‹ Histoire du Canada, sous la domination française [microforme] (volume 2)Chapitre 6 sur 76 · ER M · texte numérisé non relu

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en Amérique ; mais tout ce qu’on sait de cette dernière entreprise de VERAZANI, c’est que s’étant embarqué, il ne reparut plus; soit qu’il eût péri en mer, soit qu'ayant débarqué dans un endroit où il voulait bâtir un fort, comme quelques uns l’ont publié, il eût été massacré, avec ses gens, par les naturels du pays.

Dix ans après le dernier voyage de VERAZANI, PHiLiPpE DE CHABOT, amiral de France, engagea François Î à reprendre le dessein d’établir une colonie française en Amérique. Il lui présenta un capitaine maloin, nommé JAcQuESs CARTIER, dont il con naissait le mérite, et que ce prince agréa. CARTIER partit de Saint-Malo, le 20 avril 1534, avec deux bâtimens de soixante tonneaux et cent-vingt hommes d’équipage. Il prit sa route à l’ouest, en tirant un peu sur le nord, et eut des vents si favorables, qu’il aborda, le 10 mai, au cap de Bonavista, dans l’île de Terre- Neuve. Ayant trouvé la terre encore couverte de neige et le rivage bordé de glace, il ne put ou n’osa s’y arrêter. Il descendit six degrés au sud-sud-est, et entra dans un port auquel il donna le nom de Sainte- Catherine. De là il remonta au nord, et rencontra des îles, qu’il appelle, dans ses mémoires, Iles aux Oiseaux. Il cotoya ensuite toute la partie septentrionale de Terre- Neuve, où il dit qu’il trouva des hommes bienfaits, qui avaient les cheveux liés, au-dessus de la tête, comme un paquet de foin, avec des plumes entrelacées sans ordre.

Après avoir fait presque tout le tour de l’île, CARTIER se dirigea vers le sud, traversa le golfe, s’approcha du continent, et entra dans une baie profonde, où il souffrit beaucoup du chaud; ce qui Ja lui fit nommer

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Baie des Chaleurs. II trouva le pays fort beau, surtout en le comparant à celui de Terre-Neuve, qu’il venait de laisser, et fut très content des Sauvages qu’il y rencontra, et avec lesquels il échangea quelques marchandises pour des pelleteries.

Au sortir de la Baie des Chaleurs, CARTIER visita une bonne partie des côtes qui environnent le golfe, et prit possession du pays, au nom du roi de France, comme avait fait VERAZANI, dans les lieux où il avait mis pied à terre. Il remit à la voile, le 15 août, pour retourner en France, et arriva à St.-Malo le 5 Septembre. Sur le rapport qu’il fit de son voyage, la cour jugea qu’il serait avantageux à la France d’avoir un établissenent dans cette partie de l'Amérique. Le vice-amiral, DE LA M&iLLERAYE, prit l’affaire à cœur, et obtint pour CARTIER une commission plus ample que la précédente. Ce dernier mit à la voile, le 19 mai 1535, avec trois vaisseaux, dont le plus gros était du port de cent-vinst tonneaux, et accompagné de plusieurs gentilshommes, qui voulurent le suivre en qualité de volontaires. La traversée ne fut pas aussi courte que la précédente: il s’éleva de violentes tempêtes; les vaisseaux furent séparés les uns des autres, et ne se rejoignirent que le 26 juillet. Le 1r. août, un gros temps les contraignit de se réfugier dans le port de Sœint-Nicholas, situé à l'entrée du fleuve, du côté du nord. Le 10, CARTIER entra dans une baie à laquelle il donna le nom de Saint-Laurent, en l’honneur du saint dont on célébrait ce jour là la fête, et ce nom s’étendit, d’abord à tout le golfe, et ensuite au grand fleuve qui s’y décharge,et qu’on avait appellé auparavant Rivière de Canada. Le 15, il s’approcha de l’île d’Anticosti, qu’il nomma

beau, sure, qu’il veges qu'il ÿ ques mar-

TIER visita le golfe, et ce, comme | avait mis t, pour re- Septembre.

cour jugea nm établissee vice-amiur, et obtint que la prémai 1535, du port de usieurs genalité de voourte que la s; les vaisne se rejoios temps les nint-Nichoord. Le 10, il donna le aint dont on dit, d’abord s’y décharde Canada.

qu'il nomma

Île de l’.Assomption, à cause de la solemnité du jour. Enfin, les trois vaisseaux remontèrent le fleuve, et amivèrent à l'embouchure du Saguenay, le 1r. septembre.

Ayant rangé la côte l’espace d’environ quinze lieues, CARTIER mouilla auprès d’une île qu’il nomma Ile aux Coudres, à cause du grand nombre de coudriers qu’il y trouva. Huit lieucs plus haut que l’Ile aux Coudres, il en trouva une beaucoup plus grande et plus belle, toute couverte de vignes sauvages, et que pour cette raison, il appella Jle de Bacchus. C’est celle qui a été nommée depuis Ile d'Orléans. De cette île CARTIER se rendit à l’entrée d’une petite rivière, qui en est éloignée de quelques lieues, et qui vient du nord. Il lui donna le nom de Sainte-Croix, parce qu’il y entra le 14 septembre. (C’est celle qui porte présentement le nom de Saint-Charles. Le lendemain de son arrivée en cet endroit, il reçut la visite de Donnacona, chef de la bourgade de Siadaconé, qui était située sur l’éminence où est maintenant bâtie la haute ville de Québec. Ï] traita avec ce chef au moyen de deux Sauvages qu’il avait emmenés en france, l’année précéde: te, et qui entendaient un peu la langue française.

Le 19, CARTIER partit du hâvre de Saïnte-Croix,avec le plus petit de ses vaisseaux et deux chaloupes, pour remonter le fleuve ; laissant les deux autres à l’entrée de la rivière, avec la plus grande partie de son monde. Arrivé à l’entrée du lac Sant-Pierre,il y laissa son vaisseau, et continua sa route avec ses deux chaloupes. Il arriva, le 10 octobre, devant Ziochelaza, bourgade sauvage située à l’endroit où est aujourd’hui Montréal, accompagné de MM. DE PONTBRIAND, DE LA POMME-

RAYE et DE GOYELLE, trois de ses lieutenans. I] n’eut BC

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