PORTRAIT DU GÉNÉRAI, MONTCALM
Munro commandait la garnison anglaise. Le général français vint investir la place avec 7000 hommes dont doux mille Sauvages, chefs ct guerriers appartenant : À 30 tribus différentes pour le moins, et qui s'étaient joints aux Français dans l’espoir de piller et d'enlever des chevelures.
Le colonel Munro défendit la place aussi longtemps que possible, en attendant du renfort de son supérieur le général Webb. Webb lui envoya par écrit l'ordre do se défendre le plus longtemps qu'il pourrait, puis d'entrer en arrangement avec l'ennemi. L'ordre etait
: por ar un coureur indien qui tomba entre les mains
d'un Rétachoment des Sauvages do Montcalm. : Le
- coureur avala le papier, ce qui n’empècha pas los gons
de Montcalm de lo prendre, car ils tuèront l’Indion ot lui ouvrirent l'estomac afin dole trouver. Lo papier fut apporté à Montcalm. Après on avoir pris locturo, le général français l’envoya par un messager au colonel Munro pour lui montrer qu'il n'avait à compter sur aucun secours do Webb. Munro capitula lo 9 août, Lo nombre des prisonniers anglais fut d'environ 2590 hommes. (Commo les provisions étaient rares au Canada, Montcalm consontit à leur pormettro d'aller au fort Edouard, à condition qu'ils seraient dix-huié. mois sans servir contre la Franco. Il s'engagea aussi à protéger les prisonniers contro les Sauvages. Cost. co qu'il essaya do faire; mais il ne le put, quoique les: chefs indiens eussont nromis de contenir lours guerriers. Les Sauvages, 4 qui l'on avait donné du rhum à boiro, ayant vu los effets personnels des officiers ot. des soldats anglais, sur lesquels ils s'imaginsient avoir droit de propriété, devinrent furieux et possédés de l’envio de piller et de tuer. Le 10 août, les prisonniers so mirent en marche pour le fort Edouard.
Il aurait dû y avoir une forte escorte de soldats français pour tenir les Indiens à distance; mais il n'y en eut point. . Dès qu'on fut bien et dûment en route, les Sauvages commencèrent à faire main-basse sur los effets des soldats anglais qui hâtèront le pas pour ê’en
débarrasser. Bientôt le cri do guerro retentit, ct: le massacre commença. Les Anglais terrifiés redoublèrent de vitesse dans leur fuite. Après en avoir tué un grand nombre, les Indiens en saisirent six ou sopt cents, à titro de prisonniers qui leur appartonaiont, Cependant, quelques-uns de cos malhouroux furont . délivrés par des officiers français qui arrivèront avoc leurs hommes pour los sauvor. Quant à coux qui ..échappèrent à la mort et à la capture, ils gagnèront lo: mioux qu'ils puront lo fort Edouard. Los Sauvagos on emmor:érent plusiours centaines à Montréal où lo gou-
“erneur de Vaudreuil les fit relâcher en payant une
Lo * rançon pour chacun. On ne sait pas au juste combien ‘il y en eut de tués.
conduite des Indiens de Montcalm, à la prise du
.0è ‘fort George, causa un profond mécontentement à la dl ‘nation anglaiso tout entière, lorsque les faits vinrent à TOÿ- être connus. L'affaire a recu dans l’histoire le nom nol © do “ Massacre du fort George."
À 178 Ja troisième victoire de Montcalm fut celle de
te Carillon ou Ticonderoga.
20 Le 8 juillet 1758, une arméo anglaise, sous le général as ‘Abereromby attaqua les l'rançais commandés par uié.
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14 * * Montcalm et Lévis. La position francaise était proté- 44 : gée sur son front par des troncs d'arbres dont les én ranches avaient les pointes tournées en dehors, ce lo qu cmpèchait-les assaillants do s'ouvrir une route à. facile dans la place. Les autres côtés étaient défendus un par ur fort co’ Ceux petits cours d’eau.
Lt . Alereromby était parti do l'extrémité reptentrionale Gt. du lue George. Ses forces, do plas de 1600 hommes, y furert menées à l'assaut, sans qu'on attendit l'arrivée 0 de l'artillerie. Les soldats anglais so portèrent en at avai t avec le plus grand courage, maïs ils no purent
lo peer e travers les branches, ni passer par dessus. es l'runcais, rotranchés derrièro leurs singuliers purapets, leur opposèrent un résistanco non moins
. 104 mISTOIRE DU CANADA POUR LES ENFANTS.
couragouse avec leurs canons et leurs mousquets, L’attaquo so renouvela six fois, ot chaque fois lessoldats anglais furent repoussés avec do grandes pertes. Si . Abereromby s'était obstiné à continuer le combat, son arméo ontièro aurait pu Ôtro détruite, quoique l’arméo française comptàt moins do 400 combattants; mais . voyant que toutes ses tentatives étaicnt inutiles, il so replia vers la nuit, ct se retira à la hâto au lac George, ê rès avoir perdu environ 2000 hommes, tant tués quo ossés.
La victoire de Carillon fit beaucoup d'honneur au général Montcalm; Abercrombie, au contraire, fut
lâmé, et son commandement lui fut ôté.
179. Malgré la défaite complète des Anglais à Carillon, ils curent du succès ailleurs. Uno potito arméo, sous le colonel Bradstreet, traversa le lac Ontario au nord, et s’empara aisément du fort Irontonac, Uno autro armée, sous lo général Forbes, so dirigea de la Virginie sur le fort Duquesne. Les soldats do la garnison française so retirèrent, sans attondro son arrivéc; les uns descendirent l'Ohio pour se rendre à la Louisiane; les autres gagnèrent Venango. Cette affairo laissa les Anglais maitres de la vallée de l'Ohio.
180. Mais c’ost à Louisbourg qu’en 1758 les Anglais obtinront le plus beau succès. Louisbourg était un hâvre fortifié sur la côto orientale du Cap-Breton. Les Français en avaiont fait un posto presque imprenable, après y avoir dépensé des sommes immenses, et fait do vastes travaux. Uno flotte anglaise, portant une armée à bord, fut envoyée pour s’en emparcr. L'armée avait pour chef lo général Amherst. Sous lui servait le général James Wolfc.
La placo était défendue par une garnison de soldats, de milices ot do Sauvages. Lo siégo dura près de doux mois. Wolfo, qui était l’idole des troupes anglaises, conduisit la plupart dos attaquos de terro, ot contribua ep par son courage, son zèlo ct son habiloté
amonor la reddition de Louisbourg, vers la fin do juillot. La garnison était commandée par M. Drucour.
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