‹ Histoire du Canada pour les enfants [microforme]Chapitre 78 sur 88 · CHAPITRE LII · texte numérisé non relu

CHAPITRE LII

Discordé. Le Prince Albert.— L'exposition universelle. Incursion des Féniens.

237. On a vu que le Haut et le Bas-Canada ne pouvaient pas marcher ensemble. Très-souvent il arrivait que les chefs politiques d’une province ne s’accordaient pas avec ceux de l'autre sur des questions de législation et autres. C’est ce qui était arrivé quelque temps avant la visite du Prince de Galles. On avait essayé, en 1856, de faire choix d’un Siége de Gouvernement ou capitale. Toutes les localités considérables, —Qué-

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bec, Montréal, Kingston, Toronto, Hamilton—avaient été tour-à-tour mises sur le tapis. Mais on n'avait pu s'entendre sur aucune. On demanda donc à la reine de vouloir bien elle-même régler l’£ aire. Sa Majesté choisit Bytown, dont le nom fut changé en celui d’Ottawa, et qui depuis a toujours été la capitale du Canada Après la visite du Prince, ce manque de concorde devint de plus en plus évident et plusieurs personnes commencèrent à penser qu'il aboutirait à la ruine du! ays.

, ort heureusement, on trouva un plan pour remédier au mal. Ce fut de réunir toutes les provinces anglaises de l'Amérique sous un seul parlement, et de donner à chaque province un parlement distinct. Dans le chapitre qui suit nous parlerons de ce plan au long.

239. Dans la dernière partie de 1861, on reçut d'Angleterre une nouvelle bien propre à attrister tous les fièles sujets de notre bonne Reine. Son époux, le

père du jeune prince de Galles, dont la visite récente avait tant réjoui les cœurs—le prince Albert était

mort, à la fleur de l'âge, emporté par la fièvre. Sa mort fut un coup bien cruel pour la reine.

240. Dans le cours de la même année, la guerre civile éclata aux Etats-Unis. C'était, en réalité, une rébellion des Etats du Sud de l’Union. Elle dura depuis 1861 jusqu'en 1865, et les autres nations du globe en ressentirent les effets. Pendant quelque temps on eût

u craindre que l'Angleterre ne fût aussi engagée

ans une guerre contre :°8 Etats. Si ces appréhensions s'étaient réalisées, on aurait vu le Canada redevenir un champ de bataille. Heureusement on n'eut pas à déplorer un si triste résultat.

41. En 1862, il se tint à Londres une grande exposition, ou foire universelle, à laquelle le Canada prit part. Feu le prince Albert s'était donné beaucoup de peine pour préparer cette exposition, ainsi qu’une autre plus ancienne tonue en 1851. Le Canada obtint beaucoup de prix et se fit grand honneur pour ses grains, se8 bois de construction et ses minéraux, ainsi que pour les

échantillons de l’industrie et de l’habileté de ses habitants, qu’il envoya à l'exposition pour être comparés à ceux des autres peuples.

242. Sir Edmund Head cessa d’ètre gouverneur peu de temps après la visite du prince de Galles. Il eut pour successeur Lord Monk qui se trouva être le dernier gouverneur du Canada-Uni et le premier de la Puissance.

243. C'est au temps de Lord Monk, que les gens connus sous le nom de Æéniens, commencèrent à être un sujet d’inquiétudes et d’alarmes pour les Canadiens. Ils constituaient une société ou fraternité qui avait pour objet de séparer l'Irlande de l'empire britannique.

En 1866, le dernier jour de mai, une horde de Féniens des Etats-Unis traversa la rivière Niagara à un endroit situé un peu au-dessus de la ville de Buffalo. Ilen vint environ 1200, qui établirent un camp au village du fort Erié. Il n’y avait personne pour lenr opposer résistance au vieux Fort ; le peu d'habitants qui se trouvaient dans le voisinage étaient partis. Les Féniens envoyèérent alors quelques bandes faire mainbasse sur les chevaux, les provisions et tous articles qu'elles pourraient trouver chez les plus proches habitants.

