‹ Histoire du Canada (volume 2)Chapitre 14 sur 95 · Arrivée des Ursulines et des Hospitalières.— Les · texte numérisé non relu

Arrivée des Ursulines et des Hospitalières.— Les

Ursjilines et les Hospitalières vinr&ni au Canada, en 1639, les premières fondèrent iine école pour les jeunes filles, les secondes, un hôpital pour les malades. Madajue de la Peltrie, qui s'occupa de la première fondation, fut puissamment secondée dans son œuvre par Marie de V Incarnation. La duchesse d'Aigtàllon consacra ses biens à l'établissement de l'hôpital.

DÉVELOPPEMENT

55. Traité de Saint-Germain-en-Laye. — Les zvertk s'étaient emparés de Québec après la prise de Za Hochelle par Richelieu, laquelle avait amené le traité de 6v<2el, qui annulait la conquête des Kertk. Québec fut rendu à la France par le traité de Saint- Germain en Laye (1632).

56. Champlain revient au Canada. — Après le traité de Saint-Germain-en-Laye, la France se demanda si elle devait continuer à coloniser les déserts de bois et de neige, où ses tentatives, jusque-là, n'avaient eu aucun résultat. La pensée d'étendre le règne de Jésus-Christ au milieu des tribus indiennes, lui fit reprendre courageusement l'œuvre commencée.

Champlain revint au Canada (1633), amenant 200 colons, parmi lesquels se trouvaient un bon nombre do cultivateurs. Le bruit du canon du fort annonça son arrivée. La vue du drapeau fleurdelisé, flottant au gré des vents, réjouit toutes les familles françaises. De Caen, fanatique huguenot, venu l'année précédente pour réparer ses pertes éprouvées pendant la guerre, remit solennellement les clés du fort à Champlain. Le père de Brébeuf, faisant partie de l'expédition, fit l'éloge le plus pompeux du cardinal de Richelieu et du fondateur de Québec.

1 Le traité de Suze (2-1 avril 1629) établissait la paix entre la France et l'Anorleterre.

Champlain voulut donner un cachet vraiment chrétien à sa colonie. Aussi, voyait-on figurer ensemble, à la table du commandant, les ëpaulettes militaires et les robes cléricales. La cloche de la chapelle appelait régulièrement à la prière, aux offices, même à la confession.

L'ambition de la France était de vaincre les tribus indiennes par la croix et non par Vépêe. Au lieu de les exterminer, elle voulait les conserver et les gagner à Jésus- Christ.

57. Notre-Dame de la Recouvrance — Champlain se rendit au bas des rapides du E^ichelieu, pour établir, sur

un îlot, près de la pointe de Sainte-Croix f un poste de traite de pelleteries avec les Sauvages. De retour à Québec, il se mit en devoir d'accomplir le vœu qu'il avait fait à la très sainte Vierge, dériger une chapelle sous son vocable, si elle le ramenait un jour dans ces contrées. C'est alors qu'on vit s'élever le sanctuaire de Noire-Dame de la Recouvrance'^ , que la piété des fidèles devait plus tard transformer en basilique.

58. Seigneurie de Beauport.— Pour favoriser le courant d'émigration au Canada, plusieurs associations se formèrent même au centre de la France. L'une des plus considérables, fut celle de Mortagne, établie par Robert

Notre-Dame de la Recouvrance

1 Cette chapelle fut incendiée en 1640.

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Giffard (1634), qui, en récompense de son dévouement, obtint la seigneurie de Beauport, où il vint s'établir avec a-à famille, ses censitaires'^ et l'abbé Le Sueur.

On vit bientôt s'élever en ce lieu un manoir pour le seigneur et des maisonnettes pour les censitaires. Beauport fut transformé en un charmant village se dressant gaie-' ment en face de Québec, au-dessus de la magnifique nappe d'eau qui forme la rade.

Les pionniers français de cette habitation ont été la souche de la plupart des preux Canadiens qui, par leur bravoure sur les champs de bataille ou leurs entreprises audacieuses, ont illustré les fastes de notre histoire.

59. Fondation de Trois-Rivières.— Au commencement de la colonie, les Français établirent un poste de traite à Trois-Rivières, appelé par les sauvages Métaberoutin. Les Algonquins, les Attikamègues et les Montagnais passaient une partie de l'été à chasser et à pêcher dans cet endroit. Pour rendre cet établissement fixe, Champlain chargea La Violette (163-i) de construire un fort et une habitation sur l'emplacement d'une ancienne bourgade algonquine détruite par les Iroquois.

