‹ Histoire du Canada, à l'usage des écoles primaires et des maisons d'éducation [microforme] (volume 2)Chapitre 1 sur 39 · PREMIÈRE ÉPOQUE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE ÉPOQUE

Premiers voyages de découverte, et premières tentatives * d'établissement en Canada, jusqu’à la fondation de Québeo, en 1608.

1. Par qui le Canada fut-l découvert ?—Le Canada fut découvert par le célèbre navigateur Jacques Cartier, en 1534 et 1535.

Dès l'époque même de la découverte de l'Amérique par Christophe Colomb, c’est-à-dire, plusieurs années avant l’an 1500, les Basques et les Bretons faisaient déjà la pêche : Terre-Neuve; mais ce ne fut qu’une quarantaine d'années plus tard, que le golfe et le 8 uve Saint-Laurent furent explorés au nom du roi de France, dans le dessein d’y fonder quelque colonie, et de contribuer par là à la conversion des inlidèles du nouveau monde. A

2. Quelles furent les premières explorations de Cartier ?—Dans son premier voyage, en 153h, Cartier visita l’intérieur du golfeSaint-Laurent, et pénétra même dans le flenve jusque vers la pointe des Monts.

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Cartier partit de Saint-Mälo, le 20 avril 153à, avec deux navires d'environ soixante tonneaux chacun, et soixante-et-un hommes d'équipage. Au bout de vingt urs, il abordait au eap de Bonneviste, dans l’ile de erre-Neuve. Cinglant de là vers le nord, il reconnut les principaux havres et lieux de pêche du Labrador et de la côte occidentale de Terre-Neuve; puis traver. sant le golfe, il entra dans une baie profonde, à laquelle il donna le nom de Baie-des-Chaleurs, à cause des grandes chaleurs qu’on y éprouva. Contraint par la violence des vents de chereher un refuge dans la baie de Gaspé, il y planta une grande croix avec les armes de France, et prit ainsi solennellement pos. session des pays découverts au nom de la France et de la religion. Dès que la tempête fut calmée, Cartier continua son exploration et remonta le fleuve jusque vers la pointe des Monts. Comme la saison se trouvait déjà assez avancée, il n’osa pas aller plus loin; il rebroussa chemin et fit voile pour la Bretagne. Ce premier voyage avait duré quatre mois et demi.

8. Quelles découvertes fit Cartier dans son second voyage P—Dans son second voyage, en 1535-36, Cartier compléta d’abord ses explorations à la côte du Labrador, pour s’assurer s’il n’y avait point o':cique passage au nordouest; puis il remonta le fleuve jusqu’à Hoche- | laga (aujourd’hui Montréal), hiverna à Stadaconé (Québec), où son équipage pendant Phiver fut décimé par le scorbut, et s’en | retourna en France au printemps de 1536, emmenant avec lui le grand chef Donnacona.

Cette seconde expédition se fit avec beaucoup plus

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de solennité que la première. Le jour de la Pentecôte, &

16 mai 1535, Cartier et ses compagnons, parmi lesquels on comptait plusieurs gentilshommes, firent une communion générale dans la cathédrale de Saint-Mälo, et,

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La traversée fut longue et orageuse, les vaisseaux furent séparés par la tempête, et ne purent se rejoindre à Blanc Sablon, sur le détroit de Belle-Ile, qu'après

lus de deux mois. Avant de pénétrer plus loin dans

s terres, Cartier voulut s'assurer s’il n’y avait pas quelque passage au nord-ouest, et acheva d'explorer la eôte du Labrador, qu'il n'avait pu observer suffisamment dans son premier voyage. Ensuite, il remonta la Grande Rivière de Canada (le fleuve St. Laurent), arrêtant au Bic, à l'embouchure du Saguenay. à l'ile aux Coudres et en quelques autres endroits. Enfin, le 14 septembre, la Grande et la Pelite Hermine entrèrent dans la rivière Saint-Charies, à laquelle il donna le nom de Sainte-Croix, parce que c'était le jour de l'Exaltation de la Sainte Croix.

Sur le penchant du côteau où s’est élevé plus tard la haute ville de Québec, était un village assez considérable appelé Stadaconé. Les habitants de cette bourgade reçurent les Français avec de grandes dé. monstrations d'amitié, et leur offrirent non-seulement des vivres et des fruits en abondance, mais même de leurs propres enfants.

Les habitants d'Hochelaga recurent Ccrtier avec peut-être encore plus de cordialité. On le conduisit avec sa suite dans une espèce de place publique, où le grand chef, pour faire honneur à son hôte, lui mit sur la tête la couronne qu'il portait lui-même. Plusieurs des habitants d’Hochelaga accompagnèrent les Françgais jusque sur la montagne, à laquelle Cartier donna le nom de Mont royal (Montréal) qui est devenu plus tard celui de la ville et de l'ile toute entière.

À son retour à Stadaconé, il trouva un pet fort *onstruit par ses compagnon sur le bord de la rivière

Saint-Charles, et il fut décidé qu'on hivernerait en Canada. Pendant cette rigoureuse saison, les Français eurent beaucoup à souffrir du froid, et plus encore du scorbut, qui en fit mourir vingt-cinq, et réduisit les autres à un grand état de faiblesse. Enfin, dès que le printemps fut venu, Cartier remit à la voile, après avoir pris solennellement possession du pays au nom du roi de France.

