RÉSULTATS DE LA POLITIQUE EXTÉRIEURE
qués et serrés de si près qu'ils étoient au désespoir et ne savoient où avoir recours (1). »
Luçon pouvait croire que l'on touchait au but.
Il était moins heureux au dehors. Dans la politique extérieure, les résultats sont toujours plus lents : les intérêts adverses , plus sûrs d'eux-mêmes, se défendent mieux. Les missions envoyées par Luçon en Europe avaient abouti à des résultats divers, mais, en somme, assez peu satisfaisants. C'est en Angleterre, peut-être, que l'accueil avait été le plus favorable. Le roi Jacques affectait, depuis la mort de Henri IV, une mauvaise humeur que son pédantisme rendait plus insupportable encore. Il grondait sans cesse contre les mariages espagnols (2), excitait sous main les protestants, se tenait en relations constantes avec leurs chefs et ne cessait de se dire leur protecteur (3). En agissant ainsi, le roi Jacques poursuivait un dessein arrêté. S'inspirant des traditions de la politique anglaise , il prétendait tenir la balance entre les deux partis qui divisaient l'Europe, et reprendre, grâce aux querelles intestines des puissances continentales , l'autorité internationale qu'Elisabeth avait exercée et que Henri IV lui avait ravie : « L'Angleterre, disait, dès le xvii" siècle, le comte de Salisbury, est comme une demoiselle à laquelle deux prétendans font la cour. Si elle cédait à l'un, elle encourrait la haine de l'autre (4), » Luçon avait sans peine découvert ces vues. Il avait déclaré nettement à l'am-