‹ Histoire du Canada, à l'usage des écoles primaires et des maisons d'éducation [microforme]Chapitre 8 sur 31 · Quel événement anne eut lieu, aux · texte numérisé non relu

Quel événement anne eut lieu, aux

Trois-Rivières, en 1645 ?--M. de Montmagny réussit à y conclure avec les Iroquois un traité de paix, qui malheureusement ne dura guère.

M. dé Montmagny profita du moment où les Hurons venaient de prendre trois lroquois, pour. entamer des négociations de paix. Il se rendit aux Trois-Rivières, se fit livrer les prisonniers, et proposa une assemblée générale des sauvages voisins de la colonie. Au jour marqué, il parut dans la place du fort, qu'on avait fait couvrir de voiles de barques, et s’assit dans un fauteuil, entouré des principaux d'entre les Français. Les députés Iroquois, pour marquer plus de respect à Ononthio, s’assirent à ses pieds sur une natte; les Sauvages alliés étaient vis-à-vis. Les Iroquois avaient apporte dix-sept colliers de porcelaine, qui étaient aûtant de parûiés, c’est-à-dire, autant de propositions qu'ils avaient à faire. Tout étant prêl pour la tonfé-

# rence, l'orateur des cantons prit un collier, et le présents

au gouverneur: ‘“ Ononthio, dit-il, prôle l'oreille : je # suis la voix de mon pays. Mon cœur n’a rien de mau- ‘“ vais, je n'ai que de bonnes chansons en bouche. ” Là-dessus, il se mit à châfiter en gesticulant, ses collègues répondant en mesure avec: leur hé, qu'ils tiraient du fond de leur poitrine. Le second collier remerciait le gouverneur d’avoir rendu la liberté à un iroquuis ; le troisième lui ramenaït un français. Les autres avaient rapport à la paix qu'on devait conclure : l'un aplanissait les chemins, l’autre rendait la navigation libre; un autre enterrait la hache de guerre, Cette cérémonie dura trois heures. Deux jours‘après, M. de Montmagny répondit aux lIroquois, dans une assemblée aussi nombreuse que la première ; il leur fit autant de présents qu'il avait reçu de colliers. Les chefs algonquins et montagnais firent aussi leurs présents, et la séance finit par trois coups de canons, pour annoncer partout la nouvelle de la paix,

6% Quel changement eut lieu, cette année (1645), dans les affaires de la colonie ?—La compagnie des Cent-Associés céda la traite des pelleteries à la compagnie des Habitants, à condition que celle-ci se chargerait des frais du culte, de l'entretien du gouverneur et des troupes, et qu’elle ferait passer tous les ans, au Canada, vingt personnes de l’un et de l’autre sexe.

65. Comment les attributions du pouvoir civil furent-elles modifiées, en 1647 ?—Jusqu’à cette époque, le gouverneur jugeait en derniet

ressort toutes les causes civiles, et pouvait

s'adjoindre un conseil de son choix. En 1647, le roi établit un conseil, composé de trois membres : {4° du gouverneur général; 2% du supérieur des Jésuites, en atlendant qu'il y

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eut un évêque; æ du gouverneur particulier * de Montréai.

:66, Za composition, de ce. premier conseil

‘durat-elle lon temps ?+-Le: règlement de 1647

fut modifié des l’année suivante, et le nombre des conseillers porté à cinq.

Au mois d'août 1648, arriva un nouveau règlement ordonnant que le conseil de Québec se composeraït à l'avenir : du gouverneur, qui serait désormais nommé

our. trois ans ;. du supérieur des Jésuites, ou 'de

‘évêque lorsqu’ il y en‘aurait un ; du dernier gouverneur sorti de charge; entin de deux habitants élus, tous les trois ans, par 1e conseil des syndics de Québec, de Montréal:et des Trois-Rivières.

* 67. Qui succéda à M. de Montmagny ?Ce fut M. d'Ailleboust, en 1648.

‘La cour ayant jugé à propos de ne plus laisser\les

gouverneurs en place plus de trois ans, le chevalier de Montmagny reçut l’ordre .de remettre son gouvernement à M. d’Ailleboust. Le nouveau gouverneur était un homme de bien, qui connaissait parfaitement les besoins du pays: mais le peu de secours qu'il recut de France, ne jui permit pas de rad l'audace des Iroquois.

