‹ Histoire du Canada (volume 2)Chapitre 48 sur 95 · GUERRE DE LA RÉVOLUTION AMÉRICAINE · texte numérisé non relu

GUERRE DE LA RÉVOLUTION AMÉRICAINE

RÉSUMÉ

213. Rébellion américaine.— L'impôt du timbre (Stamp Act), que l'Angleterre exigea des Etats-Unis, amena la révolte des 13 colonies américaines (1773).

214. Premier appçl aux Canadiens. — Lors de sa protestation contre les actes du parlement britannique, le congrès américain fit un appel chaleureux aux Canadiens (1775), pour les attirer dans leur rébellion,

215. Invasions des Anglo- Américains.— A cette époque, deux corps d'armée, commandés par Montgomery et Arnold^ furent chargés d'envahir le Canada.

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216. Campagnes de Montgomery et d'Arnold. — Montgomery, en passant par le lac Champlain, s'empara de Ticonderoga, de la Poiute-à-la-Chevelure, de Saint-Jean, de Cliamb.y et de Montréal ; après ces exploits, il vint mettre le siège devant Québec, où Arnold, qui s'était avancé par le Kénébec et la Chaiidière, le rejoignit (1775).

217. Attitude de Carleton.— L'invasion américaine détermina Carleton à mettre la milice sons les armes.

218. Politique de Montgomery.— Pour gagner les Canadiens, Montgomery proclama qu'il ne venait pas à eux cotnnie ennemi, viais coynme libérateïir.

219. Attaque de Québec. —Montgomery attaqua Québec dans la nuit du 31 décembre, et il mourut dans le combat.

220. Second appel aux Canadiens.— Le second appel aux Canadiens n'eut pas plus d'effet que le premier. Les ravages de la petite vérole obligèrent les Anglo-Américains à lever le siège de Québec (1776).

221. Guerre offensive.— L'Angleterre confia 9000 hommes au général Burgoyne pour déloger les Américains du Canada (1776).

222. Combat ■aa.\a.\.'-P?i}igle attaqua sur le lac Champlain 16 vaisseaux américains, qu'il obligea à se disperser.

223. I<es Anglais dans la Nouvelle-York. — Après quelques succès, les Anglais furent battus et acculés sur les hauteurs de Saratoga, où les Anglo- Américains les obligèrent à déposer les armes. Cette victoire amena l'indépendance des Etats-Unis.

221. Participation des puissances européennes à la lutte.— La iv'awr*?, V Espagne et la Holla7ide se déclarèrent' contre l'Angleterre. La capitulation de Cornwallis à Yorktown assura définitivement l'indépendance des 13 provinces de la colonie.

225. Traité de Versailles. — Par le traité de Versailles, l'Angleterre reconnut l'indépendance des Etats-Unis (1783).

226. I^es I/oyalistes ou Royalistes. — L'indépendance des Etats-Unis amena au Canada 25,000 Anglo-Américains, restés fidèles à l'Angleterre ; ils se fixèrent dans les Cantons de l'Est (province de Québec), dans le Haut- Canada et les provinces maritimes (1784).

227. Destruction des cantons iroquois.— Le général Sullivan réduisit en cendres les villages des Iroquois qui, pendant la guerre, s'étaient rangés du côté des Anglais.

DÉVELOPPEMENT

213. Rébellion américaine.— La guerre de Se,-pt ans, eu somme favorable à l'Angleterre, avait porté la dette de cette puissance à quatre-vingts millions de louis sterling. Pour la payer, le gouvernement anglais soumit d'abord les treize colonies américaines à l'impôt du timbre (Stamp Act), qu'il remplaça ensuite par des droits sur le verre, le ploTïih, le thé et le papier. Les colonies anglo-américaines protestèrent, en prétendant qu'elles ne pouvaient pas être taxées sans avoir leurs propres représentants à Londres. Le gouvernement fit la sourde oreille à leurs observations, et des émeutes s'ensuivirent. Les Bostonais, plus ardents que les autres, brûlèrent les registres des douanes de la vice-amirauté, et saccagèrent les bureaux des employés de la métropole. Malgré ces clameurs publiques, l'Angleterre maintint des droits sur le thé, comme signe de son pouvoir souverain. A cause de cette mesure, des Anglo-Américains, travestis en Indiens, montèrent à bord de trois vaisseaux amarrés au quai, et jetèrent à la mer 340 caisses de thé, sans toucher aux marchandises exonérées (1773).

214. Premier appel aux Canadiens.— Pour punir les révoltés, le gouvernement anglais fit fermer le port de Boston, et occuper la ville ^ par les troupes royales. Alors, un congrès général, composé des députés de toutes les colonies, à l'exception de la Géorgie et du Canada, s'assembla à Philadelphie, et tout en restant soumis à la couronne, protesta contre les actes du parlement britannique (1775). Le congrès, dans une adresse pleine d'astuce, fit appel aux

l La ville de Boston est située sur la baie du Massachusetts*

Canadiens : " Saisissez, leur dit-il, l'occasion que la Providence elle-même vous présente ; osez être libres et joignezvous à nous pour défier les tyrans." Dans ces circonstances difficiles, les Canadiens, guidés par le clergé, demeurèrent dans la neutralité.

215. Invasions des Anglo-Américains.— Le congrès de Philadelphie, voyant que l'Angleterre voulait employer la rigueur, publia la célèbre déclaration des droits. Des enrôlements de patriotes eurent lieu. Un riche planteur, qui s'était déjà signalé dans la guerre de Sept ans, l'illustre Washington, fut créé généralissime des milices nationales. Ce général américain, doué d'une audace tempérée par la prudence et la sagesse, dirigea le mouvement insurrectionnel. Deux corps expéditionnaires furent chargés d'envahir le Canada : le premier, commandé par Montgomery, marcha sur Montréal, par le lac Champlain et le Richelieu ; le second, dirigé par Arnold, s'avança sur Québec, par le Kénébec et la Chaudière.

