‹ Histoire du Canada a l'usage dos maisons d'educationChapitre 24 sur 42 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

npagnos de 1756 et 1757 — ArriTée de Montoalm, de LérÏBf de BottrlamàqHer-PriM de Chonaguen .et de William-ilenry. .

258.1 La guerre qui devait décider du sort de la:. ouveLl^-France était réellement commencée depuis )Ux ans, lorsque la déclaration solieimelle en fut faite ^r^laGriMide-Bretagne sous George II le 18 mai 1756, ^par Louis. XV le 9 juin suivant» Poujt la soutenir ^ec gloire, la France envoya en Canada de ses meilm» troupes, un bataillon du régiment de la Sarre, . tim, .bataillon de Eoyal-Eoussilion. Le marquis de ^MtctaUn vint remplacer le baron Dieskau au comr oiKBdeQiont de l'armée. Quoique simple maréchal ; ^ejcamp,. il avait les pouvoii*s et faisait les fonctions l^ lieutenant général des armées du roi.

269. Avec M« de Montcalm, arrWèT^iùX. «cv^ss^v^wr ^^lors oJBBlQÎers : lo chevalier deljèv\Bj à^^^\^ ^ws.^^

152 VAUDREtJIL-ilONTCALM. [1766

Lévis et maréchal de Franco ; de Bougaîn ville, aide do cam]) de Montcalm, alors capitaine do dragons ; Bourlamaque, colonel d'infantorio et ingénieur, officier du i)roniior mérite, qui, à des talents Bupérieors joignait encore le sentiment des convenances et une grande fermeté de caractère.

260. Le marquis de Montcalm n*eut qu'à se féliciter do SOS premières relations avec M. de Vaudreuil; mais il ne tarda pas à reconnaître les abus nombreux

. qui exiwtAîAnf. en Canada. Il s'en plaignit^ «t. la Bonne entente pnruv n,*» «oufirir. Peu de vo»^p0 ta,K»i:è8 Tan'ivée du nouveau général, commencèrent a se révéler les premières indications de faits graves, accusant des désordres considérables dans les différentes parties de l'administration : Timprobitéde la plupart des fonctionnaires do la colonie, surtout de l'intendant et de ses complices ; la faiblesse du gouverneur ; la formation de deux partis jaloux l'un de l'autre, les troupes de l'armée régulière, et les milices canadiennes.

261. La disposition générale adoptée pour les opérations do l'armée française, en 1756, fut de se tenir sur la défensive, do faire quelques courses sur | le territoire ennemi, et surtout do surprendre le fort Chouagucn. Le chevalier de Lévis fut chargé de la ' garde de Carillon. M. de Bourlamaque, devait, du fort Frontenac, observer Chouaguen et la route du lac Ontario. Niagara fat fortifié de nouveau, et confié à M. Pouchot, capitaine au régiment de Béam ; on mit des troupes à Gaspé et sur la fVontière acadiennc ; les garnisons de Louisbourg et du fort Duquesn*^ furent augmentées : enfin l'on se tint prêt partout-

262. M. do Montcalm il&* porta do sa porsonno ^ Carillon, pour attirer toute l'attention de l'ennQï^^ sur ce point, pendant que Bourlamaque préparait, ^^ fort Frontenac, tout ce qui était nécessaire jyo'^ l'attaque de Chouagucn. Laissant alors le cheval i^^ de Lévi/8 à Carillon avec 3,000 hommes, contre ^^^

8,000 anglais que commaivdavt \e eoTcvlCk ^çi liCiViLdQt.^y^'» ^ "7 alla rejoindro Bourlumu(\v\v\cl 0i(iV3îCYc\v\\v ç.q\\ wtva.^^