68. Quel fut le sort de la nation RAA ?— Les Iroquois envahirent subitement le pays des Hurons, au printemps de 1649, et mirent à feu et à sang toutes leurs bourgades, les unes après les autres.

La paix de 1645 ne fut pas de longue durée. Dès l'année suivante,.les Agñiers, ayant tué Je P. Jogues

et son compagnon Lalande, se liguèrent avec d’autres cantons pour reconimencer la guerre. Les Hurons ne

compagnie des Cent-Associés, fut nommé, le 17 janvier

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se tinrent pas assez sur leurs gardes, quoique déjà ces implacables ennemis. leur eussent surpris et défait deux grands partis de chasse. Dans l'été de 1648, les Iroquois fondirent à l'improviste sur la mission de Saint-Joseph, au moment où presque tousles hommes capables de porter les armes.étaient sortis; près de 700 personnes, femmes et enfants pour la plupart, furent. massacrées avec le P. Daniel, qui moutut héroïquement au milieu de ses ouailles: Au printemps de 1649. ils surprirent la grande bourgade de Saint-Ignace, et 400 personnes y périrent, La bourgade de Saint- Louis soutint bravement jusqu'à deux assauts; mais l'ennemi réussit enfin à faire une brèche à la palissade ; ce ne fut plus alors qu'une boucherie, Les PP, Gabriel Lalemant et de Brebeuf y furent faits prisonniers, et moururent au milieu des tourments les plus horribles. En moins de huit jours, tout le pays fut dévasté. Ceux qui étaient restés à Sainte-Marie, furent bientôt en proie à la famine, et se virent contraints de se réfugier dans une ile. Enfin, la bourgade de Saint-Jean, qui comptait à elle seule plus de 600 familles, eut biemtôt | le sort des autres. A la nouvelle que 300 Iroquois | étaient en campagne, tous ceux qui étaient en état de ! porter les armes, ne consultant que leur courage,.se mirent en devoir d’aller à leur rencontre. L’ennemi, instruit de cette imprüdente ‘ démagche, passa par des

chemins détournés, et arriva inattendu à la bourgade. |

Tout fut mis à feu et à sang. Lé P. Garnier partagea le sort de ses néophytes, et mourut glorieusement dans l'exercice de son ministère, Parmi les Hurons qui échappèrent au désastre généra!, les uns se réfugièrent chez les nations de l'ouest, ou se donnèrent aux vainqueurs; les autres descendirent à Quebec:

69. Par qui fut remplacé M. d’Ailleboust ?— M. d’Ailleboust fut remplacé par M. de Lauzon (en 1651). | |

M. de Lauzon, l’un des principaux. membres dela

1051. 11 d: barqua à Québec, le 14 octobre suivant, accomjagné de deut de ses fils, M. Jean de Lauzon, grand:s' nechal, et M. de la Citière. M. d’Ailleboust demeura dans le pays, et se fixa à Montréal.

10. Quel fut l'état de la colonie, après la ruine de la nation huronne P—Ce fut uh etat de continuelles alarmes à Montreal, aux Trois-Rivières et jusqu'aux environs de Québec.

Après avoir anéanti la nation huronne, les froquois, plus arrogants que jamais, se répandirent en granûes troupes par tout le pays. Un de leurs partis #étant approche des Trois-Rivières, M. Duplessis-Bochard, qui y commandait, voulut marcher contre eux, et fut tué dans le combat. Un peu auparavant, ils avaient porté le ravage et leffroi jusque chez les MOhtagnais et les Atticamègues. Montréal, qu ne renfermait dlors qu'une cinquantaine de Français, était tous les jours exposé à ‘Ue furieuses atiaques, Québec même, à rs reprises, se vit comme assiegé par ces, barares implacables.

.: 71. Quels furent les principaux événements du gouvernement de M. de Lauzon ?—La conclusion d’un traité de paix (1653) avec les Iroquois, et principalement avec les Agniers; l’arrivée d’une forte recrue pour Moutréal (1653), et l'établissement d’une mission sédentaire chez les Onnontagués (1655-6).

