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nouveau bourgeois i. Mais ce député y fat arrêté , de même que deax de ses parens qui travaillèrent à son élargissement. Leur parenté trouvant que le Gouvernement ne s'y employait pas avec assez d'énergie t se préparait à commencer contre Annecy une de ces petites guerres si communes alors. Il fallut la calmer au moyen de 200 écus d'or que paya M. de Visconti 2.
Le Duc, comme on devait s'y attendre , protesta contre cette insigne friponnerie. Ses députés, à la tête desquels se trouvait fËvéque de Lausanne, représentèrent : 1^ que le Duc Charles n*ètait point autorisé à aliéner ses domaines ; 2^ que plusieurs des témoins cités par l'imposteur, étaient alors ou absens dé Cbambèry ou alités par la maladie ; 3^ qu'il était singulier que Tacte ne citât que des personnes décédées et que les deux villes D'ensseot pas «u connaissance d'une transaction si importante; 4^ que ce n'était pas la première fabrication,- dont Dufour se fût TCDdu coupable, qu'il avait déjà fabriqué des actes semblables pour d'autres puissances 3, sans que celles-ci y eussent donné suite.
Bien ne démontre mieux le cynisme de nos gouvernans d'alors que l'accueil fait à un vil intrigant , en même temps transfuge et faussaire, et l'obstination avec laquelle ils soutinrent une imposlure manifeste. Les deux villes formulèrent leurs prétentions avec menaces. L'Empereur, la France et le Pape durent intervenir et obtinrent à grande peine une réduction de la moitié de la somme revendiquée. Le Duc dut en outre non-seulement confirmer les lettres d'émancipation d'Yolande, mais renoncer par écrit au titre de Seigneur de Fribourg, qui paraissait lui tenir tant à cœur, à toute prétention sur cette ville et son territoire, ainsi que son Iroit de rachat de Montagny. L'Ëvêque de Lausanne nous apporta lui-même l'acte de ces arrangemens définitifs. Il nous remit eo même temps plusieurs titres anciens, louchant Montagny, et
* A. C. — *Ibid. — 3L*£iDpereur, le Roi de France et Venise.
94 SECONBE FARÏIB.
nousabaadonna les droits de l'JBTéchë ^ar cette Seigneurie ^ ( 1 509). Ce sacrifice imposé à la Savoie était ao fond UQe véritable escroquerie exercée sous les auspices de la force ; mais il n*en est pas moins vrai qu'il pouvait être envisagé comme une légère compensation de ce que la Savoie avait fait souffrir aux Fribourgeois 60 ans auparavant. Il lui fraya en même temps le chemin à l'alliance qu'elle conclut quelques années après avec la Confédération.
Le Duc de Savoie tira à son tour une cruelle et basse vengeance de Dufour« Ne pouvant s'emparer dé sa personne, 'il fit arrêter Robert Former, son parent , ainsi que le valet de celui-ci et les fit décapiter tous les deux. L'année suivante (1510), le notaire Jean Gribolet, Jean Treyer et Jean Girodi se rendirent en Savoie pour inventorier les biens de Furno 2. i t
En 1511 à la fin de Janvier, M. de Longecombe , Gabriel de Lande et le secrétaire Lambert, accompagnés de plusieurs autres, vinrent à Fribonrg déclarer au nom du Duc de Savoie, qu'ils avaient ordre de citer noble Jean de Fumo en justice, comme coupable d'acte de faux. Il n'en fut pas moins réintégré dans ses biens qui avaient été confisqués et termina à Fribonrg sa vie aventurière 3, non sans avoir tenté une seconde friponnerie eo faveur des huit autres Cantons, laquelle ne lui réussit pas moias bien que la première.
' A. G. RaUiserk. fol. 18. Guichenon se trompe en plaçant tons ces iaits en i^* — ^ La femme de Furno Tenait chaque jour se plaindre au Conseil en pleurant fK son mari lui avait enleyé ses bijoux. On fut obligé d*en écrire à Soleure, où Dufov séjournait. -^ 8 n ne laissa qu*nn fils qui mourut sans enfans et une fille qui époosi Nicolas Meyer. C'est Jean Furno qui fit don à l'église collégiale du bras d'argeot renfermant les reliques de St. Nicolas. Il fut enterré anx Cordeliers, sous 1« chapelle qu'il avait fait construire à neuf. — Encore en 1513 le Gouvernement écrivit au Bue de Savoie pour que t)ufour pût retirer de divers employés savoisiens les sommes qu'il disait leur avoir prêtées. — Peterman Saloz fut nommé tuteur des enfans Dofour, qu'on trouve en 1514 plongés dans la misère.— On permit à Peterman Saloz de céder à Guillaume d'Arsent la maison de leur père pour 1700 liv. et d'acheter celle de Diesbaoh pour 2000 liv. A. C. — Noire Etat les recommanda alors à BIM. d'Erlacfa et Stein de Berne. A. C. Man. fol. 50.
