CHAPITRE TREIZIÈME
La dernière visite pastorale sous le règne de M. Fortin
eut lieu le 10 juillet, 1886. Le Cardinal Faschereau donna
la confirmation à 111 personnes, alloua les comptes pour 1882-83-84-85, et, recommanda de peindre l'intérieur de l'église et de faire à l'extérieur les réparations nécessaires.
A raison de la modicité des revenus de la. fabrique, M Fortin aurait. voulu faire ces réparations par voie de répartition, mais la majorité des marguilliers n’y consentit que pour les travaux de l'extérieur, laissant à la fabrique les travaux de l'intérieur. Les réparations furent exécutées dans l'été de 1887, par des syndics nommés ad hoc, et coùtèrent environ $ 1,200.
Presseutant probablement sa fin prochaine, M. Fortin avait pris la résolution de rester étranger à la direction de ces derniers travaux. Ses prévisions ne le trompèrent pas, car la mort vint le ravir à l'estime de ses paroissiens le 22 février 1887. On pent dire que M. Fortin mourut sur la brèche, puisque le 1* février il célébrait encore le mariage de Isaie Picher et de Exilda. Dérome. Ce fut son dernier acte curial. Sa mort fut édifiante comme : 1 carrière sacerdotale. Il la vit venir sans surprise et sanseffroi: sans surprise, car il se sentait mourir depuis longtemps; sans effroi, car il avait contracté avec la pensée de la mort une familiarité qui la lui faisait plutôt regarder coume une amie. “Si je vais au ciel, comme je l'espère, disait-il à ses confrères, dans son laugige ingénu, je rirai bien de vous autres. ”
11 à laissé une réputation de sainteté incontestable. Nul ne le sait mieux que nous qui avons été appelé à recueillir sa succession et à faire connaissance avec les âmes qui ont bénéficié de sa direction pendant quatorze ans. Si ses anciens paroissiens disent quelquefois qu'il n'avait pas le don de l’éloquence — ce qui n'empèchait pas ses instructions d'être solides— ou qu'il manquait un peu de souplesse, ils ne manquent jamais d'ajouter : mais c'était un excellent prètre, Qu'importe tout le reste, quand une population entière rend un témoiguage aussi flatteur ! Il n’y à plus rien à ajouter à l'éloge d’un prètre auquel le peuple, qui s’y méprend rarement, s'accorde à décerner l'auréole de la sainteté.
Après un sérvice solennel chanté le 25 février, par M. l'abbé N. Bélénger, curé de Deschambault, en présence de MM. les abbé E. Fafard, O. Godin, F. Dumontier, E. FE. Hudon, U. Rousseau, B. Chabot, O. Soucy, J. B. Soulard, C. Gagné, F. Allard, L. A. Lévesque, ses restes mortels furent déposés sous le coin nord de l'autel de la Sainte Vierge, au pied duquel on le voyait si souvent agenouillé. C'est IA qu'il repose en attendant l'heure glorieuse de la résarrection. M. Fortin est le quatrième curé du Cap-Sauté inhumé dans l'église de cette paroisse. M. l'abbé Lévesque, vicaire de M. Fortin, fut desservant du Cap-Santé jusqu'au 1 octobre 1887. [l ne se passa rien de remarquable pendant ces quelques mois, à l'exception de la bénédiction d’un calvaire qui eut lieu en septembre. Voici la relation de cette cérémonie, à peu pres telle que rapportée par les journaux. ‘Hier après-midi, a eu lieu au Cap-Santé l’imposante cérémonie de l'érection d'un calvaire sur la propriété de M. C. Delisle,
Plusieurs membres du clérgé et des centaines de | citoyens étaient venus des paroisses environnantes pour | assister à cette fète.
| ‘La bénédiction du calvaire fut faite par M. l'abbé N. Bélenger, et le sermon de circonstance fut prononcé par M. l'abbé O. Godin. Eu terminant, le prédicateur rappela la générosité de M. Ferdinand Dalisle, de Québec, enfant de la paroisse et donateur de ce magnifique calvaire.
“Les autres prètres présents était: MM. A. A. Blais, FX. Bélanger, K, Faguy, B. Chabot, E. Hudou, J. B. Soulard, N- Cinq-Mars, J. Turcotte et L. A. Lévesque. Ou remarquait aussi les ‘eux députés du comté : MM. de Saint-Georges et Tessier. ”
Quelques jours après, le desservant quittait la paroisse, et le 29 septembre, le treizième curé du Cap-Santé, l'abbé D. Gosselin,-eommerñçait son règne.