Proclamation de la Confédération —L'^c^e
de Confédération, proclamé en Angleterre le 23 mai 1867, ifut mis en vigueur le 1er juillet de la même année. Cet
événement donna lieu à de grandes réjouissances publiques. Lord Monck, chargé de faire fonctionner le nouveau gouvernement, choisit sir John A. Macdonald pour son premier ministre ; ce dernier s'associa sir Georges- Etienne Cartier, son collègue intime.
344. Les provinces confédérées. — Les provinces réunies furent le Bas-Canada et le Haut ; le premier ScVç>pela p7-ovince de Québec et le second, provbice d! Ontario ; la Nouvelle- Ecosse et le Nouveau- Bru7iswick conservèrent leurs noms respectifs. Ottawa devint la capitale fédérale, et chaque province eut sa capitale particulière. Depuis,
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la Confédération s'est accrue des imraenses territoires du Nord-Ouest (1870), du Maniioba (1870), de la Colombie- Anglaise (1871), et de Vile- du- Prince- Edouard (1873).
345. La Nouvelle-Ecosse. — La Nouvelle- Ecosse, ou Acadie, presqu'île d'une étendue de 21,730 milles carrés, fut cédée à l'Angleterre par le traité d'Utrecht (1713). Ses limites mal déterminées occasionnèrent souvent des hostilités entre les colons des races française et anglaise. Pour prévenir tout empiétement des Anglais sur la terre en litige, le gouverneur du Canada engagea 3,000 Acadiens à aller s'établir sur la rive nord de la baie de Fundy et à l'île Saint-Jean (Prince-Edouard). De son côté, l'Angleterre faisait des promesses favorables aux colons qui iraient se fixer dans cette colonie, et l'on vit alors 4,000 soldats licenciés s'installer au port de Chibouctou (1749), pour y fonder Halifax. En 1752, 1,500 émigrants allemands arrivaient dans le comté de Lunenburg.
L'exil de 7,000 Acadiens, ordonné par les autorités coloniales anglaises, fut un fait bien douloureux qui se passa en 1755.
Après la cession du Canada à l'Angleterre, le ISTouveau- Brunswick et les îles du Prince-Edouard et du Cap-Breton appartinrent d'abord à la Nouvelle-Ecosse, pour s'en détacher ensuite et former des provinces séparées. La révolution américaine amena 20,000 royalistes dans ces différentes contrées (1784).
Les événements les plus remarquables dans l'histoire de cette presqu'île, depuis 1784 jusqu'à la Confédération, sont : la visite de Guillaume-Henri, plus tard Guillaume IV, à Halifax (1787), l'ouverture du grand chemin de Pictou (1792), l'organisation de la milice (1806), l'admission des catholique» à la jouissance des mêmes droits que les pro-
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testants (1823), la dissolution du parlement établi^, la formation de deux Conseils, exécutif et législatif (1838), l'introduction d'un gouvernement responsable (1848), et la visite du prince de Galles (1860).
xA.ujourd'hui (1912), la Nouvelle-Ecosse envoie 18 députés aux Communes du Canada, et 10 représentants au Sénat. Le gouvernement local se compose d'un lieutenant-gouverneur, d'un Conseil législatif et d'une Assemblée législative.
L'île du Cap-Breton lui est de nouveau réunie depuis
346. Le Nouveau - Brunswick. — L,e Nouveau- Brunswick, qui a d'abondantes ressources naturelles, reçut 20,000 royalistes en 1784, et se détacha, la même année, de la Nouvelle-Ecosse. Thomas Carleton en fut le premier gouverneur. x\près le départ de Carleton, cette province fut administrée par des présidents (1803-1817), puis de nouveau par des gouverneurs.
Un grand nombre de colons militaires s'y fixèrent ne 1815. Le feu, qui ravagea les côtes du Miramiclii en 1825, fit éprouver une perte de plus de 1,000,000 de piastres. La ville d3 Saint- Jean, devenue aussi la proie des flammes en 1830, éprouva des pertes considérables.
Le traité négocié par lord Ashburton (1842) régla, aux dépens de nos droits, les limites entre l'état du Maine et le Nouveau-Brunswick, et fit cesser ainsi le diff"érend qui existait à ce sujet entre l'Angleterre et les Etats-Unis.
Les principaux événements arrivés dans le Nouveau- Brunswick, depuis le traité d'Asliburton jusqu'à la Confédération, sont: le tracé du chemin de fer, à travers cette
1 T^a Nouvelle-Ecosse, en 1838, avait reçu de l'Angleterre une forme de parleineut composé d'une Assemblée législative de 22 membres élus par le peuple, et d'un Conseil de 12 membres nommés pur la Couroune.
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province, pour relier Halifax à Québec (1845) ; l'introduction d'un gouvernement responsable (1S48); la visite du prince de Galles (1860).
Le Nouveau-Brunswick est représenté au gouvernement du Canada par 13 députés aux Communes et 10 membres au Sénat. Son gouvernement local se compose d'un lieutenant-gouverneur et dune Assemblée législative.