Les pères Lejeune et Buteux, jésuites, s'y fixèrent, la même année, dans une résidence appelée Conception, et commencèrent à tenir les registres paroissiaux, qui n'ont pas été interrompus jusqu'à nos jours.

60. Mort de Champlain.— Champlain mourut à Québec le jour de Noël de l'année 1635. Durant toute sa maladie, les pères Lejeune et Lalemant lui prodiguèrent les soins les plus assidus.

Jusqu'à son dernier soupir, Champlain porta le plus tendre intérêt à la colonie fondée au prix des plus grands

1 On appelait censitaires ceux qui, en retour des terres reçues d'un seigneur, devaient payer une redevance annuelle appelée ce/ta.

sacrifices. Il fut regrette des Français et des Sauvages. Ses obsèques se firent avec toute la pompe possible : cha» cun voulait rendre un dernier hommage aux restes mortels de celui qui appréciait j!9^?^s le salut d'une cime que la conquête d'un royaume. Le }ièro Lejeune, eu. écrivant une courte notice sur la mort et les funérailles de son ami, disait : " Hors de son pays natal, la France, son nom n'en sera pas moins glorieux aux yeux de la postérité."

Le corps de Champlain fut inhumé sous une voûte de pierre faite exprès, qui a été accidentellement découverte en 1856.

Québec doit s'honorer d'avoir eu pour fondateur un homme qui a donné l'exemple de toutes les vertus. Habile marin, guerrier valeureux, célèbre cosmographe, il employa tous ses talents à la conversion des tribus indiennes. Sa constance était à la hauteur de son esprit d'abnégation et de désintéressement. L'abandon des compagnies, les courses des Iroquois, les invasions anglaises ne le découragèrent jamais. Sa devise nous révèle toute l'impersonnalité de son dévouement au service de Dieu : Tout pour sa cause, rien pour moi.

61. M. de Montmagny.— ;^L Antoine Bras de fer de Châteaufort administra la colonie, en attendant M. de Montmagny'^, chevalier de Malte, qui arriva à Québec le 11 juin 1636, en qualité de gouverneur, de vice- roi et de juge. Au bruit de la petite artillerie, il fut conduit processionnellement à l'église, oîi l'on chanta le Te Deu7n,

Après la cérémonie, il se rendit au château Saint- Louis, et M. de Châteaufort lui remit les clés de la place.

1 Les sauvatres lui donnèienb le nom â'' Onoiithio, signifiant Grandei^fow/t^^)^e (Moiis Magiius). Le nom û'Ononthio {>assa à tous les g'ouverneura du Canada. Le roi de Fiance était le Orand OnoiUhio.

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De Montmagny continua les améliorations de Québec, commencées par Champlain, peu de temps avant sa mort. Il agrandit l'enceinte du fort, devenue trop étroite, traça lui-même les rues au cordeau et les propriétaires réparèrent leurs maisons. La ville présenta un aspect plus gai, et les familles de Repentigny et de La Potherie, toutes deux prospères et pleines d'avenir, venaient augmenter sa petite population.

62. Collège des Jésuites.— La fondation du collège des Jésuites (1635) attira l'attention de M. de Montmagny. Il présumait que cet établissement engagerait plusieurs familles françaises à passer au Canada, où elles pourraient procurer à leurs enfants une éducation en rapport avec leur condition. Il favorisa les pères en leur accordant douze arpents de terre, près du château Saint-Louis. Le marquis de Gamache, dont le fils Hené Rohaidt était sur le point d'entrer dans la Compagnie de Jésus, donna 6,000 écus d'or pour soutenir l'œuvre du collège.

63. Bourgade de Sillery. — La lecture des relations des pères Jésuites engagea le commandeur No'él-Michd Brûlart de Sillery'^ à jeter, près de Québec, les bases d'une bourgade destinée à recevoir les néophytes algonquins et niontagnais et à les affermir dans la foi chrétienne (1637). Cette mission, qui avait pour but de fixer les tribus nomades, prit le nom de Saint- Joseph.

Le nom de M. de Sillery est resté attaché à l'endroit où il fonda sa bourgade, témoin de tant d'exemples de vertu.

1 M. de Sillery, ancien ambassadeur de France à Madrid et à Home, dégoûté des honneurs de ce monde, embrassa l'état ecclésiastique et se livra à toutes sortes de bonnes œuvres. Son grand âge l'empêcha de venir au Canada. Il mourut (26 septembre 1648) sans avoir pu achever l'œuvre commencée sur l'avis du père Lejeune, mais que ses proches complétèrent.

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