PREFACE
Les trois régimes de 1760, 1763 et 1774, imposés successivement à la population par le gouvernement anglais après la conquête de la Nouvelle-France, ne furent, à tout prendre, qu’un changement de formes dans la tyrannie. La quatrième, l’acte impérial de 1791, quels qu’en aient été les motifs, eut au contraire pour dessein de respecter la nationalité des Canadiens; et le célèbre Pitt, auteur de la nouvelle constitution, partagea le pays en deux provinces afin, dit-il, de leur permettre de jouir sans trouble de leurs lois et de leurs institutions dans le territoire qui leur était assigné.
Un demi-siècle plus tard, en 1841, comme si l’Angleterre se fut repentie, nous la voyons entreprendre de défaire l’œuvre de Pitt et décréter que le Bas et le Haut-Canada ne formeront dorénavant qu’une seule et même province sous un système exclusivement anglais, sans plus se soucier des droits et des privilèges particuliers de la population canadienne-française que s’ils n’eussent jamais existé.
C’est cette dernière période de l’Histoire du Canada que l’auteur se propose de narrer dans les pages qui suivent.