1756 VAUDBEUIL-MONTCALM. 153

lo 10 août, à nne demi-lieue du fort Ontario, qui était situé en face de Chouaguen. Le colonel Bouriar maque, chargé des opérations du siège, ouvrit latranchée à quatre-vingt-dix toises. Le 13, les Anglais furent contraints d'évacuer le fort Ontario, qui fat immédiatement occupé par les troupes ûrançaises. Le lendemain au matin, M. Sigaud de Yaudreuil passa à la nage, avec ses canadiens et ses sauvages; la rivière Chouaguen, ou Oswégo, et, malgré le feu le plus vif, il alla occuper les hauteurs qui dominaient Chouaguen, et couper les communications entre ce fort et le fort George. Le feu plongeant que fit la batterie des Canadiens, obligea le lendemain les Anglais à capituler. Cependant ils n'avaient encore perdu que 150 hommes, du nombre desquels se trouvait le colonel Mercer. Plus de 1600 prisonniers, cinq drapeaux, 113 bouches à feu, 5 bâtiments de guerre, plus de 200 barques ou bateaux, avec d'immenses approvisionnements d'armes et de vivres, tombèrent au pouvoir des Français, auxquels cette victoire ne coûta que 30 hommes tu^s ou blessés. Montcalm détruisit les fortifications àe Chouaguen, et revint à Carillon, où il s'occupa de terminer les travaux de défense de ce fort.

2G3. La prise de Chouaguen dérangea les plans (lea Anglais, et laissa la Nouvelle-York plus que jamais exposée aux incursions des bandes canadiennes et aux cruelles attaques des sauvages alliés. En elfet,pcndant le reste de la campagne, la Pensylvanie et la Virginie furent tellement ravagées, que les c-olons reculèrent plus de quarante lieues au-delà des Ailéglianis, abandonnant maisons, récoltes et bestiaux. Le chevalier de Yilliers, à la tète d'un déta- <'hement de 55 hommes, alla même jusqu'à vingt lieues do Philadelphie, prendre le fort Grenville, oh tout fut brûlé, tué ou fait prisonnier.

2G4. Malgré les kuccch obtenus, le Canada, miné à l'intérieur par l' inconduite des admim«;tT«iX«\ttv ^^a»s6»^ pa-Tla famine, ne pouvait réaiôter \oti!^;^'xû:Ç^ w>3 6yrcca conBÎdérablcs que l'Angleterre xve ^î^^«»àî^ ^^'

154 VAUDREUXL-MONTCALH. [1761 .

voyer en Amérique. M. de Yaudrenil deinauda an minifitre dee secours en TiTTes et ' en soldats, "ilbàr henreusement, la guerre continentale abeorbait Ira resBOnzoea du gouvernement français, et le Canada fht nopHieulement négligé, mais regardé; comme un obstacle, à .la. guerre d'Allemagne; on n'accorda à 3Lj daVaudreufl que 1500 hommes. Pendant ce temps, Pitt, devenu ministre;, profita de la ileiiblesse 01^ dei'embarras où se trouvait la France, fit d'immenses ^prcpâratififi, envoya aux colonies anglaises lO^dOO^oldf ts^ et résolut do couper toute communication, entre la. flfsnce et le Canadai

265; Une fiotte. anglaise de plus de 20 vaisseaux, avec 12^00: hommes de débiu^uement, vint mouiller à Halifiuc* Elle était destlm^e à j^proiidre Lonisbourg, qui avait été cédé, à la ïVance loi^s do la paix d'AixlarChapelle, en 1748. La lenteur do Tamiral Ilolboume permit à M« Ihibois do la OBInivthe de jeter dan^ cottaplaceui^e. si forte garnison, que ronnetni crut inutile d'en, former -Ictsiogo.

