‹ Histoire du Cardinal de Richelieu (volume 4)Chapitre 128 sur 157 · ORGANISATION DES ARMÉES · texte numérisé non relu

ORGANISATION DES ARMÉES

3.000 Liég-eois et 4.000 Hollandais, ceux-ci en échange des 4.. 000 hommes que le roi de France entretenait habituellement en Hollande; en outre, il y aura 1.200 cavaliers allemands et 500 du pays de Liège. Tout le reste est Français. Le duc dit qu'il dispose de 40 pièces d'artillerie avec tout le nécessaire pour le service de son armée (1),

Ces troupes, formant l'armée principale et opérant dans l'Ile-de-France et en Champagne, étaient sous le commandement du duc de Guise. Comme on n'avait aucune confiance dans ses capacités militaires, on lui avait adjoint un homme qui passait pour un brave soldat, Thémines. Une autre armée opérait dans le Maine et le Perche, sous les ordres du comte d'Auverg-ne. Elle reçut l'ordre de se rabattre au besoin sur l'Ile-de-France. Enfin, Montigny, à la tête d'un petit corps de troupes, devait s'emparer des places du Nivernais.

Il semble, qu'à ce moment, le duc de Nevers ait pris peur, et qu'il ait voulu s'accommoder; il fit faire des ouvertures à Paris, par l'intermédiaire de sa sœur, la duchesse de Longue ville, qui en parla au nonce; mais celui-ci se sentait sans influence. La duchesse s'adressa elle-même à Luçon. Elle le trouva très boutonné et dur. La reine, excitée par lui, ne décolérait pas contre Npvers. Richelieu écrivait lui-même : « Il y a apparence que ces remuemens ne se termineront pas par un traité, comme ont fait ceux du passé, le roi se mettant en état de ranger à la raison ceux qui s'en sont éloignés (2). »

Bentivoglio , de plus en plus pessimiste, dépeint l'état d'esprit des ministres, l'excitation réciproque, et indique les suites funestes qu'on peut déjà prévoir : « Les conseils violens l'emportent. On court précipitamment aux armes. La reine est pleine de rage du manifeste des princes où d'Ancre est déchiré si cruellement , et par conséquent elle-même ; elle n'a à qui se fier. Il n'y a près d'elle aucun homme de valeur, ni pour com-

(1) Corresp. de Bentivoglio (t. I, p. 97 et 101). — Cfr. Ambass. Vénit. (vol. 1770, fo 331).

(2) Corr. (t. I, p. 350). — Sur l'aclivilé et l'énergie déployée par l'évêque de Luçon dans toute cette période, voir la note de M. Avenel {ibid., p. 357).

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