Les cantons supérieurs étaient déjà assez bien disposés; mais les Agniers s'étaient toujours montrés les plus âpres à la guerre, lorsque entin, en 1653, ils vinrent soudainement offrir la paix. Cette heureuse circonstsuce, jointe à l’arrivée d’une recrue considérable, que M. de Maisonneuve amenait de l'Anjau, tin Maine, de la Bretagne et du Poitou, au secours ‘de Montréal, permit à la colonie de respirer, et favorisa

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tés travaux des mis-ionnaires,, Les PP. Claumonot et' Pablon firent à Onnontagu* uñe misson préparatoire en 1655, et, le printemns:suivant, cinquante-ciniq pere sonnes, y compris les:missivunair-s, partirent sous les ordres de M. Dupuy, nourfonder sur les bords du lac Gannentaha un .peiit élub issemeut, qu malhvureusement n'eut | le sucçès qu'on et avait attendu Il s'était écoulé à peine deux uns, que l'ont apprit qu'il s'était formé un complot pour 1nass3crer les Français. Ceux-ci eurent néanmoins l'adresse de s'échapper de nuit, à la suite. d’un grandifestisr lonné'aux sauvages pour détourner leur attention (1658).

72. À qui M. de Lauzon, remit-il (1636) Le youvernement de lu colunie ? - À sou fils, M..de

Charny, qui lui-même le Taissa à M, D’Aille-

boust, l'année suivante (1657).

++ ÿ {+ : 6 {à } LEFRRT A JE LA LA an à M. de Lauzon, rendu à sa soixante-treizième année,

compris qu’il ne convenait plus aux circonstances où se trouvait la colonie, ut répassa en France (1656), laissant à sa place son fils M. de Charny, jeune homme actif et:brave. Celui-ci, resté veut peu de temps après le départ de son père, et décidé à embrasser l’état ecclésiastique, passa lui:mème en France, dès l’année suivante, et laissa les: rênes du gouvernement entre les mains de.M. D’Ailleboust, en attendant que le nouveau gouverneur fut arrivé (1657).

"73. Par qui fut remplacé M..de Lauzon ?—Par le vicomte d’Argensou.. C'était un homme de beaucoup de sagesse, et'qui donna l’éxemple d’une rare vertu et d’une grande sévérité de mœurs. Mais il ne put rien contre les Iroquois,

arce que la France le laissa sans secours.

Hour à la vue d’une colonie qu’il ne

ouvait défendre, en proie à la souffrance et à des chagrins personnels, il demanda son

rappel,.et laissa le Canada, trois ans après gon arrivée, en 1661,

Le vicomte d'Argenson arriva à Québec, le 11 juillet 1658. Dès le lendemain de son arrivée, il dut marcher contre les Iroquois, quiétaient venus piller et assassiner

usque près de la ville; il les poursuivit sans pouvoir es atteindre. Malgré son courage et son activité, la colonie serait tombée sous les coups de ces féroces ennemis, sans l’héroïsme de Dollard. Ce grand dévouement, ainsi que la fondation de la Congrégation de Notre-Dame, et l'érection de la Nouvelle-France en vicariat apostolique, sont les trois principaux événements de son administration.

7h. Quelle fut la fondatrice de la Congrégation de Notre-Dame ?—La Congrégation de Notre- Dame fut fondée, à Montréal, en 1659, par une pieuse fille, du nom de Marguerite Bourgeoys.

Marguerite Bourgeoys, native de Troyes, en Champagae, appartenait à une honnête famille de marchands. Ses tendances naturelles vers la vie pieuse et recueillie se fortilièrent avec l’âge, et elle flottait indécise entre les différentes voies qu'offre la vie religieuse, lorsque plusieurs faits extraordinaires semblèrent lui indiquer clairement,que Dieu l’appelaità travailler à l'instruction des jeunes tilles de la Nouvelle-France. Dès lors, elle ne songea plus qu’à se rendre au Canade, Elle arriva à Montréal, en 1653, sans autre ressource que sa foi et son courage. Après s'être occupée seule, pendant plusieurs années, de l'instruction des enfants de son sexe, elle pu associer à son œuvre quelques pieuses tilles, qu’elle était allé elle-même chercher en France, et fonda, en 1659, la Congrégation de Notre-Dame. Une étable fut le berceau üe cette grande et belle institution, qui compte aujourd’hui, dans notre province seule, une soixantaine de maisons ou couvents, fréquentés par plus de douze mille jeunes filles.