266..' Avec, les quolquon fîoc*OTir8 envoyés do IVtuicc, MMJdc Vaudreuilot Monlcalm formc-iont leur plan de campagne, et dteitK l'ont que Ton prendrait, cette aimée (1757)^ lo jbrl (rODi-go, ou William-Henry, qui était établi à la tcto du lac 8nint-Sacrcment. Montealm l'investit complètement avec une armée do 'î,600 hommes,, dont 3,000 réguliers. Lo géni:i*al Moncoo se. défondit vaillamment pendant six ,îoni*s. Dana cet intervalle, lo général Webb, qui n'était qu'à. cinq lioncs do distance avec 4,000 hommes, reftiaa constamment do lo Recourir. L'im|>ossibilit6 oà Ton était de nourrir tant de prisonniers décida' Montcalm à les renvoyer, à condition de no pas serviK^ contra la Franco pondant dix-huit mois. Le lende — main de la capitulation, les Anglais se mirent oi^ route, sans attendre Toscorte qui avait ordre do le^ protéger contre les attaques des indiens; ils avaienS^ encore eu le. tort de donner du rhum à ces sauvages^ malgré les représentations expresses des générau^^ français» , A peine etaient-Us âortia du ioivV,^ ^<q» Vî^^

1757*58] yAxnoBixTiii^xoNTbAiiiL 155

sauvages alliés, ivres et fôrieux, les attaquèrent, pour piller leurs bagages. Lès Anglais, qui avaient conservé leurs armes, au lieu de faire bonne contenance devant les indiens, se sauvèrent en désordre. Les sauvages, excités par la lâcheté des fuyards, en tuèrent quelques-uns, et en firent un bon nombre prisonniers, qui furent plus tard renvoyés dans }a Nouvelle-Angleterre. Les fortifications fturent rasées, comme celles de Chouaguen.

CHAPITKB XIV.

Compare do 1758 — Famine — Prise de Loalebourg — Bataille de Canllon— Priée et destructioxi du fort Frontenac— Abandon du fort Duquetne.

267. L^hiver de 1757 à 1758 fut extrêmement long et rude. La famine allait toujours en augmentant ; le peuple était réduit à deux onces de pain par jour, et tout était d'une horrible cherté. Au mois de mai, il ' n'y avait presque plus de pain, ni de viande j la livre do bœuf se vendait 25 sous ; la livre de farine autant. Pour comble de malheur, le peu de vivres qu'envoyait la Prance fut en grando partie intercepté par les Anglais.

268. Au milieu de cet état de soui&ance et de gène, certains fonctionnaires et employés du gouvernement trouvaient moyen de passer le temps fort agréable- 3nn-ent, Des bals et des repas se donnaient au palais de rintendant. < On y jouait, dit M. Doroil, un jeu il faire trembler les plus déterminés joueurs. Heureusement pour ceux de nos officiers qui ont joué, que H. Bigot, qui est en état de perdre, a bien fait les lionnours de cette partie; il lui en a coûté environ 200,000 livres. î On jouait aussi à Montréal chez M, 4cle Vaudreuil. Le roi avait cependant défendu lefJ jeux de hasard; mais ses ordres étalent honteuse- »icnt violés.

269. Malgré J4 disette, la Tttr«>tfe àfô^ Ta»sî\^À.w^^ ^ la disproportion du nombre, lo Oîvuîv3iî\ Ti<i ^b^^^^^'«

pM^%li^hfUp. € I^Hi .0QnU»1ïUvBB, . wà wU Monte. .

8Q)ffi4^ r^hj^ d»M cio}w^*> On n'fivaît oependim^. qup/mpjo^^ d^:6/HH^ IvQ^ymicfai à oj)poB^i;aiix 50,000 qflu»-; ^ A!^gl|^iii^ opJÎQJii^ ayiôent mis. à la djiBpoiMkr .

tWimïaJ»^r4:A]l?Qrw>n|by, qui pppvaijfe ewQn. cimija^ riiserve.de 3Q^0OO milJAiQiMiK

par trois points : Louisboo^ijg» Carillon (l!iGani(lérog&)» . et le fort i)aqaesne. Les opérations commencèrent paF' Lontsboarg.

