‹ Histoire du Canada (volume 2)Chapitre 12 sur 95 · Compagnie de Montmorency. — Le duc de · texte numérisé non relu

Compagnie de Montmorency. — Le duc de

Montmorency, constatant que la compagnie de Ptouea s'occupait peu de la colonie, fonda une autre compagnie, en 1621, à laquelle il donna son nom. La nouvelle compagnie, ayantles privilèges et les obligations de la première, vit à sa

tête Guillaume de Caen et son neveu Emcry^ tous deux calvinistes, qui envoyèrent un vaisseau à Québec au printemps de la même année, pour informer Champlain de ce changement. Les membres de la compagnie de Pv,ouen en furent piqués, et prirent des attitudes menaçantes. Les prétentions des deux com|);ignies nuisaient considérablementaux progrès du pays. Champlain désii'eux de remédier à ce déplorable état de choses, envoya en France le père Georges Le Baillif, pour exposer au roi la situation précaire du pays. La fusion des deux compagnies fut le résultat de cette démarche. Un calme passager s'en suivit. Champlain put alors prescrire des règlements pleins de sagesse, et maintenir ainsi dans l'ordre et le devoir ceux qui auraient é;é tentés de s'en écarter.

Vers le même temps, le vice-roi concédait un terrain aux Récollets, sur la rivière Saint-Charles, où ils construisirent un couvent.

50. Oompagnie des Cent- Associés. — Le cardinal de Kichelieu, voyant que la compagnie de Montmorency ne s'occupait pas de la colonie, la remplaça par celle des Cent-Âssoeiés de la Nouvelle- France (1627). Plusieurs personnages distingués en firent partie. Cette nouvelle compagnie obtint le privilège exclusif de la traite des pelleteries, à condition d'élever la population française du Canada à 1600 familles, dans l'espace de quinze ans. Tous les colons devaient être catholiques et français. Cette compagnie dura jusqu'en 1603.

51. Conquête de la Nouvelle-France par les Anglais : Prise de Port-Royal.— Le Canada ne jouit pas longtemps- de l'ère de prospérité que lui apporta la compagnie des Cent- Associés. Trois huguenots français David, Louis et Thomas Kertk, mécontents de leur patrie, passé-

rent au pervice de l'Angleterre et obtinrent de la couronne six vaisseaux dans le but de s'emparer de toutes les possessions françaises au Canada (1628). Après avoir pris Port- Hoyal et capturé à Tadoussac un vaisseau français chargé de provisions pour Québec, les Kertk se portèrent jusqu'aux habitations des fermes du cap Tourmente, fondées par Champlain (1626), et les réduisirent en cendres. Le surveillant de ce poste et plusieurs colons furent emmenés captifs.

52. Sommation de David Kertk.— Après avoir ravagé Tadoussac et ses environs, David Kertk envoya des messagers à Champlain pour le sommer de rendre le fort et l'habitation de Québec. Malgré la misère extrême qui régnait alors, Champlain, attendant des secours prochains de France, fit faire à Kertk cette chevaleresque réponse : " Ayant encore des grains, blés d'Inde, pois, fèves, sans compter ce que le pays fournit, dont les soldats de ce lieu se passent tout aussi bien que s'ils avaient les meilleures farines du monde, nous vous attendons d'heure à autre pour vous recevoir et empêcher, si nous pouvons, les prétentions que vous avez sur ces lieux."

Cette fière attitude déconcerta l'ennemi. Avant de se retirer les Kertk brûlèrent les établissements de Tadoussac.

53. Combat naval. — La flotte de Roquemont, apportant à la colonie des secours de France, fut attaquée dans le golfe par les vaisseaux des Kertk. Après un combat opiniâtre de six heures, Eoquemont dut baisser pavillon et se rendre. Deux jésuites, les pères Charles Lalemant et Ragiœneau, trois récollets, le sieur Robert Giffard et Le Faucheur, bourgeois de Paris, étaient au nombre des prisonniers. Malgré cette victoire, les Kertk n'osèrent paa encore attaquer Québec,

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Ea apprenant la défaite de Roquemont, tous les colons furent dans la consternation. La misère extrême, qui régna pendant l'hiver, obligea des Français à mendier quelque nourriture aux sauvages alliés.

54. Capitulation de Québec— L'année suivante (19 juillet 1629), David Kertk somma Champlain de rendre la ville. La lettre, écrite en termes polis, promettait une capitulation honnête et honorable. Champlain, après avoir consulté les principaux citoyens, se rendit. Louis Kertk demeura à Québec, et Thomas, emmenant sur son vaisseau Champlain, les religieux et un certain nombre de huguenots, partit pour Tadoussac.

David Kertk ratifia l'acte signé par ses frères et traita Champlain avec beaucoup d'égards. En arrivant à Plymouth, les conquérants apprirent avec peine qu'un traité de paix, signé entre la France et l'Angleterre deux mois avant la prise de Québec, annulait les avantages de cette capitulation.

Questionnaire. — l. Nommez les chefs de la compagnie de Montmorency . — 2. Quelle compagnie remplaça celle de Montmorency ? — 3. Parlez de ses privilèges — de ses obligations . — 4. Quelle réponse fit Champlain au messager de David Kertk ? — 5. Quelle flotte fut attaquée dans le golfe ? — 6. Quel fut le résultat du combat ? — 7. Que savez-vous de la capitulation de Québec ?

Devoirs. — Parlez des missions des Récollets. — 2. Racontez la conquête de la Nouvelle-France par les Anglais.

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