CHAPITRE XVI
Construction de différents Forts.— Travaux de lPIntendant.—Expédition contre les Iroquois.
Le marquis DE TRACY, qui avait été aux Iles françaises avant de venir en Canada, arriva à Québec, au mois de juin 1665, avec quelques compagnies du régiment de Carignan. Aussitôt après son amivée, il détacha une partie de ses soldats, avec des Sauvages, sous la conduite du capitaine Tizcy DE REPENTIGNY, pour donner la chasse aux [roquois, qui avaient recommencé leurs courses. Il n’en fallut pas davantage pour obliger ces barbares à faire retraite, et à délivrer la colonie de leur présence.
Le reste du régiment de Carignan, à quelques compagnies près, arriva avec M. DE SALIERES, qui en était colonel, sur une escadre qui portait aussi MM. ne CourCELLES et TALON, un grand nombre de familles, quantité d'artisans et d’engagés, les premiers chevaux qu’on ait vus en Canada, des bœufs, des moutons, etc. en un mot, une colonie plus considérable que celle qu’on venait renforcer.
Dés que le vice-roi eut reçu ces secours, il se mit à la tête de toutes les troupes, et les mena à
l'entrée de la rivière de Richelieu, où il les fit travail-
ler, en même temps, à la construction de trois forts. Le premier fut placé à l’endroit même où avait été celui de Richelieu, bâti par le chevalier DE MoONTMAGNY, et dont il ne restait plus guère que les ruines. M. pe SorEL, capitaine au régiment de Carignan, qui en fut chargé, et y fut laissé pour commandant, lui donna son nom, Le second fort fut bâti au pied du rapide de la rivière Richelieu : M. DE CHAMBLY, capitaine au même régiment, en eut la direction et le commandement, et le nom de Saint-Louis, qu’on lui donna d’abord, se changea bientôt en celui de cet officier. M. DE SALIERES se chargea du troisième, qu’il fit construire environ trois lieues plus haut que le second, sur la même rivière : il lui donna le nom de Sainte-Thérèse, et y choisit son poste.
Ces ouvrages, qui furent exécutés avec une diligence extrême, intimidèrent d’abord les Troquois, surtout les Agniers, et leur bouchèrent le passage principal et ordinaire pour entrer dans la colonie ; r 1: ces barbares ne tardèrent pas à s’en ouvrir plus :.s autres; et l’on reconnut bientôt qu’on aurait pu choisir pour quelques uns de ces forts des situations plus convenables, et qu’en les répartissant sur des points plus différents et plus éloignés l’un de l’autre, on eût protégé la colonie d’une manière plus efficace et plus permanente. Pendant qu’on était ainsi occupé à se mettre à couvert des incursions des Iroquois, M. TALoN ne demeurait pas oisif à Québec : il s’instruisit parfaitement de la nature, des ressources et des forces du pays, et bientôt il eut achevé un mémoire, qu’il adressa à M. Cot- BERT, ministre de la marine et des colonies. Il lui apprenait que M. DE MEsy était mort avant que la nou-
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