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“ D’année en année, pal eu occasion d’apprécier l’attachement des habitants de Québec au trane, au gouvernement de Sa Majesté la Reine, aime qu'aux intérêts de l'empire, et, lorsque, tout récemment, un nuage portant la guerre dans ses flancs menaça la Grande-Bretagne, rien ne me causa de plus légitime orgueil que de voir que les sujets franco-canadiens de Sa Majesté ne restaient pas d’un iota en arrière de leurs compatriotes écossais et irlandais, dans l'expression de leur désir de se rallier pour la défense de ses ns.
“Il est bien vrai que les différences de races qui existent au Canada, compliquent jusqu’à un certain point les problèmes que les hommes d'Etat ont à résoudre, cependant les inconvénients qui peuvent quelquefois en résulter sont plus que contre-balancés par lusieurs avantages qui en dérivent. Je ne crois pas que l’homogénéité ethnologique soit un bienfait sans mélange pour un pays. Il est incontestable que le côté le moins attrayant du caractère social d’une grande partie des populations de ce continent, est le cachet d’uniformité que présentent plusieurs de ses aspects, et je pense qu’il est heureux pour le Canada de pouvoir compter sur la coopération de différentes races. L'action réciproque des idiosyncrasies nationales introduit dans notre existence une ver.
deur, une fraîcheur, une variété, une couleur, une impulsion éclectique qui, sans cela, ferait défaut ; il serait d’une très mauvaise politique de chercher à les faire disparaître.
“Mes plus chaudes aspirations en faveur de cette province ont toujours été de voir ses habitants français accomplir, pour le Canada, les fonctions que la France elle-même a si admireblement remplies pour l’Europe. Enlevez de l'histoire de l’Europe le rôle de Ia France, retires de la civilisation européenne la part que la France y a prise, quel vide se produira !
“Je suis très sensible à la bonté que vous aves eue de parler en termes aussi flatteure de mes humbles efforts, pour favoriser les embellissements de votre cité, en préservant et dé. corant ses
des compliments que renferme votre adresse.
Dans aucune partie de le Confédération, elle
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n’a rencontré plus grande courtoisie alliée à plus d'attention chevaleresque et réfléchie, que dans la cité de Québec, dont la pittoresque situation et les délicieux paysages qui Penvironnent ne s’effaceront jamais de sa mémoire, ni de la mienne.”
Il est bon de conserver ces nobles paroles afin de les citer au besoin, de les rappeler à ceux qui pardonnent difficilement aux Canadiens-Fransais de vouloir garder si précieusement leur caractère national et ne veulent pas comprendre que la diversité des nationalités puisse être un bienfait, un élément de progrès pour un pays.
Au départ de Lord Dufferin, une pluie d’adresses et d’adieux touchants lui arriva de toutes les parties du Canada avec les souhaits de bonheur les plus sincères pour lui et sa digne et sympathique compagne, Lady Dufferin.
. Mais l’Empire avait besoin ailleurs de ses services et de ses talents d homme d'Etat, de diplomate consommé.
Et puis, son successeur, le marquis de Lorne, nous arrivait pour le remplacer, avec sa noble épouse, la princesse Louise, fille aimée de la reine Victoria. C'était une compensation dont le prix fut apprécié ; c'était un hommage à l'importance du Canada, une reconnaissance de la haute position qu’il occupait dans l'esprit des hommes d'Etat anglais.
Le marquis de Lorne et la princesse furent accueillis avec enthousiasme et ils justifièrent la confiance du gouvernement anglais et les espérances des Canadiens. Ils marchèrent de bon gré dans la voie brillante que leur avait tracée Lord Dufferin. Ils furent charmants, sympathiques, bienveillants et déployèrent un tact, un discernement et une impartialité qui les rendirent populaires.
C'est au marquis de Lorne que le pays doit la fondation de la Société Royale et son nom restera glorieusement attaché à cette œuvre de progrès scientifique et littéraire.
Dans la déplorable affaire Letellier, il fit preuve d'énergie et de volonté, il considérait que la destitution du lieutenant-gouverneur était un acte injuste et arbitraire, et malgré les attaques violentes de certains journaux conservateurs, il résista à la pression que l’on voulait exercer sur lui jusqu’au jour où il reçut instruction du Secrétaire des colonies de suivre l'avis de ses ministres. On avait décidé à Londres que l’article de la constitution qui donnaît au gouverneur le droit de démettre un lieutenant-gouverneur, voulait dire “ le gouverneur en conseil.“ Cette interprétation mit les Heutenants-gouverneurs à la merci du parti domi nant. | + à
Le marquis de Lorne mérite des éloges sincères pour avoir, dans cette circonstance, défendu bravement l'autonomie provinciale.
beaux-arts, la musique, la peinture, elle a laissé au Canada des dessins et des toiles qui dénotent beaucoup de goût et de talent.
Le marquis de Lansdowne qui occupe aujourd’hui une position pi importante dans la politique anglaise, succéda au marquis de Lorne.
Le gouvernement anglais a toujours été heureux dans le choix des gouverneurs du Canada, et c'est grâce, en grande partie, à sa sagesse sous ce rapport qu’il a conservé à PAngleterre la fidélité et la loyauté des Canadiens. Les hommes qu’il nous envoie appartiennent à ce grand monde anglais, où l’on est gentilhomme naturellement, sans morgue, sans affectetion, où l’on croit qu’on ne peut avoir une éducation parfaite sans parler le français.
Lord Grey et sa famille distinguée nous f frent en ce moment un exemple frappant des qualités qui caractérisent la haute société anglaise. C’est une belle et noble famille où règnent le bon ton, la politesse la plus exquise,
la bienveillance et la sympathie la plus sincère sans distinctions nationales ou religieuses. Lord Grey est impérialiste convaincu, il voudrait faire de toutes les parties de l’Empire britannique un immense bloc capable de résister à tous les assauts: c’est un sentiment naturel, un sentiment patriotique ches un anglais, dans une famille qui est l’un des piliers de l’Angleterre, Mais il a su jusqu’à présent concilier ce sentiment avec nos besoins et nos aspirations, il cherche à nous être agréable, à nous faire aimer l’Angleterre, ses institutions et ses dignes représentants. Ses discours et ses conversations rappellent la tournure d’esprit bril-
lante et gracieuse, et la largeur de vues de Lord Dufferin.
L’hostilité qu’il a rencontrée au Canada à l'égard de ses projets d’impérialisme l'ont un peu déconcerté sans l’aigrir.
N. B. — Plusieurs matières intéressantes qui auraient pu entrer dans ce livre seront traitées dans notre prochain volume.
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