XIX.—$SirR Epmunp HEaAD
177.—$Sir Edmund Head remplaça Lord Elgin dans l’automne de 1554. Ce gouverneur, sans être dépourvu de capacité, ne laissa pas d'aussi agréables souvenirs que son prédécesseur, bien qu’il sût respecter les droits du gouvernement constitutionnel. Il appela comme premier ministre Sir Etienne Taché, que Cartier remplaça trois ans après avec Sir
John McDonald qui est encore aujourd’hui à la tête
du gouvernement.
178.— En 1855, la corvette française La Capricieuse vint mouiller dans la rade de Québec. C'était le premier vaisseau de guerre français qui visitait le Ca-
nada depuis la conquête. C’est en présence des offi-
ciers de cette corvette qu’on inaugura le monument des braves, sur le chemin Ste-Foye, à l’endroit même où le chevalier de Lévis battit les anglais en 1760.
179.--En 1856, un changement notable vint modi- fier la forme de notre gouvernement, en rendant le Conseil Législatif électif.
Comme on reconnut bientôt qu’un gouvernement ambulant, tel qu’on le pratiquait depuis près de dix ans, entraînait une foule d’inconvénients, sur la pétition de la Chambre, la Reine fut priée de choisir une capitale unique ; et son choix s'arrêta sur Ottawa.
C’est en 1857 qu’eut lieu l’inauguration de nos Ecoles Normales, qui n’ont pas peu servi à favoriser le mouvement éducationnel dans notre Province.
180.—En 1860, le Prince de Galles visita le Canada et fut partout accueilli par des fêtes brillantes. On profita de sa présence pour faire l'inauguration du pont Victoria et pour la pose de la première pierre des bâtisses du Parlement à Ottawa. Le pont Victoria est le plus grand des ponts qui existent au monde, mesurant 7,911 pieds ; celui de Brooklyn, qui vient ensuite, n’en ayant que 5,478, ou 2,433 de moins. |
1867] XX.—-MONCK. 73 XX.—VicoMTE Moxcxk, 1861-1867.
151.—En 1861, le Vicomte Monck vint remplacer Sir Edmund Head. Un moment le pays fut menacé d’une guerre avec les Etats-Unis, par suite de l’arrestation à bord d’un vaisseau anglais, par les autorités de Washington, de deux émissaires, Mason & Slidéll, que les Etats du Sud, alors en insurrection contre le Nord, envoyaient en Europe dans le but de s'assurer des sympathies en faveur de leur cause. On organisa des milices, des bataillons de volontaires furent formés pour se tenir prêts à toute éventualité. Mais sices mouvements militaires ne servirent pas alors, ils furent grandement utiles plus tard, en 1866 et 1870, pour repousser les féniens. Ceux-ci étaient des irlandaïs qui, aidés par des américains mécontents des sympathies que les Canadiens avaient montrées pour les Etats du Sud, voulaient soustraire l'Irlande à la domination de l’Angleterre et s’emparer du Canada.
182.—Un antagonisme entre les populations du Haut et du Bas-Canada allant toujours croissant, en vint à rendre le gouvernement à peu près impossible. Il fallut songer à un autre mode d’administrer la colonie. C’est alors qu’on recourut à l’idée d’une confédération des diverses provinces, tel que Lord Durham l'avait suggéré plus de 30 ans auparavant. Le projet, après avoir été longuement débattu, fut définitivement adopté, et proclamé en 1867.
Les quatre provinces qui suivent formèrent seules au début, cette Confédération : 1° Ontario (Haut- Canada) ; 2° Québec (Bas-Canada) ; 3° le Nouveau- Brunswick, et 4° la Nouvelle-Ecosse. L'Ile du Prince- Edouard, Manitoba et la Colombie n’entrèrent que plus tard dans la Confédération.