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La Soisse faarmiUait de gens sans état, qui épiaient tooles les occasions de guerre pour s'enrichir ou du moins vivre aux frais d'aulriH. Les chroniques nomment Heunicki et Yansi parmi les Fribourgeois qui combattirent à la jouraèe de Ghiarod'adda, dans les rangs de Tarmée victorieuse.
Le Duc Ulrich de Wurtemberg se distinguait parmi les princes d'Allemagne par sa cruauté, son inçonduite et son administration oppressive. Comme s'il eut pressenti , dit Gbutz , que les Suisses seraient un jour sa ressource, il s'était empressé de lier avec eux des rapports d'amitié. Le premier traité fut conclu «n 1500 et renouvelé en 1509 par huit Cantons ^ entr'autres par Fribourg. Cette alliance aussi impolitique qulnunorale ouvrait une nouvelle perspective de service et préludait à celles que la Suisse copclut de nos jours, dans le but d'étouffer chez les autres na,tions cette précieuse liberté quil lui avait été donné de conquérir.
Un puissant génie commençait alors à remuer là Suisse , celui de Gaspard Scbinner, Fvéque de Sion, homme d'origine obscure, mais que ses rares capacités élevèrent bientôt au cardinalat. Le Pape Jules lï le connaissait personnellement^ et il ne lui fut pas difficile d'obtenir par son entremise l'alliance des Cantons. Il les requit d'envoyer à cette occasion une dêputation au St. Père pour en obtenir les grâces particulières que chacun désirait. Nous demandâmes pour notre compte le droit de battre monnaie en or ; ce qui nous fut accordé avec une pension annuelle de mille florins. Les Suisses promirent de mettre six mille hommes à la disposition de Sa Sainteté, dès qu'ils en seraient requis, à moins d'être eux-mêmes en guerre. Fribourg fournit à cette armée un con^ tingent de 808 hommes, sous leâ ordres d^nglisberg <• Chaque
1 Quelques chroniques mettent erronément à sa place Rodolphe Praroman. H. Rrumenstoll , H. Falk, Wilh. Felga et H. Ton Schwendi étaient Conseillers, P. Falk fianneret , P. Garmiswyl porte-enseigne ^ Jost Spreug porte-môche des artilleurs. La Ville fournit 10 hommes, Marly 30, Dirlaret 30, Ëpendes et Praroman chacun 30, Planfayon 18, Treyyaux 20 , Aroonclel 7. Total, l45 pour la bannière du Bourg. Ange* Ville 10, Tavel 50, Guin 45, Bôsingen 13, Ueberstorf 14, WO-
soldat devait recevoir 6 liv. pat mois, et chaque Canton intéressé une pension annuelle de mille florins du Rhin. Le Pape s'engageait en outre à ne s'allier avec aucun ennemi de la Suisse et à excommunier quiconque l'attaquerait. Ce traité conclu pour cinq ans fut mis de suite à exécution contre le Duc de Ferrare. Tous les contingens devaient se donner rendez- vous à Martignyet y être passés en revue par le Cardinal i. Mais les Français opposèrent tant d'en^ traves de toute espèce, que ces auxiliaires furent forcés de rebrouser chemin. La lettre que les Cantons écrivirent à ce sujet aa St. Père pour s'excuser, ne leur valut que les plus amers reproches, ce qu'ils attribuèrent au mauvais latin de leur missive, et il h résolu que dorénavant on ne se servirait que de l'idiome germanique pour correspondre avec les Puissances. Quant h l'argent de solde et de pension, il ne fut pas possible d|en tirer un soa.
Ce fut à cette occasion que nous fimes cadeau au St. Père de deux épées et de deux aii>alètes, produits estimés de nos fabriques, et que nous obtînmes, comme récompense de notre dévoûmént,^ droit de battre monnaie en or. On profita également des circonstances pour faciliter le débit de nos draps. <
Nous arrivons au procès d'Arsent, dont le souvenir est resté si palpitant. Jamais encore ^ depuis le siège de 1448, la Coonmunauté fribourgeoise n'avait éprouvé de crise plus orageuse. Un Condottiero fameux, cherchant à Fribourg un refuge et n'y trouvant que la prison, puis échappant par la fuite au glaive qyi le menace; un peuple égaré par la haine et sourdement poupê à la vengeance ; des passipns ardentes , inexorables , s'allumani soudain au sein de cette population fribourgeoise habituellement
nenwyl 5, HeUenried 7. Total ±^. Neuoeville. Ville 10 hommes, Villars 4, M**. traa 15, Ecuvillens 14, Onnens 6, Àntigny 22, PrezdO, Givisiez 7. Total 88. Les Places. Ville 10 hommes, Barberôche 12, Gormoudes 15, Cressier 5 , Belfeaax 30^ Gourtion 13. TotaL85. Les bailliages 166 , les combourgeois 17^.