216. Campagnes de Montgomery et d'Arnold. — Montgomery eut du succès dans sa campagne. Après s'être emparé de Tieonderoga, de la Pointe-à-la- Chevelure, de Saint- Jean et de Chamhly, il se porta sur Montréal, qui lui ouvrit ses portes sans résistance. Tout fut livré : forces navales, magasins et provisions (1775). Le général Prescott, les volontaires et les soldats devinrent prisonniers de guerre. Ayant trouvé du drap en abondance, Montgomery fit confectionner des habits d'hiver à ses soldats, qui avaient déjà beaucoup souffert du froid.

La troupe d'Arnold opéra sa marche avec mille difficultés à travers les halliers et les savanes du Maine. Après avoir atteint le fleuve, elle le remonta jusqu'à la Pointeaux-Trembles, où elle rencontra Montgomery. Les deux armées réunies, comptant 1,000 à 1,200 hommes, se rendi-

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rent à Québec, qu'elles assiégèrent au commencement de décembre.

217. Attitude de Carleton.— A la vue de l'invasion américaine, Carleton proclama la loi martiale, qui autorisait l'application de la force armée. Il leva ensuite la milice et fit appel aux Canadiens et aux Iroquois, qui restèrent indifférents à ses avances.

218. Politique de Montgomery. — Montgomery employa tous les moyens possibles pour tâcher d'augmenter ses forces. Bien qu'il sût que le clergé lui était opposé, il faisait respecter la religion et se montrait plein de déférence pour les prêtres ; il attira un certain nombre de Canadiens en proclamant qu'il ne venait pas comme ennemi Triais comme libérateur , et en leur promettant un gouvernement en rapport avec leurs besoins

219. Attaque de Québec— Le siège de la ville dura tout le mois de décembre. Dans la nuit du 30 au 31, Montgomery chargea trois petits corps d'armée d'attaquer Québec par trois points différents à la fois ; la porte Saint- Jean, la citadelle et le Sault-au- Matelot, tandis que luimême, à la tête de la plus forte colonne, enlèverait la barrière et ferait son entrée dans la ville par la rue Cham- ■plain.

Malgré l'obscurité d'une nuit neigneuse, les sentinelles vigilantes signalèrent l'ennemi, qui fut mis en déroute par un feu bien nourri. Dans cette attaque, les Anglo- Américains eurent cent hommes tués ou blessés ; parmi les morts, se trouvaient Montgomery et ses deux aides-decamp.

220. Second appel aux Canadiens.— Après l'échec subi à Québec, Arnold demanda à Washington de lui envoyer 3,000 hommes de guerre. Ce dernier, ne voulant

pas affaiblir son armée régulière, tira huit bataillons des colonies, qu'il dirigea sur Québec, et fit un second appel aux Canadiens. L'adresse, pleine de patriotisme, contenait ces mots : " Tel est le sort des choses humaines, les meilleures causes sont exposées aux vicissitudes de la fortune ; mais le courage des âmes généreuses, éclairées et inspirées par le soleil de la liberté, grandit avec les obstacles." Ce second appel n'eut pas plus d'effet que le premier.

Les ravages causés par la petite vérole et l'arrivée des troupes anglaises obligèrent les Anglo- Américains à lever le siège de Québec (1776). Forcés de partir précipitamment, ils laissèrent leurs munitions, leur artillerie et leurs bagages.

22L Guerre offensive. — L'Angleterre envoya au Canada (1776) le général Burgoyne, à la tête de 9,000 hommes, qu'il dispersa sur les bords du Saint-Laurent. Le corps le plus avancé, se trouvant à Trois-Ptivières, fut attaqué par le général Thompson, commandant 1,880 hommes, qui fut fait prisonnier avec 200 de ses soldats. Burgoyne poursuivit les Américains, les délogea de Sorel, de Chambly, de Saint- Jean, et les repoussa jusqu'à Carillon, d'où ils étaient partis huit mois auparavant.

222. Combat naval. — Les Anglais, qui venaient de repousser les troupes américaines jusqu'au delà des frontières, étaient aussi victorieux sur le lac Champlain. La flottille du général Pringle attaqua seize vaisseaux commandés par Arnold, et les obligea de se disperser. L'un d'eux baissa pavillon, quatre autres prirent la fuite, le reste de la fiottille, échoué sur le rivage, fut brûlé par Arnold lui-même

223. Les Anglais dans la Nouvelle-York. — Tandis que dans la Nouvelle- York, Burgoyne s'emparait de

Ticonderaga et du mont Indépendance, \e ^ênkvdX Fraser , muni de 128 pièces Je canon et de beaucoup de munitions, mettait en déroute 2,000 Anglo-Américains, à Huhhardton. Cependant, les Anglais eurent de terribles revers à Bennington et à Albany. Burgoyne, cerné de toute part, se retira sur les hauteurs de Saratoga où il fut forcé de mettre bas les armes : c'était le 16 octobre 1777. Cette dernière victoire donna aux insurgés une supériorité décidée. Les treize colonies signèrent leur fameuse déclaration d'indépendance, en s'engageant à la soutenir " de leur vie, de leur fortune, de leur honneur." La signature du Canada manquait seule au bas de cette pièce célèbre dans l'histoire.

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