puéillie > entre orsque diquer ction s, elle

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leur tête était Dolfard, afrivé depuis peu en

75, Quel fut le premier évéque de Québec P—" Ce fut Mgr. de Layal. Ce prélat unissait à une illustre naissance des talents brillants, le zèle le plus ardent pour la religion, et une grande fermeté:de caractère. Il arriva à Quebec en 1659, avec le titre de vicaire apostolique de la: Nouvelle-France.

François de Laval, premier évêque de Québec, appartenait à l'illustre famille de Montmorency qui donna à la France six connétables et douze maréchaux, et qui comptait parmi ses ancêtres le premier bargn qui réçut le er avec Clovis des mains de St. Rémi.

l'naquit en 1623, fit ses études à la Flèche, au collége des Jésuites, et renonça aux grandeurs qui l’attendaient dans le monde, en prenant l’habit ecciésiastique. Vers 1656, il fut désigné pour être vicaire apostolique aux {Indes orientales. Mais des guerres soudaines, survenues en Asie, fermèrent alors la route des missionnaires aux grandes missions de l’Inde. Cette circonstance valut au Canada la gloire d’avoir Mgr. de Laval: pos son premier évêque. Il fut nommé vicaire apostoique de la Nouvelle-France, et sacré évèque de Pélrée (Petra, en Arabie) le 8 décembre 1658. Le 16 juin 1659,, il arriva à Québec, accompagné de quelques prêtres,

qui furent mis en possession dés cures, dont les Jésuites

jusqu'alors avaient été chargés. L'ile de Montréat : continua à être desservie par des Sulpiciens, établis au | Canada, depuis 1657. de

76. Racontez le dévouement de Dollard et de ses compagnons ?—En 1660, les Iroquois avaient formé le projet d’anéantir la domination fran-

aise, en lançant contre le Canada 1200 de:

eurs guerriers. : La colonie fut sauvée par l’héroïisme de 17 jeunes gens de Montréal. A

Canada, avec le désir de s’illustrer dans les ‘guerres contre les Sauvages. Après Ss’êlre engagés par une promesse solennelle à combatire et à mourir ensemble, sans jatuais demander quartier, ils warchèrent resolument ! au devant de l’eninemi. La rencoutre eut lieu sur les bords de l'Outaouais. Péndañt dix jours celle poiguée de braves, refugiés dans’ un mechan: fort de pieux, résistèrent aux assatts de sept cent froquois. IIS durent à la fin suc- €omber ; mais les ennemis, affaiblis et décou- -ragés par une lelle résistance, abandonnèrent Jeur projet, et reprirent le chenun de leur

pays.

. Au printemps de 1660, les Iroquois firent contre le Canada le plus grand etiort dont ils fussent capables. Leur plan était de surpreñdre'et de détruire Quêtec d’abord, puis d’achever la ruine de la domination française, en se rabattant sur les Trois-Rivières et Montréal. 1200 guerriers devaient marcher ensembie pour exécuter ce grand projet. La nouvelle d'une lavasion aussi formidabie jeta le Canada dans l'eftroi -et la consternation, parce qu’on manquait de soldats our se défendre. Heureusement, l’h-roisme de Dolard sauva la colonie. C'était un jeune homme, prein de bravoure, et qui n'avait quitté la France ‘que dans le dessein de se distinguer par de nobles explois. .Seize autres jeunes gens de Montréal s’unirent à lui, décidés à mourir pour le sulut de leurs frères. 1{ls.se préparèrent à la. mort. , Chacun fit son testament ; tous se confessèrent, communièrent ét promirent, au ied des autels, de combattre et'de mourir ensemble. Algonquins, et 30 Hurons commandés par is brave Anahotaha, obtinrent la permission dé partager leurs rils et leur gloire. : Vers la tin d'avril, les «dix-sept ‘héros de Montreal, dirent un éternel adieu à ieurs

ans 165

s’êlr'e ä COIM- Jj'tuais Iuent eul lieu iX Jours uns UN assauts fi suc- . décounnérent de leur

contre le ‘apables.

