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Histoire du Canada et des Canadiens français de la découverte jusqu'à nos jours [microforme]

PRÉSIDENT DU CONSEIL DES MINISTRES, MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES comme témoignage de reconnaissance d'un Français

POUR LA DOUBLE ŒUVRE ACCOMPLIE SOUS SON GOUVERNEMENT DE L'INSTRUCTION NATIONALE GÉNÉRALISÉE DE LA POLITIQUE COLONIALE RESTAURÉF

Ce Livre est respectueusement dédié

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Avril 1854

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Au lendemain de la fatale guerre de 1870-71, la France s'est, pour un temps, repliée sur elle-même, tout entière à la sensation amère de son désastre. La plaie était vive, douloureuse, La gloire de ses armes, sa prépondérance inilitaire jusque-là presque incontestée en Europe, ses prétentions à l'hégémonie de l'Occident, sa contiance en l'avenir, sa mission civilisatrice, tout semblait s'être effondré du méme coup. Loin qu'elle eût pu réaliser le rêve caressé par plus d'un patriote et ressaisir les limites de la vieille Gaule, — ces frontières du Rhin et des Alpes qu'elle ne retrouva un moment, pendant la Révolution, que pour les perdre presque aussitôt par l'effet de l'ambition etfrénée de Napoléon, — le sabre des Tudesques vainqueurs faisait une échancrure sanglante dans sa frontière deux fois séculaire. Le traité de Francfort nous enlevait le trente-septième de notre territoire et le vingt-quatrième de nos hommes. Dure expiation — sans parler de la fleur de notre jeunesse fauchée dans les batailles — pour les erreurs et les abdications dont notre peuple acquérait, mais un peu tard, conscience ! Ge qu'on a appelé « la libération du territoire », honneur du gouvernement restaurateur de Thiers, n'était qu'une libération incomplète, et Victor Hugo, inter-

prète puissant du sentiment national, pouvait, peut encore

S'éCrier !

Non, remparts, non. clochers superbes, non jamais

Je n'oublierai Strasbourg et je n'oublierai Metz. L'horrible aigle des nuits nous étreint dans ses serres. Villes! nous ne pouvons, nous Français, nous vos frères, Nous qui vivons par vous, nous par qui vous vivrez, Etre que par Strasbourg et par Metz délivrés.

Toute autre délivrance est un leurre :... et j'estime

Que Verdun est aux fers, que Belfort est victime

Et que Paris se traine, humble, amoindri, plainti!

Tant que Strasbourg est pris et que Metz est captif.

Mais, en attendant cette suprème libération du territoire, la France avait mieux à faire qu'à se vouer aux gémissements stériles. Un peuple qui s'abandonnerait piteusement aux regrets de son étoile assombrie et s'envelopperait dans son désespoir comme dans un linceul, serait un peuple décrépit, indigne de connaitre une fortune meilleure. C’est par de viriles résolutions, par des actes et par des eftorts constants, par un examen sérieux de conscience, et par les réformes qui s'ensuivent: morales, religieuses, sociales, qu’on peut préparer les revanches efficaces de l'avenir. Grâce à Dieu, la France était blessée, mais non moribonde. Un sang rouge, généreux, circulait encore dans ses veines, capable de cicatriser ses blessures et de rendre à tous ses membres la souplesse et l'énersie. L'œuvre de relèvement national, commencée dès 1872 et poursuivie au milieu de circonstances souvent difficiles, ne s’est jamais arrêtée depuis. C'est d'abord par l'état prospère de ses finances, sous la charge d'impôts presque doublés, que la France, riche du travail accumulé de ses générations économes, a prouvé l'étendue et l'élasticité de ses ressources; la rançon même des cinq milliards qu'il lui a failu verser à ses vainqueurs, couverte par une souscription de quarante-deux milliards de francs, lui a fourni l’occasion d'ap:

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