&. Cartier ne fit-il pas un troisième voyage au Canada P—Cartier fut chargé par M. de Roberval, en 1541, de conduire en Canada une troisième expédition plus considérable encore que les précédentes. Il hiverna cette fois à l’entrée de la rivière du Cap-Rouge, et repartit, le

rintemps suivant, avant qu M. de Roberval ut arrivé.

M. de Roberval, nommé lieutenant-général du roi dans les pays de Canada, Hochelaga, Saguenay et autres lieux, envoya devant lui Jacques Cartier, avec cinq vaisseaux, qui firent voile, le 23 mai 1541. Cartier, ayant quelques raisons de se défier des habitants de Stadaconé, remonta jusqu’à l'entrée de la rivière du Cap-Rouge, où il jeta les premiers fondements de la nouvelle colonie, et nomma ce lieu Charlebourg-Royal. Pendant l'hiver, les sauvages, rassemblés en grand nombre à Stadaconé, causèrent plus d’une fois de sérieuses inquiétudes aux Français, de sorte que, aux premières navigations, comme on n'avait aucune nouvelle du lieutenant-général, on se rembarqua pour la France. .

A peine Cartier était-il rendu à Terre-Neuve, qu'il rencontra de Roberval, qui amenait trois grands navires avec deux cents personnes: mais quelques Mastances que put faire celui-ci, Cartier n’en persista pas moins à retourner en France,

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5 Quel fut le résultat de l'entreprise de M de: Roberval ?—M. de Roberval vint s’ét.olir à Charlebourg-Royal, auquel il donna le nom de France-Roy. 11 y construisit sur la hanteur un assez joli fort, avec are de logis, fours. et moulins. Mais, pendant l'hiver, il perdit un quart de son monde, tant par maladie que par accident, et il se vit contraint ae repasser en France, dès l’année suivante (15h43).

6. Que devint le Canada après M. de Roberval ? —Pendant un demi-siècle, le Canada se fut fréquenté que par les vaisseaux de pêche et de traite. Une seule tentative d'établissement fut entreprise par le marquis de La Roche ; et cette expédition n’aboutit qu’à la perte d’une cinquantaine de malheureux, qui furent laissés sur l’île de Sable, et qui y périrent presque tous de misères et de privations.

7. En quoi consistait le privilége exclusif de la traite accordé au marquis de La Roche et à quelques autres ?—ÆEn ce que ceux qui l’obtenaient avaient seuls le droit de trafiquer avec les sauvages, et pouvaient saisir et confisquer tout vaisseau surpris à traiter contre les règlements, “ -

En accordant ce privilège, le roi se débarrassait d'une grande dépense et d'une grande responsabilité, les profits devenant alors assez considérables pour tenter les armateurs ou les riches particuliers. Mais ee systèrue avait deux inconvénients : celui de mone-

liser la traite pour la mettre exclusivement entre es mains d'un particulier ou d’une compagnie, et celui de nüire à la colonisation, parce que tout défri-

chement tarissait la source du revenu que pouvait rapporter le commerce des pelleteries.

8. Qui sollicita auprès du roi la commission du marquis de La Roche P— Ce fut Chauvin, capitaine de vaisseaux. Il obtint le privil go exclusif de la traite, tel que l'avait eu le margs de Lu Roche. Il établit un comptoir à

adoussac, en 1599, et fit en Canada deux voyages, qui lui furent très profitables, mais qui avancèrent fort peu les intérêts de la colonisation, parce qu’il ne s'occupa guère que de son commerce.

9. À qui fut confié le sort du Canada, après la mort de Chauvin P—Au commandeur de Chates, | Arr de Dieppe, homme de beaucoup

e mérits et d'expérience.

10. Quels moyens prit M. de Chates, pour assurer le succès de son entreprise ?—M. de Chates commença par former une compagnie puissante, qui pût subvenir aux frais de l’expédition ; puis, avant de risquer une colonie, il chargea (1603) Pontgravé et Champlain de bien examiner les lieux, afin de le mettre en état, l’année suivante, de faire un meilleur choix. Malheureusement, le commandeur mourut peu de temps après.

11. Que firent Pontgravé et Champlain dens leur voyage ?—Ils commencèrent par se concilier la bienveillance des sauvages, avec lesquels ils contractèrent une alliance solennelle à Tadoussac ; puis ils remontèrent le fleuve

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Saint-Laurent jusqu’au saut Saint-Louis, oh servant avec soin la nature et les avantages du pays, et recucillant de la bouche des indigènes tous les renseignements possibles sur le cours des rivières et sur la richesse des mines.

Le ?6 mai 1603, Pontgravé et Champlain entraient dans le port de Tadoussac, ramsnant de France deux Sauvages, qui devaient leur servir d’interprètes. Dès le lende:nain, les Français se rendiren. à la pointe aux Allouettes, oùétaient cabanés environ mille Sauvages. L'un des interprètes fit d’abord une harangue pour raconter comme le roi de France les avait bien traité, et pour assurer ses compatriotes que Sa Majesté désirait peupler leurs terres, et les secourir contre ieurs ennemis les Iroquois. Après ce discour:', qui fut écouté avec un religieux silence, le grand sagamo (ou chef) Anadabijou, présenta le calumet à Pontgravé st à Champlain. Suivant la coutume de ces peuples, on fuma ainsi quelque temps sans rien dire. Ensuite, ie grand chef prit la parole, pour exprimer au nom de tous combien ils étaient heureux de l'alliance que ‘eur offrait le roi des Français. Tout se termina par un grand festin et des danses solennelles.

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