‹ Histoire du Canada, 1841-1867, période comprise entre l'Union législative des provinces du Haut et du Bas-Canada et la Confédération des provinces continentales de l'Amérique Britannique du NordChapitre 18 sur 35 · HISTOIRE DU CANADA 30T · texte numérisé non relu

HISTOIRE DU CANADA 30T

garde du shérif dans la prison de Montréal, se sont soumises à la volonté et au plaisir de Sa Majesté, et ont été en conséquence transportées dans l'Isle de Sa Majesté, la Bermude, n'auront droit à aucune indemnité à raison de» pertes qu'elles auraient essuyées durant ou après la diterébellion et résultant d'icelle.

" 6° — Qu'il devra être émis pour cet objet des débenture» au montant de cent mille louis courant, payables à même le fonds du Revenu Consolidé de cette province à l'expiration, ou avant l'expiration de vingt années à compter de la date d'icelles, respectivement, et portant intérêt au taux de six pour cent payables à même le dit fonds, tel jour et telle année qui y seront spécifiés. "

Le vote de la seconde lecture du bill eut lieu le 2 mars et donna 46 voix au gouvernement et 20 à l'opposition; à la troisième lecture qui fut proposée le 9 mars le vote fut de 47 contre 18. Au Conseil législatif, la mesure du gouvernement fut défendue avec beaucoup d'éloquence par MM. Taché, Quesnel, Caron et Ross ; le vote qui fut pris le 16 mars donna 20 voix contre 14.

Comme la navigation s'ouvrait, il était important que le bill des douanes fut sanctionné sans retard ; c'est pourquoi Son Excellence, dans l'après-midi du 25 avril, se rendit aus palais législatif et donna la sanction royale à cet acte ainsi qu'à plusieurs autres au nombre desquels se trouvait le bill d'indemnité. Treize ou quatorze actes venaient d'être sanctionnés au milieu du silence accoutumé, quand le greffier annonça que le gouverneur général " au nom de Sa " Majesté sanctionnait le bill d'indemnité " dont il lut le titre comme d'ordinaire. Les galeries étaient remplies, sauf celle réservée aux dames qui était à peu près déserte. La foule se composait surtout de gens bien mis et appartenant évidemment à la classe bourgeoise. Le bill d'indemnité no

fut pas plutôt sanctionné qu'un murmure se fit entendre dans diverses parties des galeries, puis quelques sifflets, et un certain nombre d'individus se précipitèrent au dehors comme pour aller répandre la nouvelle. Le gouverneur fit semblant de ne rien voir et la cérémonie s'acheva bientôt dans le plus grand calme. L'équipage de lord Elgin l'attendait à la porte de l'édifice, mais un attroupement s'était formé de l'autre côté de la rue, et à peine le représentant de Sa Majesté eut-il paru sur le perron en grand uniforme, entouré de son état-major, qu'il se fit un vacarme effroyable de cris, d'inaprécations, de sifflets, et une grêle de projectiles, œufs pourris et morceaux de glace, s'abattit sur le gouverneur général et sa suite. Les voitures partirent au grand trot et en quelques instants furent hors de la portée des insultes et des projectiles de ces gentlemen.

La nouvelle de ce qui venait de se passer au parlement se répandit dans la ville comme une traînée de poudre, et presque aussitôt on distribua dans toutes les rues et par toutes les maisons la circulaire suivante de la Montréal Gazette :

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