‹ Histoire du Canada et des Canadiens français de la découverte jusqu'à nos jours [microforme]Chapitre 16 sur 54 · XIII · texte numérisé non relu

XIII

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observations du cabinet français, le roi d'Angleterre ne fit-il aucune difficulté de convenir que Québec et son territoire devaient en effet revenir à la France. Néanmoins, les mois se passérent, deux années même s’écoulèrent sans que cette reconnaissance platonique aboutit à une restitution. Les Anglais n’ont jamais liché volontiers ce qu'ils ont une fois tenu. La cour de France, d’ailleurs, mettait une certaine mollesse dans «es revendications. Les ministres mêmes étaient parla- “cs sur les avantages de cette possession lointaine. Le Canada valait-il la peine qu'on fit de nouveaux efforts pour s'v établir? Ainsi raisonnaient les partisans de l'abandon, En fait, à ne cousidérer que sa situation d'alors, ilest bien certain que li € Nouvelle-France », malgré son étendue territoriale, ne donnait pas l'idée d'un puissant empire, Rappelons le tableau qu'en trace, en quelques traits, le P. Charlevoix:

€ Un petit établissement dans File Rovale (ile du Lap-Breton); le fort de Québec environné de quelques iméchantes maisons et de quelques baraques ; deux ou trois cabanes dans lile de Montréal, autant peut-être à ladoussac et en quelques autres endroits sur le fleuve Saint-Laurent, pour la commodité de la pêche et de la lraite ; un commencement d'habitation aux lüvières, et, en Acadie, les ruines de Port-Roval, voilà, dit tristement le narrateur, en quoi consistoit fa Nouvelle-France, et tout le fruit des découvertes de Verazant, de Jacques Cartier, de M. de Roberval, de Champlain, des grandes dépenses du marquis de La Roche et de M. de Mons et de l'industrie d’un grand

Trois-

nombre de François qui auroient pu y faire un grand elablissement s'ils eussent été bien conduits. »

Mais parce que la France n'avait pas su rer tout le parti possible de cette vaste étendue de territoire, ce n'était pas une raison pour qu'on se désintéressat de son avenir ni pour qu'on abandonnät à l’ambitieuse Angleterre le bénéfice de tant de travaux et de tant de découvertes qui avaient honoré le nom français. Les pêcheries de Terre-Neuve, du Cap-Breton et de l'Acadie occupaient déjà de mille à douze cents navires français. Sile Canada n'avait jusqu'à présent presque rien rapporté à la métropole, n’y avait-il pas dans les vastes prairies de son sol vierge, dans les mines qu'on avait déjà reconnues, dans ses innnenses forêts, si propres à la construction des vaisseaux, des trésors et des ressources à l'infini qui n'attendaient, pour donner tous leurs résultats, qu'une colonisation mieux suivie el une exploitation plus active?

uchelieu le comprit et décida le conseil du roi dans son sens, en invoquant sans doute, outre les raisons qne nous venons d'exposer, des considérations tirées de l'honneur de nos armes et des intérêts de la religion catholique. Comme les négociations avec l’Angleterre lrainaient en longueur, malgré là justice reconuue de notre cause, le cardinal ministre appuvya les | vaisons de la diplomatie d'arguments plus décisifs ; il fit armer en guerre six grands vaisseaux et quatre | petits et les mit sous les ordres du commandeur de } Razilly, avec le mandat de les conduire à Québer. | Avant que cette flotte eüt levé l'ancre, l'Angleterre qui,

d’ailleurs, était à la veille de sa grande crise intérieure |

et en sentait déjà les premiers tressaillements !, était

1 Les persécutions contre les Puritains commencérent en 1630. E

Les presbytériens d'Écosse signèrent leur Covcnant en 1637.

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entrée en composilion ; le trailé de Saint-Germain-en- Lave, signé le 29 mars 1632, rendit et reslitua « à Sa Majesté très chrétienne tous les lieux occupés par les Anglais en la Nouvelle-France, l’Acadie et le Canada », enjoignant à tous ceux quicommandaient à Port-Royal, au fort de Québec et au Cap-Breton de remettre ces lieux, huit jours après notification, aux officiers nommés pau le roi de France, etde faire réparer les dommages causés au sieur De Caën et aux autres individus qui avaient les intérêts à Québec, lorsque Kertk s’en était emparé.

Ce fut Emerv De Caën qui fut chargé, quoique « relisionnaire », d’aller reprendre possession, au nom de la France, de Québec et du Canada. Le roi, pour compenser les pertes que sa famille avait subies lant du lait des Anglais que de la résiliation du traité de l’ancienne Compagnie, lui accorda la jouissance des revenus du pays pendant une année; après quoi, Champlain devait reprendre son ancienne charge. Quant à Acadie, Richelieu, tout en confirmant Charles Delatour dans

« le conmnandement qu'il exerçait de fait depuis la mort de Biencourt, confia au commandeur de Razilly une connnission Spéciule « aux fins de restaurer et déve-

: lopper les établissements de ladite Acadie ». Les ins-

à lructions du cardinal portaient ce qui suit :

« Le sieur de Razillv ira recevoir des mains des Anglois la côte d’Acadie et notamment Port-Royal, pour y établir: la Compagnie formée par ordre de Sa Majesté pour ledit pays, et ceci au compte et aux frais de ladite Compagnie, à charge par le roy de fournir le vaisseau l'Æspérance en Dieu, lout armé, plus 10,000 livres comptant, sans qu'il puisse en coûter autre chose b uu rov.

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Ï ‘e d nes « A ad Ant ee ADN ie | ‘a à propos, avec victualles que ladite Compagnie jugera à propos, avec 4 ki et provisions nécessaires, et on renverra dans la à n Dieu!

le vaisseau l'Espérance en Dieu". »

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