^ Il est aujourd'hui démontré que Teffeotif de ces troupes était de 9000 hommes "^ et que TËvéque ne les passa pas en revue , encore moins une pertuisane à la main^ comme le prétend M. May de Romainmotier.
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si citme, s^^xaltant de joar en jour avec une sauvage énergie, puis éclatant comme la fondre sur deux têtes innocentes ; dans les rues, rémeute et la terreur, et au milieu , des groupes désolés; une foule irritée assiégeant les murs du temple où se réfugient les yictimes; Torgueilleuse Berne prenant pour la première fois, vis-à-vis de Fribourg, une attitude suppliante; les pouvoirs déplacés, confondus, le sénat suprême transformé en cour de justice , des procédures violentes , d'honorables citoyens proscrits, fugitifs, des fen^mes saisies et menacées, un magistrat que décorent lés insignes de la chevalerie, précipité de 8a chaise curule; un tribun fougueux appelant sur sa tète la vindicte publique, un Prélat attisant toutes ces colères, enfin deux exécutions sanglantes, tel est le lugubre et saisissant tableau, que présente Fribourg pendant Thiver de 1512^.
C'était Georges Supersax^ qui travaillait les Suisses pour la France. II était allié à TEvèque Schinner par un double mariage. Des intérêts de famille les brouillèrent, et la politique opposée qu'ils suivirent acheva d'en faire des ennemis irréconciliables. Les dixains du Valais prirent fait et cause les uns pour, les autres contre i'Evèque, et cette division s'étendit jusque chez nous. Schinner, armé de l'autorité spirituelle, avait forcé Supersax à s'expatrier, et celui-ci était venu s'en plaindre à Fribourg. Mais au lieu d'y trouver la protection qu'il espérait, il fut arrêté le jour de St. Maurice , à la réquisition de I'Evèque de Sion , et détenu pepdant près de deux mois. On voulait obtenir de lui des révélations touchant la retraite de Martigny 3.
* La chroniqae Monlenaoh commence le récit de ce qui ya sniyre par ces moto i Incipit hic memorabilissima historia, si unquam in mundo fuit, prœtoris Arsent, Fribm'gensis , publice capite plexi» tumultos popalaris periealosi , totios Helvetift, Religiosoram et omnium cognatomm frustraneae interoessionis , multomm fugœ et bellic» prseparationis , cnra mnltis circumstantiis. — % Supersax (Auf der Fine , Sarpierre) était né à Glys, petit bourg au-dessous de Brigg. — ^ A ciyibus captos et detentus est ad perscrutandam causam reyersionis Helyetiorum. Inf. Dont, Frib. A. C.
98 SBCONDB PARTIE.
Le 8 Novembre 1510 le Grand Conseil présidé par Petermann Faacigny, se transforma en cour de justice^ et Gaspard Scltinner, châtelain de Sion, comparut au nom de rEvéque, son frère, pour accuser Supersax comme un homme diff^imé et parjure (aïs ein ehrioscr und meineidiger Bôsewicht). Celui-ci demanda l'assistance de deux Conseillers : on ne lui accorda qu'un parlier (rapporteur), et comme personne ne voulutse charger de ces fonctions, on les imposa à François d'Ârsent, ancien Avoyer. Dès que TE véqae âe Sion en fut instruit , il essaya de suborner d'Arsent en lui proposant pour son fils mille ducats de revenu annuel, s'il voulai/ abandonner la cause de Supersat. Celui-ci appuyé par les dixaios de son parti, sollicita en vain son élargissement sous caution. Son adversaire encouragé par les dispositions partiales des juges, l'accusa : l*' d'avoir parlé et agi contre son Souverain naturel: 2° d'avoir provoqué, à l'insu de celui-ci, un trailé d'alliance entre le roi de France et le Valais, et d'avoir excité quelques dixaÎDS à la rébellion ; 3"^ d'avoir ourdi une conspiration avec des soldats; 4*^ d'en avoir enrôlé plusieurs, malgré la défense des autorîlfe; h^ d'avoir arrêté et maltraité l'ambassadeur de France, au mépris du sauf-conduit fédéral ; 6^ d'avoir fait dépouiller par ses soldats un envoyé du Duc de Milan; 7** d'avoir, en qualité de commissaire du Gouvernement, commis de nombreuses exactions dans les pays conquis et s'être emparé de plusieurs propriétés fiscales.
Gaspard s'offrit à prouver tout ce qu'il avançait par des pièces justificatives et des témoignages authentiques. Il finit par demao^ qu'on lui permit de se constituer prisonnier jusqu'à décision &^ cause.
On décida que préalablement les deux parties jureraient, el touchant le bâton de justice, d'observer tout ce qui serait of donné par le Grand et le Petit Conseil. Supersax objecta qu^ d'après le droit et les usages du pays, la justice ne devant él administrée que par les 24 Conseillers , il ne croyait pas que p(
I^aas^^-j-. ;