IV.—DE Lauzon
52.—De Lauzon, qui succéda à d’Aiïlleboust en 1651, repassa en France en 1656, laissant le pouvoir aux mains de son fils de Lauzon-Charny en attendant son successeur. De Lauzon-Charny, jeune homme actif et brave, étant devenu veuf peu après le départ de son père, se décida à repasser en France pour embrasser l’état ecclésiastique, et remit à son tour les rènes du pouvoir à d’Aïlleboust, l’ancien gouverneur, en attendant l’arrivée du nouveau, le Vicomte d’Argenson.
Parmi les nouvelles recrues que reçut la colonie durant l’administration de Lauzon, nous devons mentionner la Sœur Marguerite Bourgeois (1683), la fondatrice de la Congrégation Notre-Dame, qui venait partager avec les filles de Marie de l’ Incarnation, la gloire et le mérite de former à la vertu les
mères de nos ancêtres. Le prestige de la naissance et des richesses manquait à Marguerite Bourgeois ; pauvre, issue d’une honnête famille de marchands de Troyes en Champagne, elle n’avait pour lui tenir lieu de tout le reste qu’une piété des plus solides et un courage invincible contre l’adversité et les épreuves. Aussi, son œuvre ne manqua-t-elle pas de prospérer de telle sorte qu'aujourd'hui les Sœurs de la Congrégation Notre-Dame n’instruisent pas moins de 12,000 à 15,000 jeunes filles, qu’à l’exemple de leur sainte fondatrice, elles forment à la vertu, en même temps qu’elles leur donnent l’éducation la plus complète que puissent désirer des mères chrétiennes.