Certes, ce n’était pas là faire la guerre, mais pratiquer le vol. Les chefs des envahisseurs dirent aux Canadiens qu'ils n'avaient aucun sujet de se quereller avec le peuple du pays, que c'était l'Angleterre qu'ils voulaient combattre, etque les Canadiens seraient bien traités s’ils consentaient à se tenir tranquilles. Cependant, comme les Féniens venaient en réalité pour piller et pour tuer, autant valait dire : “Nous ne vous en voulons pas le moins du monde ; soyez nos amis, tandis que nous nous battrons contre ceux qui tionnent pour l'Angleterre ; mais nous commencerons par vous assommer et vous voler.”

. À peine les Féniens avaient-ils posé le pied sur le 80l canadien, que le télégraphe annonçait partout au

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Canada la nouvelle de leur arrivée, et que cette 'nouvellé était connue d’un bout à l’autre des Etats-Unis. A Toronto et Hamilton, on mit immédiatement sur ‘ pied des corps de volontaires etde troupes réglées pour

aller les chasser. De tous côtés on prit des mesures’ pour protéser la Province contre toute attaque fénienne dirigée sur d’autres parties de la frontière. Non- ‘ seulement ceux qui habitaient le Canada volèrent à la défense de la patrie, maix des Canadiens domiciliés’ aux Etats-Unis s’empressèrent d'offrir leurs services,

Des centaines de jeunes gens envoyèrent de New- York et de Chicago, par voie télégraphique,; l'offre de venir combattre pour la défense de leur pays natal. Quelques-uns x.ème qui trouvaient à Chicago des moyens d'existence, renoncèrent à leurs positions et s’en vinrent à Toronto. Heureusement, on n'eut pas besoïn de leur concours. Les Féniens se portèrent du fort Erié à un endroit qu’on appelait Ridgeway, que venait d'occuper un corps de milice du régiment des “ Queen's Own,’ et quelques jeunes gens del’Université de Toronto réunis sous le commandement du colonel : : Booker. Une esvarmouche s'engagea et les Canadiens ”. furent forcés de se replier. Les Féniens étaient armés ” de bonnes carabines et beaucoup des leurs avaient servi dans la dernière guerre civile des Etats-Unis. On a donné à cette escarmouche le nom de “Bataille de Ridgeway.” Il yeut.des taés et des blessés de part et d'autre. Parmi les tués étaient plusieurs beaux et braves jeunes gens de l'Université de Toronto.

Cependant, les Féniens no tardèrent pas à perdre courage et reprirent le chemin du fort Erié. Bientôt ils apprirent que le colonel Peacock marchait contre eux avec un régiment de soldats anglais et quelques compagnios de milice.

Lorsque les forces du colonel Peacock arrivèrent au fort Erié, les Féniens avaicnt tous traversé la rivièro en désordre pour regagnor les Etats-Unis. |

Ainsi finit l’incursion fénienne dans le Haut-Conada. Elle avait duré environ quatre jours. 16 ia

Sur quelques points des frontières du Bas-Canada, on crut remarquer que des corps de Féniensse préparaient à passer la ligne ; mais il ne résulta rien de ces indices. Su Féniens furent faits prisonniers et envoyés à a geûle.

Du commencement à la fin, les actes des Féniens, au au mois de juin 1856, ne furent rien moins que des vols et des assassinats commis sous le malicieux prétexte de faire du bien à l'Irlande.

À dater de cette époque, nous avons toujours eu à nous tenir sur nos gardes, de crainte d’une autre incursion fénienne,

244. Nous voici maintenant presque arrivés à la fin de l’histoire. Le court chapitre qui suit et qui a encore trait à la Puissance, sera le dernier.

Un petit ouvrage comme celui-ci ne pouvait évidemment pas comprendre tous les événements ni tous les faits. Les plus importants suffisent d’abord à intéresser et à instruire les jeunes enfants pour qui le livre est écrit. Un jour à venir, quand ils seront assez âgés pour prendre un ouvrage plus volumineux et plus complet, ils pourront étudier à fond la belle histoire du Canada.

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