CHAPITRE L
Visite du Prince de Galles. :
” 225. En 1859, le peuple canadien, par l'entremise du Parlement, invita la reine à vouloir bien honorer lo pays d’une visite. Il donnait pour principale raison de cette demande le désir que Sa Majesté füt présente
1 à l'inauguration du grand pont construit sur le St. à Laurent, à Montréal ; ce pont était alors presque terminé et déjà il avait reçu, en l'honneur de la reine, le nom de ‘ Pont Victoria’ Sa Majesté répondit à l’invitation en faisant savoir qu’elle ne pourrait pas venir elle-même, mais qu'elle enverrait son fils ainé à 82 place. !
226, Albert Edouard, prince de Galles, quitta l’Angleterre pour venir en Amérique, le 10 juillet 1860. Un grand vaisseau de guerre, le Zero de 90 canons l’'amena de l’autre côté de l'Atlantique. Outre le Hero, il y avait un navire plus petit nommé l’Ariadne. La flotille toucha à Terreneuve le 23. T« prince, en venant au Canada, visita non-seuleme Zerrencuve, mais encore la Nouvelle-Ecosse, le Nouveau-Brunswick et l’Ilo du Prince Edouard. Le dimanche, 10 Août, il arriva au Bassin de Gaspé. Là, il trouva le Gouverneur-Général, Sir Edmund Head qui était allé à sa rencontre aves ses ministres pour lui souhaiter la bienvenue. Le 18 août, le Hero fit son entrée dans le port de Québec. A l'instant même de son arrivée, tous les canons de la cité et ceux des bâtiments en rade l'annoncèrent à la fois par un ‘salut royal,” suivi d’un second, aussitôt que Son Altesse eut mis pied à terre au débarcadère où se trouvait une grar‘le réunion de personnages distingués pour la recev Outre Sir Edmund Head, les ministres, l’ambas. ar anglais à Washington, les fonctionnaires du gouvernement du Canada, les évèques et les membres du clergé, il y avait une foule de sens venus de toutes les parties de la Province.
Le maire de Québec présenta une adresse d’abord en français, puis en anglais. Après la réponse du prince, le cortége:se mit processionnellement en marche derrière sa voiture par la côte de la Montagne et à travers la ville. Los rues étaient bordées d’une double haie de soldats. Partout on ne voyait que drapeaux, bannières, et magnifiques arcs de triomphe ornés de verdoyants rameaux. Le temps était fort pluvieux, nent comme le jour où le grand oncle du princo
e Galles avait débarqué au Canada en 1787. Mais rien ne pouvait refroidir les sentiments de la multitude ni diminuer sa joie de voir au milieu d'elle l'héritier de sa reine bien-aimée. Le prince fut conduit par les rues de la cité et par les plaines d'Abraham à la résidence du gouverneur. Au cortége était mêlé un corps
d’Indiens de Lorette. Ces descendants des liurons qui avaient jadis combattu les Anglais sur ces mêmes plaines saluèrent ce jour-là Son Altesso d’un de leurs sauvages cris de guerre.
Le soir, le coup d'œil fut des plus grandioses. Voici la description qu’en donne unécrivain. ‘“ En dépit de le pluie qui n’a pas cessé un moment, nous avons eu une illumination suporbe. Les édifices publics, les
ce
' h EE À! u “ LORIENT RTE AN
Baie de Gaspé,
églisés, les couvents, l’université et nombre de résià dences particulières avaiént été préparés avec beau: eoup de goût pour cette fin. Tout resplendissait do belles lumières diversement coloriées et entrelacées de jolies dovises en français ct en anglais. Pauvres comme riches, tout le mondeavait contribué à la magnificence: du spectacle, et l’on n’eût pu trouver une scule vitre qui ne fût éclairée de sa bougie ou de sa lampe. La campagne tout entière semblait illuminée. On eût dit me. a Pointe-Lévis, Beauport et le hävre étaient tout en feu.
Ÿ > rm vonpn — 2 RD
AE bleue
De la terrasse Durham, le coup-d’œil dépassait en
splendeur tout ce que l'imagination peut convevoir. ‘ Il serait fastidieux de continuer ce récit de la première réception du prince de Galles, en donnant des détails sur toutes ses visites à Québec ou dans les environs et sur les nombreuses adresses qui lui furent présentées et auxquelles il répondit.
Les présidents des Chambres du Parlement furent faits chevaliers. L'un d'eux était Sir Narcisse Belleau, aujourd'hui lieutenant-rouverneur de la Province de Québec.
Le dimanche suivant, le prince alla entendre le service Divin à la cathédrale anglaise. Il fut reçu à la porte par l'évêque. Le lendemain, après avoir roçu les adresses des bres du Parlement, Son Altesse tint un lever où furent présentées plus de mille personnes. Le soir, il y ent grand bal et illumination des vaisseaux. Une ‘partie du jour suivant fut consacrée à visiter l’univer-
æité Laval et le couvent des Ursulines,
Nous verrons que le plan arrêté pour la visite du prince était sur une si grande échelle qu’il ne pouvait guère rester longtemps à une même ee Ainsi, il n’eut que cinq jours à donner à Québoc. Le 23 août, il partit à bord d'un steamer nommé le Kingston et monta aux Trois-Rivières où il ne fit qu'un très-court séjour. De là il continua sa route vers Montréal. A son approche, apparut une flotte de bateaux à vapeur qui descendaient à sa rencontre. ils étaient tous peints en belles couleurs et décorés de vertes
‘branches de sapin. Ils avaient aussi tous à bord des
corps de musique et une foule de passagers de la ville. À peine le Æingston fut il en vue, quo sa présenco fut annoncée par un salut assourdissant où se coufondaient le tonnerre de l'artillerie, le son des instruments de musique et les acclamations d’une multitude de curieux. Cependant, la pluie tombait toujours et, pour cette raison, le débarquement à Montréal fut ajourné au lendemain.
229, L'heure convenable venu, le prince débarqua
TE