CHAPITRE LL Inauguration du pont Victoria
230. En quittant le Palais de l'Exposition, le prince fut conduit à la Pointe St. Charles où, tout près de la maçonnerie en pierre de taille du pont, lui et sa suite montèrent sur une vaste plateforme. De rechef, les canons de l'ile Ste. Hélène et des vaisseaux de guorre tirèrent le salut royal auquel répondirent les acclamations d’une foule immense.
Après la lecture d'une adresse et la réponse qui y fut faite, M. Hodges, constructeur du pont, tendit au prince une médaille d'or et une belle truelle d'argent
ui servit à Son Altesse à poser la dernière pierre du ite de l'arche située au dessus de la grande entrée. Quand cela fut fait, le prince descondit de la plate-
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forme et fut conduit au centre du pont. Là, on lui mit dans la main, en même.temps qu’un maillet, une cheville ou verrou d’argent, la dernière d’un million de chevilles à l’aide desquelles on avait fait tenir ensemble toutes les plaques de fer qui garnissaient les côtés et le faîte du pont. Son Altesse placa la chevillo dans le trou laissé à cet effet; puis elle l’enfonca avec le maillet, et la grande œuvre fut achevée. Ensuite, il y eut un banquet qui avait été préparé par la compagnie du Grand-Tronc. Les invités étaient au nombre de #ix cents personnes. Entre autres foasts qui y furent portés, on but, sur la proposition du gouverneurgénéral, à la santé du prince de Galles. Puis, le prince but à la santé du gouverneur-général, à la pros-
érité du Canada et au succès de la rompagnie du
rand-Tronc. Après le banquet, Son Altesse visita les ateliers. Les ouvriers qui avaient été employés ‘ aux travaux du pont présentèrent une adresse à laquelle le prince répondit en termes pleins de bienveillance et de noblesse.
Le soir, il y eut illumination de la ville ct du port, avec feux d'artifice sur toute la longueur du pont Victoria. Tel fut le dénouement des scènes qui signalèrent cette mémorable journée. Le prince lui-même voulut faire un tour de voiture pour voir le feu d'artifice et les brillants décors qui tapissaient les murs des édifices, ” maïs l’immense foule qui encombrait les rues ne lui permit pas d’avaneer ; seulement les vivats qui retentirent à ses orcilles lui prouvèrent qu'il avait été reconnu.
Le lendemain était un dimanche. Le prince assista de nouveau au Service Divin à la cathédrale anglaise.
231. Le lundi il fut témoin des jeux et des danses des Indiens de Canghnawaga. Après quoi, il reçut au Palais de Justice plus de deux aille personnes qui lui furent présentées, sans compter une infinité d'adresses, dont l’une des plus intéressantes venait de ceux des miliciens du Bas-Canada qui avaient servi à la guerre de 1812. Comme il s'était écoulé près d’un demi-siècle