LA POLITIQUE EXTÉRIEURE
pouvaient devenir les premières étincelles d'un grand incendie. Les ambassadeurs de Venise et du duc de Savoie assiégaient, à leur tour, les ministres du roi et imploraient leur intervention.
C'est dans ces circonstances que l'évêque de Luçon prenait la place de 3Iangot, dont l'insuffisance notoire avait encore embrouillé une situation très compromise, tandis que Villeroy boudait dans son coin, après avoir emporté tout ce qui pouvait éclairer ses successeurs sur les origines et sur les relations si complexes des affaires qu'ils avaient à traiter.
II. — La politique extérieure. — La mission de Schomberg. Les affaires d^Italie.
A peine ministre, le premier soin de Luçon fut d'entrer en contact avec les représentants du roi au dehors par une véritaljle <( circulaire » dont il traça lui-même les grandes lignes dans les termes suivants : « Faut faire une dépèche à tous les ambassadeurs qui portera, qu'ayant plu au roi me mettre en la charge de secrétaire d'État, j'ai été extrêmement aise d'avoir les affaires étrangères pour avoir l'occasion de l'y servir; qu'ils peuvent croire que j'embrasserai toutes les occurrences qui s'y présenteront; que, de leur part, ils me feront plaisir de me les donner. Mais qu'ils se peuvent assurer que je n'aurai point besoin d'avis en celles que je verrai moimême... » Après cette entrée en matière quelque peu assurée, il songe que les renseignements lui manquent ; il demande aux agents du roi de lui adresser non seulement une relation complète de ce qui se passe dans le pays où ils résident, mais aussi de lui transmettre une « copie de l'instruction qui leur fut donnée lorsqu'ils partirent en ambassade... ». S'il attend ce secours de leur obligeance, il leur promet en échange tout son appui auprès du roi (1).
Le ton un peu hautain de cette première communication parait avoir déplu aux ambassadeurs qui, pour la plupart, étaient des
(1) Minute inédite de la main de Richelieu. — Fait partie de la collection des documents précieux, venant de Lord Asburnham, que la savante vigilance de M. Léopold Delisle a reconquis pour notre grand dépôt public.