> Quékhec mination ières et ensemble le d'une s l'efiroi e soldats de Nolu, prein que dans explois.

ent à lui, ils se tament ; ent, au semble.

Lu brave

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parents ct à leurs amis, et marchèrent à la rencontre

‘ de l’armée :iroquoiss. [ls remontèrent l'Outaouais,

et s’arrétèrent au-dessous 'du saut do:la Chaudière, dans un petit fort de pieux: C'est là qu'ils périrént pour sauver leur pays. 200, Onnontagues les. atta-

quèrent, et, pendant sept jours, ils. sépuisèrent en

eflorts inutiles pour forcer la faïble enceinte palissadée. Mais 500 autres froquois arrivèrent à leur secours. Des lors la lutte:fut d’un acharnement extrême. : Malgré le froid, la soif, l'insomnie; la lassitude, les: Fran- Çais opposaient un courage indomptable aux assauts réj étés nuit et jour. Les ennemis, à demi découragés, étaient sur lé point de lever le siége lorsque la desertion d’une trentaine de Hurons vint leur‘rèndre cou-

rage, et le fort fut emporté par un supräme effort.

Anahotaha trouva une fin digne de lui: Invité àse rendre par un de ses.parents passé à l'ennemi :’ ‘J'ai donné ma parole. aux Français, répondit le chef. barbare : je mOurrai avec eux ; ” etil mourut. La lutte

avait duré 10 jours; tous les Français étaient tombés ;

mais leur mort $auvait la patrie.

77. Qui succéda à M. d’Argenson ?—Le baron d’Avaugour, homme. de guerre. plein de bravoure et de loyauté, mais d’une roideur ét d’une. inflexibilité de ‘caractère, qui finirent

‘par jéter la colonie dans le trouble et les plus

grands désordres.

D’A vaugour arriva à Québec au mois d'août de 1661, et s’occupa aussitôt à visiter le pays. Les beautés 'et les richesses naturelles: le charmèrent ; mais il fut si frappé de sa faiblesse, qu'il s’'étonndi comment son prédécesseur, avec si peu de forces, avait pu le défendre. Ce gouverneur avait formé les plus vastés projets pour assurer à la France. la possession de l'Amérique du Nord, lorsqu'il fut remplacé, en 1663, par M. de Mésy.

78. A quel moyen eut-on recours, en 1661, pour remédier a la jatblessede lu colonie? M, Boucher,

LA

rouverneur des Trois-Rivières, fut député en france pour exposer au roi la misère du Canada, et solliciter de prompts secours. Les demandes reçurent un accueil favorable. : Le roi Louis XIV donna ordre d'envoyer. quatre cents hommes de troupes, et nomina uu cornmissaire, M. Dumont, chargé de dresser un rapport sur l’état de la colonie.

79. Quelles furent la cause et les suites des dissentions entre l'évêque et le gouverneur ?—Ces dissentions eurent pour cause. l'opposition de M. d’'Avaugour aux mesures prises par Pévêque, pour supprimer le commerce de l’eau-de-vie avec les Sauvages. Elles eurent pour résultat la disgrâce du gouverneur, qui 1h rappelé en France, et remplacé par M. de

ésy. |

Les Sauvages aimaient passionnément le vin et les boissens fortes. Pour en avoir, ils étaient prêts à se dépouiller de tout, à vendre jusqu'à leurs propres enfants, et leur ivresse était accompagnée des excès les plus graves et des désordres les plus honteux. Champlain et ses premiers successeurs avaient prohibé la vente de l'eau-de-vie à ces barbares ; mais, depuis quelques années, ces défenses étaient tombées dans l'oubli. Mgr..de Laval les renouvela au nom de la religion, et défendit l’infâme trafic sous peine d’excommunication. D’Avaugour soutint d’abord avec vigueur les mesures dé l’Évêque, puis il s'y opposa opiniätrement, et les désordres s'accrurent d’une façon alarmante. Accablé de douleur à la vue des maux dont il était témoin, Mgr. de Laval prit le parti d'aller en France, et de porter ses plaintes au pied du trône. Le prélat oblint du roi tout ce qu’il deinanda. D'A-

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