‹ Histoire du bréviaireChapitre 12 sur 224 · NOTICE BIOGRAPHIQUE XVII · texte numérisé non relu

NOTICE BIOGRAPHIQUE XVII

jusqu'au xvie siècle. D'autres articles parurent dans les Studien und Mittheilungen ans dem Benediktiner und Ciste rcienserord en. Dans un traité sur les Lilanise et Misses [Studien, 1886), il fit la lumière sur la haute antiquité, la diffusion et l'importance de ces prières vénérables, dont il ne reste plus aujourd'hui que de rares vestiges dans les Preces de notre Bréviaire. Un deuxième article qui prouve Vinfluence de la Règle bénédictine sur la formation de l'office romain [Studien, 1887), et qui expose notamment l'origine des Complies , engagea notre savant dans une controverse avec un religieux français. 11 se défendit amicalement et habilement dans un nouvel article écrit en latin et paru dans les Studien (1889) : De Officii seu Cursus romani origine.

Dans ces travaux préliminaires, le Père Baumer s'était souvent encore laissé guider par les Institutions liturgiques de dom Guéranger, qu'il avait en haute estime et qu'il avait appris à connaître personnellement durant un séjour qu'il fit à Solesmes. Mais, dès le début, il s'appliqua à appuyer les vues de dom Guéranger sur l'étude personnelle des sources, et sur les nombreux travaux contemporains dans le domaine de l'antiquité chrétienne; au besoin, il les rectifia. A mesure qu'il pénétrait plus avant dans son sujet, les voies qu'il suivit devinrent plus indépendantes, ses tentatives furent plus sûres et plus mûries ; c'est qu'en effet il cultivait le champ, souvent encore laissé en friche, de la liturgie historique, en se servant des meilleures méthodes de recherches des temps modernes.

Après l'histoire de l'Office divin, le Père Baumer se proposait d'entreprendre celle de la sainte Messe , et avant tout d'étudier le développement historique du rite romain jusqu'à l'époque de la réforme carolingienne. Dès 1892, il fit paraître un travail préparatoire dans la Zeitschrift fiir

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Théologie d'Innsbruck ; il y examinait à nouveau l'antiquité et Timportance du Missel de Stoive. Se mettant en dehors des controverses élevées à ce sujet en Angleterre, il prouva que la messe primitive, contenue dans ce vénérable manuscrit irlandais , devait être datée de la première moitié du vil* siècle. Il recherchait également les rapports que cet ancien rite irlandais pouvait avoir avec le rite romain, et il réduisait à néant l'opinion, souvent émise de l'autre côté de la Manche, que l'Eglise irlandaise avait possédé jusqu'au xe siècle une liturgie complètement indépendante de la liturgie de Rome.

Déjà dans cet article, il avait abordé la question de l'extension du rite gélasien. Dans un second article, il étudia plus directement le Sacramentaire gélasien [Histor. Jahrbuch, 1893). Prenant pour point de départ les controverses deProbstetde Duchesne, mais procédant d'une façon indépendante, il expliqua la véritable importance de la réforme liturgique qui se fit sous Charlemagne , et montra que le rite romain s'était répandu dans les Gaules bien plus tôt qu'on n'a voulu récemment le soutenir. Il en concluait que la réforme du grand empereur des Francs, qui remplaçait le rite gallican par le rite romain, ne pouvait être regardée comme une mesure de destruction radicale, mais qu'elle était le perfectionnement, la consécration de ce que le cours des siècles avait depuis longtemps et progressivement préparé.

Après avoir pour ainsi dire tourné autour de l'histoire du rite romain, le Père Bàumer revint peu à peu vers le centre. Il voulait profiter d'une question mise au concours par Sa Sainteté Léon XIII, lors du jubilé de saint Grégoire le Grand , pour répandre une lumière nouvelle sur la part véritable et souvent contestée prise par Grégoire le Grand dans la formation de la liturgie romaine. Les

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