‹ Histoire du Canada, 1841 à 1867, période comprise entre l'union législative des provinces du Haut et du Bas-Canada et la confédération des provinces continentales de l'Amérique Britannique du nordChapitre 9 sur 32 · W. H. DRAPER · texte numérisé non relu

W. H. DRAPER

(M. E. Caron à M. W. Draper).

Québec, 26 novembre 1845.

Mon cher Monsieur :

Votre billet du 24 a été reçu ce matin. En m’annonçant le départ de Son Excellence, vous me dites que vous vous hâtez de me transmettre cette information, vu que cette nouvelle pourrait changer nos vues sur la nature de la dernière lettre que vous m’avez écrite.

En effet, ce départ ne peut manquer d’avoir le résultat que vous anticipez.

Dans les communications que nous avons eues ensemble, vous savez que je ne me suis jamais donné pour chef de parti, je me suis seulement prêté, et cela je l’ai fait bien volontiers, à servir d’intermédiaire entre ceux que notre parti regarde comme ses chefs et vous-même, afin de leur faire parvenir les communications que vous avez bien voulu me faire, et aussi pour vous transmettre leurs vues et leurs idées sur le sujet qui nous occupait. En m’acquittant de cette tâche je ne vous ai pas caché mes propres opinions, mais cette partie n’étant que secondaire, toujours j’ai voulu vous faire connaître ce que voulaient et exigeaient les guides du parti avec lequel vous vouliez négocier un rapprochement. Je n’ai prêté mon ministère à cette fin que parce que je savais qu’il existait des obstacles momentanés qui empêchaient que les communications pussent aisément se faire d’une manière directe entre l’administration actuelle et ceux auxquels il fallait s’adresser pour atteindre le but désiré. Les obstacles, ce me semble, n’existent plus et ne doivent plus exister, et par conséquent ma mission doit cesser avec les causes qui l’ont fait naître.

Je serais fâché pourtant que vous concilieriez de ceci que je refuse cl’aider à un rapprochement que nous paraissons tous deux désirer ; tout au contraire, je suis prêt à faire tout en mon pouvoir pour en faciliter la conclusion. Mais comme vous avez sur les lieux ceux de qui dépend en grande partie le succès de l’arrangement, il me paraît plus convenable, plus facile et plus expéditif de traiter directement avec eux, tout en vous invitant à ne vous gêner aucunement avec moi, et à m’indiquer librement de quelle manière je puis être utile.

Je suis bien sincèrement,

Tout à vous,

ED. CARON

(M. Draper à M. E. Caron).

Montréal, 26 novembre 1845.

Mon cher Monsieur,

Le départ de lord Metcalfe a eu lieu ce matin. Quoique cet événement n’altère en rien l’opinion que j’ai de la nécessité de renforcer l’administration locale, il change néanmoins d’une manière essentielle la position dans laquelle je me trouve maintenant et celle dans laquelle je pouvais me trouver par la suite et encore plus les moyens que j’aurais eus d’effectuer quelque chose d’utile et de satisfaisant.

J’ai cru de mon devoir, lundi, le jour où j'ai eu la première communication officielle de Son Excellence de vous la faire connaître et de vous dire en même temps combien cet événement affecte ma position, d’autant que vous avez droit d’attendre de moi l’information la plus prompte de tout ce qui peut influencer vos propres opinions et vos actions sur ce sujet.

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