347. Les territoires du Nord-Ouest.— Les immenses territoires du Nord-Ouest, s'étendant depuis les grands lacs jusqu'aux montagnes Eocheuses, furent achetés de la compagnie de la Baie-d'Hudson par le gouvernement fédéral du Canada, en 1870, moyennant la somme de $1,500,- 000. L'Alberta et la Saskatchewan renferment de vastes steppes herbeux désignés sous le nom de prairies. La région du sud-ouest, moins fertile, renferme cependant l'immense ferme Bell (Bell's Farm)î.
Ces vastes contrées furent découvertes par des explorateurs appartenant à une compagnie dite du Nord- Ouest : Alexandre Mackenzie découvrit la rivière Fraser (1793), puis explora celle qui maintenant porte son nom. L'astronome Thompson découvrit le Columhia, qu'il descendit jusqu'à l'océan Pacifique (1811). La même année, lord Selkirk acheta de la compagnie de la Baie-d'Hudson la partie du territoire connue sous le nom de Hivière-Houge, et, quelques années plus tard, y établit des colons écossais et canadiens-français.
348. Province de Manitoba.— La province de Manitoha, faisant partie des territoires du Nord-Ouest, entra dans la Confédération en 1870. Son sol fertile produit le blé en abondance. On y trouve de nombreuses mines de charbon. L'hiver est froid et sujet aux blizzards
1 Cette ferme, une des merveilles de l'Amérique, a 100 milles carrés de superficie, et, outre ses excellents pâturages, peut produire jusqu'à 35,000 miuots de blé par année, sans parler des autres productious.
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OU tempêtes de neige ; l'été est cliaud et subit de violents ouragans.
Le Manitoba est représenté au parlement du Canada par 10 députés et 4 sénatenrs. Son gouvernement local comprend un lieutenant-gouverneur, un Conseil exécutif de 5 membres et une Assemblée législative de 31 membres.
349. La Colombie-Anglaise. — La Colombie-Anglaise commença à iaire partie de la Confédération, en 1871, à condition que le gouvernement fédéral ferait construire un chemin de fer transcontinental dans l'espace de dix ans ; mais la promesse du parlement ne fut réalisée qu'en 1885. Sa température douce, la richesse de ses forêts et de ses mines l'ont fait appeler la "Californie du Canada." On y trouve des arbres gigantesques, des pins de 10 à 27 pieds de diamètre. L'île Va7icouver'^ , remarquable par ses ressources naturelles, fait partie de la province. C'est snr cette île qu'est située Victoria, la capitale et le centre du commerce de la Colombie.
John Hearn, de la compagnie de la Baie-d'Hudson, explora l'ouest de la contrée de la baie d'Hudson, en 1771. Simon Fraser fut un autre explorateur de ces régions (1806). L'Angleterre, ayant donné un gouvernement à la Colombie et à Vancouver en 1859, nomma Jacques Douglas, gouverneur de ces deux colonies distinctes. De 1863 à 1871, chacune eut son gouverneur particulier; New- Westminster était alors la capitale de la Colombie.
Cette province ne doit pas être représentée au parlement fédéral par moins de six députés aux Communes et trois sénateurs. Son gouvernement local se compose d'un lieutenant-gouverneur et d'une Assemblée législative de 25 membres.
1 L'île de Vancouver fut découverte par le capitaine Vancouver, de la marine britannique.
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350. L'île du Prince-Edouard. — yUe-du-Frince- Edouard^ entra d;uis la Confédération en 1873, moyennant la promesse que la poste serait transportée régalièrement entre l'île et la terre ferme.
Cette île fut visitée par Cabot, en 1497, et nommée Saint- Jean, par Champlain. Peuplée d'abord par les Acadiens, après 1715, elle fut prise, par les Anglais, en 171.5, rendue à la France par le traité d'Aix-la-Chapelle (171:8), et reconquise par les Anglais en 1758. Après avoir fait partie du gouvernement de la Nouvelle-Ecosse, l'Ile fut érigée en gouvernement séparé (1770) et reçut le nom de Priyice- Edouard en 1789. L'Angleterre nomma Walter Paterson, gouverneur.
En 1773, l'île reçut sa constitution portant que le gouvernement serait composé d'un lieutenant-gouverneur, assisté d'un Conseil exécutif et d'un Conseil légcislatif réunis, et d'une Chambre d'assemblée de dix-huit membres. Cette constitution fut modifiée en 1851, pour v introduire un gouvernement responsable.
Questionnaire. — 1. Depuis la Confédération, comment le Canada est-il administré ? — 2. Quand la Confédération fut-elle proclamée? — 3. Nommez les provinces confédérées. — 4. Qu'occasionnèrent les limites mal déterminées de la Nouvelle-Ecosse ? — 5. Qu'est-ce qui auo^menta considérablement la population du Nouveau-Brunswick? — 6. Par qui fut découvert le territoire du Nord-Ouest ?— 7. Qu'est-ce qui fait la richesse du Manitoba ? — 8. Comment appelle-t-on la Colombie-Anglaise?— 9. Que savez-vous de l'île-du-Prince-Edouard ?
Devoirs.— 1. Parlez de la constitution fédérale et de la proclamation de la Confédération. — 2. Dites sommairement ce que vous savez des jjrovinces confédérées.
1 Cette île fut ainsi nommée, en l'honneur du prince Edouard, duc de Kent, père de la reine Victoria.
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