‹ Histoire du Canada pour les enfants [microforme]Chapitre 62 sur 88 · CHAPITRE XLIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLIV

Le Canada sou la domination anglaise.—Ponthiac.

201. En l’année 1763, un traité de paix fut conclu entre l'Angleterre et la France; il y était stipulé que le roi de Frauce Louis XV cédait le Canada au roi d’Angleterre George III. La colonie comptait alors une

opulation de 65,000 âmes, non compris les Indiens.

ous ceux qui voulurent s’en aller en obtinrent la permission. Mais ceux qui restèrent, ainsi que tous Coux qui vinrent ensuite au Canada, devinrent sujets ‘anglais. Sans doute, il parut d’abord étrange aux “Canadiens-Français d’être sous tout autre souverain ‘que le roi de France. Nous-mêmes, nous serions ‘également étonnés, si tout-à-coup nous ne nous trouvions plus les sujets do la bonne reine Victoria. Peutêtro les Canadiens se seraient plus souciés du changement qu'ils ne firent si Louis XV avait été un bon roi. Mais il était loin de l'être. Il n'avait pas bien agi a l'égard des Canadiens ni des Acadiens, sous d’autres rapports aussi, il ne méritait guère amour et respect. Tes Canadieus-Français en vinrent donc avec le temps à êtro au moins aussi loyaux envers George III qu'ils l'avaient été envers leur ancien roi.

Tout le Canada prit alors le nom de Province de Québec. Il fut divise en trois districts, savoir : Québec, Trois-Rivières et Montréal. Le général Murray fut nommé gouverneur.

202. Quant aux Indiens, ils ne se montrèrent pas aussi favorables à leurs nouveaux maitres qu'ils l’avaient été à leurs anciens officiers français et missionnaires. Cos dispositions devinrent bientôt évidentes ; car tous los forts et les postes de trafic avaient été confiés à des

officiers et à des soldats anglais. Les Indiens manifes-

tèrent leur chagrin lorsque les officiers se séparèrent d'eux. Un an seulement s'était écoulé depuis la conclusion du traité qui avait fait du Canada une province anglaise, lorsque les sentiments des Indiens se révélèrent par des actes qui causèrent bien des tribulations et firent bien des victimes.

203. Un chof des Sauvages outaouais, nommé Ponthiac, avait été grand ami des Français. Il avait mené ses guerriers combattre pour eux contre l’armée de Braddork, in 1755. A d’autres époques postérieures, il avait combattu à leurs côtés. Lorsqu'il eut appris que les frts et les postes français do l’ouest étaient remis aur Anglais, il conçut le projet de les reprondre ot de chasser les Anglais du pays. C'était, parait-il, un sauvage remarquable, plus remarquable même que Garakonthé et Kondiaronk dont nous avons fait mention dans ce livre. Il réussit à gagner en faveur de ses plans presque toutes les tribus des grands lacs, à l’est

-et au sul-ouest, jusqu'au Mississipi, et dans la vallée

de l'Ohÿ. Il leur promit à toutes le pillage, l’eau-devie, les chevelures et de magnifiques terres de chasse

our les récompenser d’avoir contribué à ramener les

ranças; car il n'avait aucun doute que les Français reviendaient, lorsque les Anglais auraient tous été tués ouchassés. Les froquois même, ou les cing nations, furent amenés à favoriser ses desseins. Pontiac fixa an jow où les tribus des diverses parties du pays devaieit tomber sur onze des postes anglais. En même temps|les Sauvages devaient attaquer Îles frontières de la Pemsylvanie, de la Virginie et de l'Etat do Now- York! Neuf des onze postes furent emportés par surprée et leurs défenseurs mis à mort. L'attaque mana sur deux points, au fort Duquesne, maintenant Pittsiurg, et à Détroit. Les établissements reculés de la Pansylvanie, de la Virginie et de l'Etat de New- York furont les théâtres de massacres et de cruautés atroes. Il y eut plus de mille personnes assassinéos ‘et ul graud nombre furent emmenées captives.

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