‹ Histoire du Canton de Fribourg, Volume 2Chapitre 3 sur 63 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Intervention de Fribonrg dans les affaires du voisinage. ~ Agrandiiiement de ton territoire. — Service français. — Conquête da Pays de Yand , garantie par les Gantons. — Expéditions militaires. — Réceptions boargeoisiales. — Démoralisation. — Tendances aristocratiques. — Diamant de Granson. — Renouvellement d*alliances. — Guerre de Souabe.

Considérée superficiellement sousie point de vue de la moralité, la conduite de Fribourg, pendant la guerre de Bourgogne, peut ne pas paraître exempte de blâme. Vassale de la Savoie , il semble que la Communauté n'eut pas dû prendre les armes contre son suzerain, encore moins envahir son territoire. Mais notre alliance avec Berne fesait valoir des obligations plus anciennes, sur lesquelles Talliance de Savoie ne pouvait exercer un effet rétroactif. D'ailleurs la première coalition fut dirigée contre le Duc de Bourgogne , dont la Savoie embrassa plus tard imprudemment la cause* Ce ne fut en effet qu'aux pressantes sollicitations des Bernois, que nous primes les armes. On avait député à Berne Pavillard , Vuippens , un banneret et le chancelier pour que les Bernois noz çol^ sis sent enlrelaissier de tirer avec lour contre le Duc de Borgognie. Ce que lour ne s^olirent faire y ma noz requirerent par lours lettres etc.* Il y allait aussi de notre conser-

A Archives cantonales. *

2 SECONDE PARTIBf

vation , suprême loi poar les peuples comme pour les indiTidas. Rester neutres dans ce grand conflit, eut été impossible sans s'exposer à être froissés et peut-être anéantis. La Communauté déjà instruite par les désastres que lui avait attirés les suzerainetés précédentes , put donc suivre une fois ses instincts sans scrupule.

D'un autre côté «notre coopération ne contribua pas peu an succès des alliés. Berne surtout en recueillit les plus beaux fruits, et quand elle s'employa si activement , d'abord à nous détacher de la Savoie, puis à nous lier à la Confédération « elle fit preuve de gratitude autant que d'habileté. Car ce qui lui importait surtout, c'était d'avoir un allié fort^et intéressé à la conservation des conquêtes communes. C'est pour cela que Berne nous associa à sa gloire, comme nous avions contribué à son triomphe. Cet échange de services avait étroitement lié les deux Etats qui , dés ce moment, n'eurent plus qu'un intérêt et des vues identiques. Aussi le fait dominant dans nos relations extérieures pendant les quatorze années qui suivirent le Convenant de Stanz« fut une concordance parfaite dans la ligne de conduite suivie par les deux cantons. On en voit la première preuve à l'occasion des troubles qui agitèrent la Savoie, sous la minorité de Philibert, et des sévices exercés sur les jeunes Comtes de Gruyères par Philippe de Bresse. Petermann Pavillard accompagna alors à Turin la députation bernoise ^ et la correspondance avec la cour ducale à ce sujet fut absolument de la même teneur pour les deux villes ^. Plus tard nous laissâmes à Berne tout le soin de provoquer le payement arriéré des pensions françaises. Ce fut encore Berne qui intervint, au nom des deux

* Rod. de Vaîppcns et Vaillième d'Avrie, le premier avec trois chevaux, le second avec deux forent pendant quatre joors à Orbe pour assister aux noces de Moos d*Oron. Wilh. EIspach fut envoyé à Turin pour remettre les dépêches à P. Pavillard et lui dire certaines choses de bouche. A. G. Déjà précédemment on avait envoyé un messager après Pavillard qui allait vers le Duc de Savoie. A. G. — 3 Nicod Perrottet fut envoyé à Berne, au sujet de la Chambre (oncle du Duc) et delà à Gruyères pour faire sa relation. A, C,

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