps, à la sainte Vierge. Jean de Parme, dans sa lettre déjà citée de 1240. énumère les quatre' antiennes adoptées par les Mineurs : le Regina coeli, Y Aima redemptoris, l'Ave regina et le Sah-e regina 3.
S"agit-il du propre du temps ? On constate que la fête de la Trinité, adoptée par Cluny et par la généralité des Eglises séculières, mais jusqu'à la fin du xme siècle non reconnue par les souverains pontifes, est admise par Jean XXII 1316-1335 dans l'office de la Curie et de l'Eglise romaine. Ea fête du Corpus C/iristi, instituée dans le diocèse de Liège en 1246, reconnue et étendue a toute l'Eglise par le pape Urbain IV en 12<>4 environ, négligée sur la fin du xme siècle, mais remise en honneur par Clément V au concile de Vienne 1311) et par Jean XXII. figure au bréviaire de la cour romaine, avec