‹ Histoire du Canada [microforme]Chapitre 40 sur 77 · HAMILTON, ADMINISTRATEUR · texte numérisé non relu

HAMILTON, ADMINISTRATEUR

Hope, É 1785.

124.—L’Angleterre redoutant les conséquences du gouvernement despotique ou plutôt tyrannique de Haldimand, le rappela en 1785, et nomma pour le remplacer le général Carleton, qui venait d’être élevé à la pairie sous le nom de Lord Dorchester, et qui avait déjà administré le Canada de 1766 à 1778. Comme il ne put se rendre à son poste qu’en 1786, Hamilton et peu après le Colonel Hope furent nommés administrateurs en attendant. Ce fut sous l'administration d'Hamilton qu’on octroya à la colonie la loi de l’Habeas Corpus, qui donne à un prisonnier le droit de se faire élargir en donnant caution.

En 1787, le Prince William Henry, qui fut plus tard Guillaume IV, visita le Canada et donna son nom au bourg de Sorel ; mais l’ancien nom a prévalu, malgré le désir des bureaucrates d’anglifier totalement notre Province.

Lorp DorcHEsTER, 1786-1796.

125.—Lord Dorchester, en revenant au Canada, trouva la colonie dans un grand malaise, par suite de la constitution de 1774, qui était insuffisante à donner satisfaction aux colons. Tous les ans, ce n'était que plaintes et récriminations qu’on envoyait en Angleterre, et Pt Par le plus souvent, la métropole ne savait quelles réponses faire. Le grand politique Pitt crut y trouver un remède en proposant un gouvernement constitutionnel ; ce qui fut accepté.

En 1788, Mgr Hubert fut nommé évêque pour remplacer Mgr d’Esglis, que ses infirmités rendaient incapable de s’acquitter des devoirs de sa charge.

CÉNQUIEME EPOQUE.

Depuis l'octroi de la Constitution en 1791, jusqu’à l’Union des deux Canadas, en 1840. Durée 49 ans.

126.—La nouvelle Constitution était encore bien « imparfaite, puisqu'elle ne reconnaissait pas la responsabilité des ministres envers les chambres, cependant elle permettait aux colons de faire entendre et valoir leurs droits par des élus de leur choix, d’obtenir des lois pouvant remédier à une foule d’abus dont on avait eu jusque là si souvent à se plaindre, de régler l'éducation, l'octroi des terres, etc.

Elle divisait la colonie en deux sections, le Haut et le Bas-Canada, chacune devant avoir une Chambre d'Assemblée élective, composée de 50 membres, un Conseil Législatif de 15 membres nommés à vie par la Couronne, et un Conseil Exécutif de 11 membres choisis par le gouverneur.

127.—Le but de l’Angleterre en divisant ainsi la colonie en deux gouvernements, avait été de ne pas soumettre les anglais à la majorité française, dont la langue, la religion et des lois propres devaient être respectées, d’après les termes du traité de cession. Cependant, dès la première session de la nouvelle Chambre, les anglais voulurent dominer en commandant en maîtres. Trop généreux et trop confiants, les Canadiens, sur leurs 50 députés, avaient élus 16 de ceux qui jusque là s'étaient toujours montrés leurs adversaires, sinon leurs ennemis. Aussi, dès la première séance, les anglais voulurent-ils choisir un des leurs pour président, et interdire l’usage

de la langue française. Mais ils furent battus sur ces deux points ; M. Panet fut élu président, et il fut décidé que les procédés de la Chambre se feraient dans les deux langues. Les anglais se montraient bien là tels qu’ils se donnèrent constamment dans la suite, réclamant la part du lion, malgré leur infériorité numérique ; et les Canadiens, toujours trop généreux et trop confiants, cédant leurs droits lorsque si souvent ils auraient eu raison de les faire valoir et d’en exiger la reconnaissance.

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