271. L'amiral Bosçftiye^ airriva 4eyant Lonisbourg le 2 de juin, avec une flotté de vingt-quatre vaisseaux de ligpe, di;|;-rhuj|t ^g^teç, c^pib cinqufnjbe transports et^l^^ÇOPi: bpRiniiEH^uaju: .ordres du. gîénéral Amherst La garnison était deprès de 7,000 hommes, tant soldats que miliciens et sauvage^,; leç fortification^ étaient mAuvaines et incompfètes^ malgiié les représcptations du gouverneur de la.place, If^ de Dmçour,' et il n'y avait idans le port que cinq vaisi^aux liors d'état do lutter contre la flotte de' Boscawén,; de sorte que, par siège, où par bloôus et famine, lés Ai^glais devaient

Î)rendre Louisbourg. Le débarquement commença e 6 juin, et le général Wolfe fut un de cou:^ qui contribuèrent davantage au suiïcès do l'attaque. Pendant le siège, madame de Drucour montra beaucoup de courage, excitant les soldats à- se bien défendre, mettant elle-même le feu au canon trois fois par jour. Après une résistance de près do doux mois, le gouverneur crut devoir ca2)itulcr. Les ramparts étaient démolis, l'artillerie hors de service; 8^0 soldats avaient été tués ou blessés ; 1200 autres étaient malades. M. do Drucour fut contraint d'accepter les conditions du vainqueur. Il demeura 2>ri30iinicr do guerre avec toute la garnison, et les habitant^ furent transportés en ÏVance.

2'i[2. L'expédition contre Carillon était conduite pjir

le général Aoercromby ; T^rmée anglaise se montait

k 16,000 hommes, dont 7,000 do troupes do ligne et

000 miliciens. Montcnlni, Lcvis et Boux'lamaque

1758] YAUDBXUIL-HONTOALM. 157

défendaient la place avec tla pou plus 'do â^OQCTI&lgmmeeu Le'Bjaifïet, sur. le midi, Abercn)mby inàIrpUa eontro les retranchements français avec beaucoup i}o "nvacité ; sou armée était divisée on quatre c<:>ronnos, dout ies intervalle? étaient occupés par dos ii^upes légèiios* On laissa renhemi s'approchdr. juâ^ù^a i^uarantGf-oinq'paA; là, on Tarrêta toûf^^^ côiirt par- un feu aussi juste I que bien' noiirri« lV3ndant sept heures,^ Tes colounes anglaises s'achanx'a^ent à oufcver lé rélrahchementy'et Ihrent six attaqii«\s eonsocii[tives. Kutbopsiasmco par le courage liôi*oïque de Moutcalm^ sa petit armée se battait avec joie et avec ùu. entrain ' admii^kble.' Une attaque 8)u* le fiano gauche de rariùée . ennemie 'iUt vigoureusement exécutée par M. 'de Xiévisî tandis' que du côté opposé la idottiUé aiigJaise de la rivière de la Chute Ait repoussée par le eaùon de Carillon. Enfin^ Abercrompy, après un combat opiniâtre, battit en retraite. Il avait perdu ^OÔO hommes; lesFranigais eurent 377 hommes tués ou blessés, dont 31 officiers. Les Canadiens, partagés en quatre ccKrps, sous MM. Eaymoud, de 5aint-0urs, Xianaudière et de Gaspé, se distinguèi-ent beaucoup pendant cette mémorable journée. Le soir de la victoire, Theureux général écrivait, sur le champ do bataille même, à M. Doreîl, son ami : i Ah I quelles troupes, mon cher Doreil, que les nôtres I je n'en ai jamais vu de parôilles; > Abercromby profita de l'obscurité de la nuit pour effectuer sa retraite. Il se rembarqua sur le lac Saint-Sacremeut, et revint établir " ses (|ttatiers au fort Edouaid, sans être pom*.suivi, pûi^e que' les troupes fhinçaises n'étaient pas en nombre suffisant, et qu'elles étaient trop fatiguées.

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